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Brésil : 24 ans d'attente avant de rêver à une sixième étoile en Coupe du Monde

Après vingt-quatre ans sans remporter la Coupe du Monde, le Brésil repart à la conquête d’un nouveau titre cet été en Amérique du Nord. Ce pays passionné de football a déjà soulevé le trophée à cinq reprises, un record mondial, mais depuis 2002, l’attente s’allonge et la frustration grandit.

Les éliminations en quart de finale lors des éditions 2006, 2010, 2018 et 2022, ainsi que la défaite humiliante face à l’Allemagne en demi-finale en 2014 (7-1), restent douloureuses pour les supporters. Pour une génération entière, la victoire en Coupe du Monde reste un souvenir lointain, raconté comme une légende par les anciens qui évoquent Ronaldo en 2002 ou Romário en 1994.

Un climat de doute persistant

Un sondage réalisé en avril par Datafolha révèle qu’à peine 29 % des Brésiliens croient en une victoire de leur équipe, le plus bas taux depuis 1994. Près de la moitié des personnes interrogées ne s’attendent même pas à ce que la Seleção dépasse les quarts de finale, un niveau où elle bute régulièrement depuis plusieurs tournois.

Cette défiance s’explique en partie par les scandales et contre-performances récentes. En mai 2025, Ednaldo Rodrigues, ancien président de la Confédération brésilienne de football, a été suspendu pour falsification de documents, au moment où l’équipe traversait sa pire campagne de qualification mondiale.

Le Brésil a terminé cinquième dans les éliminatoires sud-américaines, loin derrière l’Argentine, victorieuse et leader incontesté. Cette dernière avait humilié le Brésil 4-1 à Buenos Aires, un revers qualifié « d’humiliant » par le capitaine Marquinhos, qui a présenté des excuses publiques aux supporters.

Le traumatisme du Mineiraço

Aucun épisode n’a marqué autant la mémoire collective que la défaite face à l’Allemagne en 2014 au stade Mineirão, à Belo Horizonte. Après trente minutes, la Seleção était menée 5-0, avant que l’écart atteigne 7-0 dix minutes avant la fin. Un but tardif d’Oscar fut le seul à sauver l’honneur.

« Le 7-1 est devenu une expression courante pour désigner toute humiliation majeure », confie Tim Vickery, expert du football sud-américain. « C’est une tache difficile à effacer, et la seule façon d’y parvenir est de gagner à nouveau la Coupe du Monde. »

Pour retrouver la gloire, le Brésil devra surmonter une autre difficulté : battre une équipe européenne lors des phases à élimination directe, ce qu’il n’a pas réussi depuis la finale victorieuse de 2002 contre l’Allemagne. Les adversaires européens comme la France, les Pays-Bas, l’Allemagne, la Belgique ou la Croatie ont souvent barré son chemin.

1970, un modèle historique

L’histoire du Brésil en Coupe du Monde est indissociable de l’épopée de 1970, lorsque Pelé et ses coéquipiers ont offert au monde une démonstration de football flamboyant. Cette équipe, surnommée « O Time Belo » (La Belle Équipe), a donné une dimension nouvelle au sport, mêlant performance et esthétique.

Le succès de 1970 a gravé la sélection brésilienne au sommet du football mondial, mais il a aussi instauré une pression : chaque génération est comparée à celle-là, non seulement sur le plan des résultats, mais aussi par la beauté du jeu.

C’est pourquoi cette longue période sans titre semble plus lourde à porter que la précédente. Le Brésil n’a pas seulement perdu, il a souvent manqué de style dans ses prestations récentes.

Vinícius Júnior, espoir et leader

Dans ce contexte, Vinícius Júnior apparaît comme la nouvelle figure phare capable de ramener la Seleção au sommet. Comme l’ont été Pelé, Garrincha, Romário ou Ronaldo lors des précédentes victoires, le jeune attaquant du Real Madrid doit incarner le renouveau.

À 25 ans, Vinícius a déjà montré son talent lors de la dernière Coupe du Monde en 2022, où il s’était imposé comme un joueur clé. Aujourd’hui, la responsabilité est immense, mais il semble prêt à la relever. Il a marqué lors des trois matchs de groupe en cours, un exploit rare depuis 2002.

Il a remporté deux fois la Ligue des Champions, a été finaliste du Ballon d’Or et élu meilleur joueur FIFA en 2024. Pourtant, tout cela pâlit face à l’objectif ultime : offrir au Brésil sa sixième étoile.

Neymar, dernier chapitre d’une légende

Un autre nom suscite l’attention : Neymar. À 34 ans, blessé depuis octobre 2023, il fait son retour en sélection, offrant aux fans une dernière chance de voir l’idole marquer sa Coupe du Monde. Sa présence rappelle le style et la créativité que le Brésil a toujours voulu afficher.

Ronaldo, double vainqueur avec le Brésil, souligne l’importance de Neymar, même s’il ne jouera pas tous les matchs. Le message est clair : croire encore et toujours, retrouver la ferveur dans les rues, espérer ramener enfin ce fameux sixième titre.

Après un match nul 1-1 contre le Maroc, le Brésil se prépare à affronter la Norvège d’Erling Haaland dans un duel crucial pour la qualification en quart de finale. La route vers le dernier carré commence, et peut-être, la fin d’une longue attente.