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Bologna vs AS Roma : Analyse du match au Stadio Renato Dall’Ara

Au Stadio Renato Dall’Ara, Bologna et AS Roma se sont retrouvés pour un duel de haut de tableau de Serie A, dans le cadre de la 34e journée de la saison 2025. Le décor était clair avant le coup d’envoi à 16h00 (UTC) : les locaux arrivaient en 8e position avec 48 points et une différence de buts totale de +1 (42 buts marqués, 41 encaissés), les Giallorossi en 6e place avec 61 points et un impressionnant +19 (48 pour, 29 contre).

Les deux entraîneurs, Vincenzo Italiano et Piero Gasperini Gian, ont choisi le miroir tactique : un 3-4-2-1 de part et d’autre. Mais derrière cette symétrie sur la feuille de match, deux identités de saison bien différentes.

Bologna, globalement à 1.2 buts marqués par match en total et 1.2 encaissés, vit une campagne en montagnes russes. À domicile, l’équipe n’affiche que 0.9 but marqué en moyenne, contre 1.2 concédé : un déficit structurel au Renato Dall’Ara, où le bilan est de 6 victoires, 2 nuls et 9 défaites en 17 rencontres. À l’inverse, AS Roma voyage avec plus de solidité : sur leurs 17 déplacements, les Romains ont remporté 8 matches pour seulement 1 nul et 8 défaites, marquant 21 fois (soit 1.2 but en moyenne à l’extérieur) pour 19 buts concédés (1.1 en moyenne).

Le scénario du match a confirmé ces tendances : AS Roma s’est imposée 2-0, après avoir déjà mené 2-0 à la pause, illustrant la différence de maturité entre une équipe en construction et un collectif déjà rodé dans ce système à trois défenseurs.

Les vides tactiques : absences et discipline

Les absences ont pesé sur la profondeur des deux bancs. Côté Bologna, les forfaits de F. Bernardeschi (blessure à la hanche), K. Bonifazi (inactif), N. Casale et T. Dallinga (blessures), ainsi que L. Skorupski (blessure musculaire) ont contraint Italiano à reconduire F. Ravaglia dans le but et à s’appuyer sur une défense à trois composée de E. Fauske Helland, J. Lucumi et T. Heggem. L’absence de Skorupski, gardien d’expérience, a renforcé la fragilité d’un bloc déjà en difficulté à domicile.

Pour AS Roma, l’infirmerie était tout aussi peuplée : A. Dovbyk (aine), E. Ferguson (cheville), M. Kone (muscle) et surtout L. Pellegrini (cuisse) manquaient à l’appel. Privé de son meneur naturel, Gasperini Gian a recentré la créativité sur M. Soulé et N. Pisilli derrière D. Malen, avec un milieu très travailleur composé de B. Cristante et N. El Aynaoui.

Sur le plan disciplinaire, les deux équipes arrivaient avec des profils contrastés. Bologna affiche une concentration de cartons jaunes en fin de match : 28.33 % de ses avertissements tombent entre la 76e et la 90e minute, et 26.67 % entre la 61e et la 75e. C’est le signe d’une équipe qui finit souvent sous pression, parfois à la limite. Les rouges suivent la même tendance, avec un pic à 33.33 % entre 61e et 75e.

AS Roma, elle, distribue ses jaunes de manière plus équilibrée, mais reste très exposée dans le cœur de la seconde période : 22.22 % de ses cartons jaunes entre 46e et 60e, puis 23.81 % entre 61e et 75e et encore 23.81 % entre 76e et 90e. Deux de ses exclusions ont d’ailleurs été concédées après la pause (50.00 % des rouges entre 46e et 60e, 50.00 % entre 61e et 75e).

Dans ce match précis, la maîtrise romaine au tableau d’affichage a permis de contenir la nervosité, tandis que Bologna, menée 2-0 à la mi-temps, s’est retrouvée à courir après le score, exposant encore davantage cette tendance à la faute tardive.

Les duels clés : chasseur contre bouclier, moteur contre briseur

Le premier grand affrontement se situait en pointe : D. Malen, l’un des buteurs les plus efficaces de Serie A, face à la défense de Bologna. Avec 11 buts en 14 apparitions (toutes comme titulaire) et 2 penalties transformés sur 2, Malen incarne le « chasseur » idéal dans le 3-4-2-1 de Roma. Son volume de tirs (38 au total, 22 cadrés) et sa note moyenne de 7.28 en disent long sur son influence. Face à lui, un Bologna qui, en total, encaisse 1.2 but par match et a déjà subi des défaites lourdes à domicile (0-3 comme pire revers).

La structure défensive de Bologna reposait sur le trio Fauske Helland – Lucumi – Heggem, mais c’est surtout l’organisation collective qui devait répondre : les pistons Joao Mario et J. Miranda devaient fermer les couloirs pour limiter les courses de Malen et les renversements de M. Soulé. Or, Roma est une équipe qui aime étirer le terrain : Soulé, auteur de 6 buts et 5 passes décisives, est un créateur complet (876 passes, 40 passes clés, 87 dribbles tentés) capable de fixer et décaler.

En face, Bologna s’appuyait sur son propre duo offensif : R. Orsolini et S. Castro derrière l’attaquant de pointe. Orsolini, 8 buts et 1 passe décisive, reste la principale arme de percussion des Rossoblù, avec 63 tirs (29 cadrés) et 24 passes clés. Castro, lui, complète par ses 7 buts, 2 passes décisives et une capacité à obtenir des fautes (47 subies) qui peuvent faire monter le bloc.

Le « bouclier » romain, lui, avait un visage bien défini : G. Mancini au cœur de la défense à trois, soutenu par E. Ndicka et M. Hermoso. Mancini, c’est 50 tacles, 13 tirs bloqués et 44 interceptions, mais aussi 9 cartons jaunes : un défenseur de duel, prêt à aller au contact. Z. Celik, piston droit, est lui aussi un point de friction : 52 tacles, 6 tirs bloqués, 17 interceptions, mais également un carton rouge cette saison.

Dans ce match, Roma a gagné la bataille des zones clés : Soulé et Pisilli ont trouvé les espaces entre les lignes, tandis que Cristante et El Aynaoui ont verrouillé l’axe, empêchant Orsolini et Castro de recevoir dans de bonnes conditions.

Verdict statistique : l’équilibre penche vers Roma

En total cette saison, AS Roma marque 1.4 but par match pour seulement 0.9 encaissé. Bologna, de son côté, est à 1.2 marqué pour 1.2 concédé, avec une fragilité marquée à domicile (16 buts marqués seulement en 17 matches, contre 20 encaissés). Les deux équipes affichent une rigueur sur penalty : chacune a obtenu 4 penalties, tous transformés, sans aucun manqué.

Si l’on transpose ces chiffres en lecture d’Expected Goals, la projection penche clairement vers une Roma plus clinique et mieux armée pour contrôler les moments clés. Le fait que les Giallorossi aient déjà enregistré 15 clean sheets en total (dont 6 à l’extérieur) renforce cette impression de solidité, là où Bologna n’en compte que 10, avec une répartition équilibrée entre domicile et extérieur mais sans effet protecteur particulier au Renato Dall’Ara.

Suivant cette logique, le 2-0 en faveur d’AS Roma s’inscrit dans la continuité des dynamiques de la saison : une équipe romaine capable de frapper tôt, puis de gérer, et un Bologna courageux mais trop souvent puni dans ses temps faibles, notamment à domicile. Dans un duel de 3-4-2-1, c’est la version la plus mûre, la plus disciplinée et la plus létale dans les trente derniers mètres qui a imposé sa loi.