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Brentford inflige un 3-0 à Chelsea : les failles d’Alonso exposées

Chelsea a pris une claque. Un 3-0 sec sur la pelouse de Brentford, et surtout une impression nette : l’équipe de Xabi Alonso s’est fait bousculer, au sens propre comme au figuré. Levi Colwill n’a pas cherché à maquiller la réalité. Selon lui, Chelsea a été « bully » sur les coups de pied arrêtés. Et le match raconte exactement la même histoire.

Une première période rassurante… en trompe-l’œil

Pendant 45 minutes, Chelsea a semblé tenir le choc. Solide, appliquée, l’équipe a livré un premier acte sérieux, sans génie mais sans panique. Les débuts en Premier League cette saison de Jordan Henderson, pour sa première sous le maillot des Blues face à son ancien club, et de Danny Welbeck, ont donné un certain équilibre au onze d’Alonso.

Derrière, la ligne défensive paraissait moins chaotique que lors de certaines sorties précédentes. Pedro Neto s’est offert la première vraie occasion du match, mais Caoimhín Kelleher a sorti une parade autoritaire. Chelsea tenait, Brentford observait. Rien ne laissait encore présager l’effondrement à venir.

L’absence de João Pedro, blessé, pesait pourtant déjà sur le plan offensif. Welbeck, volontaire mais moins fluide, n’a pas réussi à assurer le même lien naturel entre Cole Palmer et Morgan Rogers. Chelsea a eu le ballon par séquences, sans vraiment savoir quoi en faire. Beaucoup de possession, peu de situations franches. Un match fermé, presque neutre. À la pause, 0-0, et l’illusion d’un contrôle.

Le corner qui fait tout basculer

La rupture arrive sur ce que Colwill a lui-même pointé du doigt : un coup de pied arrêté mal défendu. À la 61e minute, Mikkel Damsgaard dépose un corner dans la surface. Le plus inquiétant ? Deux joueurs de Brentford se retrouvent seuls. Jannik Schuster s’élève, remet de la tête à travers le but, et Jaidon Anthony n’a plus qu’à pousser de la tête sur la ligne. Simple. Trop simple.

Ce but résume la fragilité actuelle de Chelsea sur ces phases-là. Marquage laxiste, absence d’agressivité, concentration qui s’évapore. Colwill ne s’est pas défilé au micro de Sky Sports : « Sur le set piece, on n’a clairement pas été bons. On a essayé de pousser, on s’est peut-être trop exposés, on a joué des passes qu’on n’aurait pas dû, on a forcé. »

À partir de là, le match change de visage. Brentford sent le doute, Chelsea se découvre, tente de revenir, et ouvre des boulevards.

Le contre qui punit, puis la sanction finale

La pression finit par coûter très cher. À la 83e minute, Chelsea perd le ballon, Brentford explose en transition. Kevin Schade mène la charge, la défense bleue recule, subit. L’attaque est conclue par une première tentative repoussée par Emiliano Martínez, mais Igor Thiago suit et transforme le rebond. Son premier but en championnat cette saison. Un but qui ressemble à un symbole : Brentford plus tranchant, plus lucide, plus prêt à faire mal.

Colwill l’a reconnu : « Ils nous ont frappés en contre, ce qu’ils font très bien, et ils ont mis le deuxième. Le troisième a vraiment fait mal. » Ce troisième arrive dans le temps additionnel. Encore une action limpide côté Brentford : Schade déborde, centre fort et à ras de terre, Fabio Carvalho surgit et frappe sèchement. 3-0. La gifle est totale.

Chelsea, qui n’avait déjà plus gagné depuis deux matchs en Premier League, voit sa série sans succès s’étirer à trois rencontres sous Xabi Alonso. Et cette fois, le score colle à la sensation d’impuissance de la seconde période.

Un problème clair, mais pas encore résolu

Le plus frappant dans ce naufrage, c’est sa précision. Chelsea ne sombre pas partout. L’équipe montre par séquences un visage cohérent, comme en première période. Mais elle se délite sur des points très identifiés : les coups de pied arrêtés défensifs et la gestion des transitions adverses.

Colwill ne s’est pas contenté de parler du match, il a parlé d’un schéma : « En deuxième mi-temps, on n’a pas été assez bons, clairement. On a beaucoup à travailler pendant la trêve internationale. On n’a pas été assez bons, parfois on s’est fait bully et il faut qu’on s’améliore là-dessus. On fait confiance à notre coach sur les set pieces, on s’ajuste encore à de nouvelles choses, mais on doit progresser en tant qu’équipe. »

Le diagnostic est posé. Chelsea a un problème spécifique, théoriquement corrigeable. Mais tant que l’équipe ne parvient pas à se créer régulièrement des occasions nettes, ce genre de faille devient rédhibitoire : la marge d’erreur se réduit à néant. Un corner mal défendu, une possession perdue au mauvais endroit, et tout s’écroule.

Alonso face au temps… et à l’urgence

La trêve internationale arrive au pire et au meilleur moment. Au pire, parce qu’Alonso n’aura aucun match immédiat pour effacer cette impression de chute brutale après un premier acte prometteur. Au meilleur, parce qu’il dispose de quelques jours pour plonger au cœur de ce qui cloche sur les phases arrêtées, pour retoucher les repères défensifs, pour travailler ce manque de solidité mentale dès que le scénario tourne mal.

Les mots de Colwill font écho à ceux d’Alonso après le nul face à Hull une semaine plus tôt : pointer un problème récurrent, ce n’est pas le résoudre. Les Blues savent désormais exactement où ça casse. Reste à savoir s’ils seront capables de recoller les morceaux.

La prochaine rencontre de Premier League donnera la première réponse. Pas dans les discours, pas dans les promesses. Dans la façon dont Chelsea défendra le prochain corner, le prochain contre, la prochaine tempête.