Le Signal Iduna Park rallumera ses projecteurs européens pour une soirée qui sent la poudre : Borussia Dortmund accueille Atalanta en 1/16e de finale de l’UEFA Champions League. Ce n’est pas un choc de prétendants au titre, mais bien un duel de prétendants au printemps européen, entre deux équipes séparées par seulement deux points au classement général de la compétition (Atalanta 15e avec 13 points, Dortmund 17e avec 11). Les Allemands restent sur une période compliquée en C1 (forme « LLDWL » en phase de groupes), tandis qu’Atalanta arrive lancée par une dynamique bien plus positive (« LLWWW » sur ses derniers matches européens). Dans une double confrontation où chaque but comptera, ce premier acte en Allemagne pourrait déjà peser lourd dans l’issue de la qualification.
Forme récente et tendances de la saison
À domicile, Borussia Dortmund n’est pas irrésistible, mais le Signal Iduna Park reste globalement un atout. En quatre matches de Champions League cette saison, les Jaune et Noir ont remporté deux rencontres, concédé un nul et subi une défaite, avec 10 buts marqués pour seulement 5 encaissés. Une moyenne de 2,5 buts inscrits par match à la maison, preuve d’un potentiel offensif important, surtout après la pause : 25 % de leurs buts arrivent entre la 46e et la 60e minute, et 30 % dans le dernier quart d’heure. En revanche, leur fragilité défensive en général (17 buts encaissés en 8 matches, soit 2,1 par rencontre) rappelle qu’ils laissent des espaces, particulièrement en fin de match, où ils concèdent 37,5 % de leurs buts entre la 76e et la 90e minute.
Atalanta, de son côté, affiche un visage plus pragmatique. Les Italiens ont pris 13 points en 8 matches, avec un bilan global de 4 victoires, 1 nul et 3 défaites. Leur attaque est moins prolifique que celle de Dortmund (10 buts marqués, soit 1,3 par match), mais leur défense est plus stable, avec seulement 10 buts encaissés (1,3 par rencontre). Loin de Bergame, Atalanta a remporté deux de ses quatre déplacements, pour deux défaites, en marquant 4 buts et en en concédant 5. Leur force réside dans leur capacité à rester dans le match jusqu’au bout : 40 % de leurs buts sont inscrits dans le dernier quart d’heure, une période où Dortmund est justement le plus vulnérable. Cette opposition de styles – attaque flamboyante mais friable pour Dortmund, bloc plus compact et patient pour Atalanta – donne le ton d’un duel tactique passionnant.
Historique des confrontations
Les deux clubs se connaissent déjà sur la scène européenne, et le précédent a laissé des traces. En 2017-2018, en 16e de finale de l’UEFA Europa League, Borussia Dortmund avait éliminé Atalanta au terme d’une double confrontation spectaculaire. À l’aller, au Signal Iduna Park, les Allemands s’étaient imposés 3-2 dans un match renversant, déjà riche en rebondissements offensifs. Au retour, en Italie, Atalanta avait longtemps cru à l’exploit en menant 1-0 à la pause, avant de concéder l’égalisation en seconde période (1-1), synonyme de qualification pour Dortmund.
Sur ces deux rencontres, le bilan brut est favorable aux Allemands : une victoire et un nul, aucun revers face aux Bergamasques, et surtout 4 buts marqués en deux matches. Mais Atalanta a montré qu’elle savait faire douter le BVB, en marquant à chaque fois et en poussant Dortmund dans ses retranchements. Cet historique récent suggère un scénario à nouveau ouvert et potentiellement riche en buts : les confrontations entre ces deux équipes ont, jusqu’ici, toujours offert des filets qui tremblent des deux côtés.
Nouvelles des équipes et hommes clés
Côté Borussia Dortmund, Edin Terzić devra composer avec quelques absences notables. Le gardien P. Drewes est annoncé forfait, ce qui réduit la profondeur à ce poste même si ce n’est pas le titulaire habituel. Plus embêtant, l’absence de F. Mane, victime d’une blessure à la cuisse, prive le BVB d’une option offensive supplémentaire dans la rotation, dans une équipe qui mise beaucoup sur l’intensité et les courses dans les espaces. Dortmund s’appuie cette saison sur un système bien identifié en C1, le 3-4-2-1, utilisé lors de ses huit rencontres européennes, avec des pistons très offensifs et une ligne de trois centraux parfois exposée.
En face, Atalanta devra faire sans C. De Ketelaere, touché au genou. Le Belge, souvent utilisé comme créateur ou second attaquant, est un élément important dans le liant offensif bergamasque. Son absence obligera Gian Piero Gasperini à redistribuer les rôles entre ses nombreux profils offensifs. L’avantage pour Atalanta, c’est sa flexibilité tactique : l’équipe a déjà alterné entre 3-4-2-1, 3-4-1-2 et 3-4-3 en Champions League, preuve d’une capacité à s’adapter à l’adversaire et au contexte du match. Avec trois clean sheets en huit rencontres européennes, les Italiens ont montré qu’ils pouvaient fermer le jeu quand il le faut, tout en restant dangereux sur les transitions et en fin de match.
Le verdict
Tout indique un duel serré, où les styles pourraient se neutraliser par séquences, avant de s’embraser dans les dernières minutes. Borussia Dortmund, poussé par le Signal Iduna Park et porté par une attaque productive à domicile, devrait chercher à prendre un avantage dès ce premier round. Atalanta, plus solide défensivement et redoutable en fin de rencontre, aura les armes pour frapper en contre et profiter des largesses du BVB dans le dernier quart d’heure. Dans ce contexte, un léger avantage peut être accordé à Dortmund pour ce match aller, mais la qualification, elle, semble promise à rester ouverte jusqu’au bout de la double confrontation.





