Burnley nomme Nicky Hayen pour relancer son équipe
Burnley a tranché. Après des semaines d’incertitude et plusieurs pistes avortées, le club relégué de Premier League a confié son banc à Nicky Hayen, 45 ans, en lui offrant un contrat de trois ans. L’entraîneur belge quitte Genk pour prendre les commandes d’un club qui ne sait plus très bien s’il monte ou s’il descend.
Hayen succède à Scott Parker, parti d’un commun accord fin avril après une saison conclue par une nouvelle chute en Championship. Le décor est planté : un club meurtri par la relégation, une direction qui parle de “modèle durable” et, au milieu, un technicien encore méconnu en Angleterre mais qui arrive avec une idée claire de ce qu’il veut imposer.
« Je suis heureux de rejoindre un club avec une vraie histoire et des supporters qui y tiennent profondément », a-t-il confié au site du club. « Je sais que la plupart ne me connaissent pas encore, c’est normal, et c’est à moi de changer ça. »
Le ton est donné : pas de promesses tapageuses, mais la conscience qu’il devra convaincre très vite.
Un choix après plusieurs refus
Avant d’arriver à Hayen, Burnley a longtemps regardé ailleurs. Le club s’est d’abord tourné vers la Fédération galloise pour tenter de déloger Craig Bellamy, actuel sélectionneur de l’équipe masculine du pays de Galles et ancien adjoint de Vincent Kompany à Turf Moor. Les discussions ont buté sur la composition du staff, et l’opération a capoté.
Rob Edwards, libre après son passage à Wolves, a lui aussi été approché. Il a décliné l’offre. Burnley s’est donc retrouvé à l’orée de la préparation estivale sans entraîneur, à quelques jours seulement du premier match amical.
C’est dans ce contexte que le profil de Nicky Hayen a pris de l’épaisseur. Un pari réfléchi, assure le président Alan Pace : « Avec Nicky, nous avons un coach qui construit des équipes avec une identité claire et qui fait progresser les joueurs autour de lui. C’est le football que nous voulons à Turf Moor. C’est une nomination mûrement réfléchie, en phase avec la manière dont nous voulons gérer le club. Nous avons soutenu un plan de jeu clair dans un modèle durable et Nicky a le soutien pour le mener à bien. Notre objectif maintenant est de réaliser une saison solide et de revenir en Premier League sur des bases stables. »
Un CV façonné en Belgique… et un détour par le pays de Galles
Hayen n’est pas une star du banc, mais il n’arrive pas sans références. Il a bâti sa réputation en Belgique, avec un passage remarqué à Club Brugge, qu’il a mené au titre en Jupiler League lors de la saison 2023-24. Il a ensuite guidé le club jusqu’aux huitièmes de finale de Champions League la saison suivante, avant de s’incliner face à Aston Villa.
Son histoire à Brugge s’est pourtant terminée brutalement : licencié en décembre après une défaite contre Sint Truiden. Deux semaines plus tard, il rebondissait déjà à Genk, qu’il a emmené à la septième place du championnat la saison passée. Une trajectoire rapide, parfois heurtée, mais toujours dans le haut niveau belge.
Son unique expérience hors de Belgique jusqu’ici? Un passage à Haverfordwest County, au pays de Galles, entre 2021 et 2022. Une étape singulière dans une carrière d’entraîneur : il fut le premier Belge à coacher dans le championnat gallois. Un détail qui compte à Burnley : il connaît déjà, au moins en partie, la culture britannique et la langue ne devrait pas être un obstacle dans le vestiaire.
Un club qui oscille, un entraîneur qui doit stabiliser
Burnley sort d’une décennie faite de contrastes. Six saisons consécutives en Premier League entre 2016 et 2022, principalement sous Sean Dyche, avaient donné une impression de solidité, presque de permanence. Puis tout s’est mis à tanguer.
Relégation en 2021-22, remontée immédiate sous Vincent Kompany, nouvelle relégation sous Scott Parker. Un vrai mouvement de yo-yo entre l’élite et le Championship. La mission de Hayen est limpide : casser ce cycle, reconstruire une base suffisamment solide pour remonter… et y rester.
Il arrive pourtant tard. Le nouveau coach rejoindra son groupe directement en tournée de pré-saison aux États-Unis. Peu de temps pour installer ses principes, encore moins pour ajuster l’effectif à son idée. Les premières réponses arriveront vite.
Un début de mandat sans filet
Le premier match officiel de Hayen sur le banc de Burnley est déjà inscrit au calendrier : un déplacement en Carabao Cup, au premier tour, sur la pelouse de Notts County, le samedi 8 août. Une entrée en matière piégeuse, typique de ces soirées de coupe où le moindre faux pas déclenche la tempête.
Une semaine plus tard, Turf Moor accueillera West Ham, autre relégué de Premier League, pour l’ouverture du Championship. Un choc d’emblée, face à un adversaire qui partage la même urgence de remonter.
À 45 ans, Hayen reste un jeune entraîneur, mais il arrive avec un bagage suffisant pour imposer une patte : des idées offensives travaillées en Belgique, une capacité à façonner une identité de jeu et un réseau européen qui pourrait peser sur le recrutement. Il sait aussi qu’il n’était pas le premier choix. Il sait que Burnley a attendu le dernier moment avant de lui confier les clés.
La question n’est plus là. La vraie, désormais, est simple : ce technicien belge parviendra-t-il à transformer un club balloté entre deux divisions en équipe de nouveau installée dans l’élite anglaise?




