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Ballon d'Or : Yamal ou Rodri, le choix de Tebas

À l’approche de la cérémonie, le débat autour du Ballon d’Or s’embrase. Les noms se multiplient, les arguments aussi, mais un duel prend peu à peu le dessus : Lamine Yamal contre Rodri.

À Barcelone, le scénario est clair. Le club s’est rangé derrière son prodige. Lamine Yamal est porté comme le grand favori, avec une campagne de communication assumée pour pousser la candidature du jeune attaquant, présenté comme le visage d’une nouvelle ère.

Le paradoxe, c’est que dans le même vestiaire se trouve un autre prétendant très sérieux au trophée : Rodri, héros du Mondial 2026 avec l’Espagne.

Tebas rompt les rangs et soutient Rodri

Alors que la majorité des voix médiatiques et politiques du football espagnol semblent glisser vers Yamal, Javier Tebas a choisi une autre voie. Le patron de LaLiga s’est publiquement positionné en faveur de Rodri.

Dans un échange récent, Tebas a insisté sur l’empreinte laissée par le milieu de terrain lors de la Coupe du monde 2026, disputée sous le maillot de la Roja.

« Avec ce que Rodri a fait en Coupe du monde, il le mérite encore », a lancé Tebas, cité par El Chiringuito.

Difficile de balayer l’argument. Au Qatar, Rodri a été le métronome absolu de l’Espagne. Leadership, calme sous pression, maîtrise totale de l’entrejeu : il a porté une sélection qui a fini par soulever le trophée mondial pour la première fois depuis 2010. Sur un mois, personne n’a semblé dominer sa zone comme lui.

Le poids d’une saison tronquée

Mais le dossier Rodri n’est pas sans ombres. Et elles sont lourdes.

Le milieu a manqué une grande partie de la saison dernière sur blessure. En championnat, il n’a disputé que 21 rencontres avec Manchester City. Son club, privé de son influence sur la durée, a en plus laissé filer le titre en Premier League.

Sur la table, pour les votants, le bilan est donc clair : Rodri arrive avec un argument majeur, la Coupe du monde, mais peu de relais sur la saison de club. Pas de titre national, peu de continuité, une impression forte… concentrée sur un tournoi.

En face, Lamine Yamal pose un dossier plus complet. La Liga remportée avec Barcelone. La Coupe du monde glanée lui aussi avec l’Espagne. Une saison pleine, une ascension fulgurante, un impact offensif constant. Ses prestations au Mondial n’ont pas atteint le niveau de Rodri, ni celui d’un Harry Kane ou d’un Kylian Mbappé, mais le jeune Barcelonais coche davantage de cases sur l’ensemble de l’année.

Un choix de philosophie

La question dépasse presque les deux joueurs. Que veut récompenser ce Ballon d’Or ?

Le joueur qui a dominé le plus grand tournoi de la planète, au cœur du jeu, mais qui a vécu une saison de club hachée ? Ou le visage d’une saison gagnante, champion national et champion du monde, même sans avoir été le meilleur homme du Mondial ?

Javier Tebas, lui, a tranché : pour lui, l’empreinte laissée par Rodri en Coupe du monde suffit à justifier un deuxième Ballon d’Or.

Reste à savoir si les votants auront la même lecture… ou s’ils décideront de faire du trophée la consécration de l’avènement de Lamine Yamal.