À Bergame, Atalanta et Udinese se sont quittés sur un 2-2 spectaculaire au New Balance Arena, lors de la 28e journée de Serie A. Menée 0-2 à l’heure de jeu malgré une domination territoriale écrasante, l’équipe actuellement classée 7e avec 46 points a arraché un nul au caractère face à une Udinese classée 10e avec 36 points, portée par un réalisme clinique. Avec 22 tirs à 8, 68 % de possession et 11 corners, les Bergamasques ont transformé un après-midi cauchemardesque en remontée rageuse, sans toutefois convertir leur siège final en victoire.
Première période : Udinese frappe au bon moment
Le début de rencontre reflète immédiatement le plan d’Atalanta : ligne défensive haute en 3-4-2-1, circulation rapide (601 passes à 290 sur le match), pistons très offensifs. Udinese, en 3-5-2 compact, concède la possession mais se concentre sur le contrôle structurel, avec un bloc médian discipliné.
Les premières situations sont pour les locaux, qui multiplient les tentatives lointaines et les centres, sans cadrer suffisamment. Udinese accepte cette pression et cherche à piquer en transition via Nicolò Zaniolo et Keinan Davis. À la 20e minute, Branimir Mlačić est averti pour une faute, symbole d’un travail défensif rugueux pour contenir les vagues bergamasques.
La différence se fait sur coup de pied arrêté et efficacité. À la 40e minute, sur une séquence bien travaillée, Thomas Kristensen surgit pour inscrire un but de la tête, un but de défenseur typique, servi par Zaniolo. Un but de Kristensen sur une rare incursion offensive, et Udinese mène 1-0 avec un réalisme glaçant, alors qu’Atalanta peine à transformer sa supériorité en occasions nettes (xG de 1,67 contre 0,68 au final). À la pause, le 0-1 reflète plus la froideur frioulane que le contenu du jeu.
Deuxième période : le choc, puis la révolte
Au retour des vestiaires, Gian Piero Gasperini (non mentionné mais dans la continuité du modèle de jeu) ajuste immédiatement son milieu : Marten de Roon remplace Yunus Musah à la 46e minute pour apporter plus d’agressivité à la récupération et de verticalité. En face, Udinese répond en sécurisant son couloir droit : Oier Zarraga remplace Mlačić, déjà averti.
Le scénario tourne au cauchemar pour les locaux à la 55e minute : Keinan Davis profite d’un espace dans la surface pour inscrire un but de pur avant-centre, un but d’open play qui donne un 0-2 presque contre le cours du jeu. Avec seulement 8 tirs dans tout le match, Udinese affiche une efficacité maximale.
La réaction d’Atalanta est immédiate et massive. À la 57e minute, triple changement offensif : Nicola Zalewski remplace Odilon Kossounou, Davide Zappacosta remplace Raoul Bellanova, et Nikola Krstović remplace Lazar Samardžić. Avec un défenseur en moins pour un attaquant supplémentaire, c’est un véritable pari offensif. La structure se déforme vers une défense à deux et des couloirs encore plus hauts, accentuant le siège.
Udinese tente de répondre par du sang frais au milieu : Arthur Atta remplace Zaniolo, Lennon Miller prend la place de Jakub Piotrowski à la 62e minute. Maduka Okoye écope d’un carton jaune pour gain de temps à la 66e, signe que les Frioulans se replient totalement pour défendre leur avantage.
Scamacca, homme de la remontée
La pression finit par payer. À la 75e minute, Gianluca Scamacca réduit l’écart d’une frappe dans la surface, servi par un centre de Zalewski. Le choix offensif du latéral se révèle payant : son apport dans le dernier tiers change le rythme des attaques. À 2-1, le New Balance Arena pousse, et Udinese tente de respirer en lançant Adam Buksa à la place de Davis à la 76e minute, pour garder un point de fixation.
Mais Atalanta est lancée : à la 79e minute, Scamacca signe un doublé, encore sur une action d’open play. Le but n’est pas assisté, preuve de sa capacité à se créer l’espace dans une surface densément occupée. Avec 14 tirs dans la surface sur 22, la pression intérieure finit par fissurer la défense frioulane, malgré le travail de bloc (les défenseurs d’Udinese ont contré 5 tentatives bergamasques).
La fin de match voit encore un ajustement défensif : Berat Djimsiti remplace Sead Kolašinac à la 88e minute pour stabiliser l’arrière-garde après la remontée. Udinese, de son côté, tente de garder de la fraîcheur sur les ailes avec l’entrée de Juan Arizala pour Hassane Kamara à la 80e minute.
Lecture tactique et portée du nul
Statistiquement, la rencontre raconte une domination claire d’Atalanta : 68 % de possession, 22 tirs à 8, 11 corners à 3, 84 % de passes réussies. Mais l’écart d’efficacité offensive est frappant : avec un xG de 1,67 pour les locaux contre 0,68 pour Udinese, les visiteurs ont maximisé leurs rares situations.
Udinese, actuellement 10e, peut s’appuyer sur la solidité de son plan de jeu à l’extérieur et un bloc défensif capable de bloquer plusieurs tentatives, même si la gestion du score à 0-2 laisse des regrets. Atalanta, 7e, montre du caractère et une profondeur de banc capable de renverser un match, mais ce 2-2 laisse le sentiment d’une occasion manquée au vu de la domination globale.





