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Barcelone : Deco annonce le début d'une nouvelle ère

Barcelone vient de remporter deux Liga de suite. Pour beaucoup de clubs, ce serait l’apogée. Pour Deco, ce n’est que le prologue.

Le directeur sportif du Barça parle d’« un début d’histoire » pour cette équipe remodelée, façonnée autour d’une génération sortie tout droit de La Masia. Lamine Yamal, Pau Cubarsí, Fermín López : des noms qui, il y a encore peu, n’appartenaient qu’aux terrains d’entraînement de la cantera. Ils sont désormais au cœur d’un champion d’Espagne qui a fait plier le Real Madrid avec trois journées d’avance.

« Nous avons gagné deux Liga, mais ces joueurs veulent en gagner plus, ils croient qu’ils peuvent en gagner plus », insiste Deco.

Le message est clair : ce groupe ne se contente pas d’un cycle court. Il veut marquer une époque.

La jeunesse comme colonne vertébrale

Sous la main ferme de Hansi Flick, Barcelone a aligné une série de 11 victoires consécutives pour filer vers le titre. Une accélération qui a étouffé la concurrence sur la scène nationale, même si la campagne européenne s’est arrêtée en quart de finale de Ligue des champions.

Pour Deco, le travail de l’entraîneur allemand dépasse le simple résultat comptable. Il parle d’une équipe structurée, cohérente, suffisamment solide pour ne pas avoir à chambouler l’effectif à chaque mercato.

Le Barça, dit-il, n’a plus besoin « d’aller sur le marché pour quatre ou cinq joueurs ». Une phrase lourde de sens dans un club longtemps accro à la dépense, aujourd’hui recentré sur ses talents maison, avec quelques retouches ciblées.

« Je crois que cette équipe est le début d’une ère, le début de l’histoire de ce groupe, parce qu’ils sont très jeunes et veulent encore gagner quelque chose d’important », pose Deco, comme un acte de foi dans ce noyau générationnel.

Marcus Rashford, prêté… et adopté

Au milieu de cette révolution douce, un visage venu d’ailleurs s’est fondu dans le décor : Marcus Rashford. Prêté par Manchester United, l’attaquant anglais de 28 ans n’avait aucune garantie, ni de temps de jeu, ni d’avenir en Catalogne. Il repart avec un titre de champion et une empreinte nette sur la saison.

Son futur reste officiellement flou. Rashford a laissé entendre qu’il aimerait rester en Espagne, et le Barça dispose d’une option d’achat à 35 millions d’euros. Deco, lui, refuse de s’avancer sur ce dossier. Pas de promesse, pas de déclaration définitive. Mais un constat : « Il mérite la Liga. »

Les chiffres parlent pour lui. En championnat, Rashford a disputé 32 matches, inscrit huit buts et délivré sept passes décisives. En Ligue des champions, il a ajouté six réalisations et trois passes en 11 rencontres. Des statistiques solides, mais c’est surtout un moment qui restera comme son sceau barcelonais.

Le coup franc d’El Clásico.

Un ballon posé, une trajectoire parfaite, un silence suspendu avant l’explosion. Rashford débloque le match face au Real Madrid sur une frappe que même Deco, pourtant habitué aux fulgurances des grands joueurs, décrit comme « incroyable ». « Nous savions qu’il avait ce genre de qualités, je l’ai vu marquer souvent à United, mais ce but était incroyable. C’était un but fantastique », raconte le directeur sportif.

Un rôle ingrat, une réponse exemplaire

Rashford n’a pourtant pas été intouchable. Souvent en concurrence, parfois sur le banc, il a dû composer avec un rôle loin du statut de star absolue qu’il connaît en Angleterre. Il est arrivé pour remplacer Raphinha, une responsabilité lourde, dans un système déjà en place, avec des automatismes à apprivoiser.

« Marcus nous a beaucoup aidés parce qu’il est venu en prêt, et ce n’est pas facile pour un joueur comme lui, un top player », souligne Deco. Il insiste sur la manière dont l’Anglais a accepté la rotation, sans éclat, sans état d’âme apparent. « Parfois, il est sur le banc et ce n’est pas facile, mais il a très bien réagi et il a tout donné. »

Le verdict interne est sans nuance : « Sa saison a été très bonne et nous sommes heureux qu’il ait gagné la Liga avec nous. Il le mérite, il travaille beaucoup et dur pour être ici. Nous sommes contents de lui. »

Un Barça qui ne veut plus attendre

Deux titres consécutifs, une base jeune, un effectif stabilisé, un prêt réussi qui pourrait se transformer en transfert définitif : tous les signaux pointent vers un Barça qui se reconstruit avec méthode, sans renoncer à l’ambition qui fait son identité.

La Liga est acquise, mais personne au club ne parle de cycle achevé. Deco le répète, presque comme un mantra : ce n’est que le début. La vraie question, désormais, n’est plus de savoir si ce Barcelone peut gagner. Elle est de savoir jusqu’où cette génération, encadrée par Flick et animée par des talents comme Lamine Yamal, Pau Cubarsí, Fermín López… et peut-être Marcus Rashford à long terme, peut repousser la frontière de ses propres limites.