Le 7 mars 2026 à 17h00 (heure programmée), le New Balance Arena de Bergame sera le théâtre d’un duel au parfum européen entre Atalanta et Udinese, dans le cadre de la 28e journée de Serie A. Ce n’est pas un choc pour le titre, mais bien une bataille cruciale pour l’Europe : Atalanta arrive à cette affiche à la 7e place avec 45 points, Udinese pointe au 10e rang avec 35 points. Dix points d’écart, mais aussi dix journées encore à disputer : l’écart est conséquent, pas rédhibitoire, et donne à cette rencontre des allures de test de crédibilité pour les ambitions des deux camps.
Pour Atalanta, il s’agit de consolider une position de chasseur des places européennes, en mettant la pression sur les équipes du top 6. Pour Udinese, la perspective est claire : une victoire en Lombardie relancerait pleinement la course à l’Europe et permettrait de se rapprocher à seulement sept points de son adversaire du jour. Dans une Serie A compacte, chaque point pèse lourd, et ce face-à-face peut redessiner la hiérarchie de la deuxième partie de tableau.
Forme récente et dynamique domicile/extérieur
Les chiffres de la saison dessinent un contraste net : Atalanta est solide, parfois brillante, surtout à domicile ; Udinese est plus imprévisible, capable de coups d’éclat, mais fragile défensivement, en particulier loin de ses bases.
Atalanta affiche un bilan global de 12 victoires, 9 nuls et 6 défaites en 27 matches, avec une différence de buts de +13 (37 marqués, 24 encaissés). À domicile, les Bergamasques ont disputé 14 rencontres pour 8 victoires, 4 nuls et seulement 2 défaites, avec 22 buts inscrits et 11 concédés. Cela représente en moyenne 1,6 but marqué et 0,8 encaissé par match au New Balance Arena : une vraie base de puissance, soutenue par une défense très difficile à faire céder.
En face, Udinese présente un bilan plus irrégulier : 10 victoires, 5 nuls et 12 défaites, 31 buts marqués pour 39 encaissés, soit une différence de -8. À l’extérieur, les Frioulans ont disputé 13 matches pour 5 victoires, 1 nul et 7 défaites. Offensivement, ils tournent à 1,2 but marqué par déplacement (15 buts), ce qui reste correct, mais ils encaissent en moyenne 1,6 but par match hors de leurs bases (21 buts concédés). Cette perméabilité défensive loin d’Udine contraste fortement avec la solidité d’Atalanta à Bergame.
La forme récente renforce cette impression de duel entre une équipe en progression et une autre en dents de scie. Atalanta arrive avec une série de « LWWWD » sur les cinq derniers matches de championnat : trois victoires, un nul, une défaite, un rythme qui correspond à celui d’un candidat sérieux aux places européennes. La longue séquence de résultats de la saison (form « DDWWDDDDDLLLWLWWLWWWDWDWWWL ») souligne une équipe souvent difficile à battre, avec de longues séries d’invincibilité ponctuées de rares trous d’air.
Udinese, au contraire, se présente avec une dynamique « WLLLW » sur les cinq dernières journées : trois défaites, deux victoires, signe d’une équipe capable de réaction mais encore trop instable. Sur la saison, la forme (« DWWLLDDWLWLLWLWLDLWDLWWLLLW ») illustre une alternance permanente entre bons coups et contre-performances, avec des séries de défaites qui freinent toute remontée durable au classement.
Sur le plan des buts, Atalanta se distingue par une répartition très intéressante dans les fins de match : 26,32 % de ses 37 buts sont marqués entre la 76e et la 90e minute (10 réalisations), ce qui en fait une équipe dangereuse jusqu’au bout. Udinese, elle, frappe fort au retour des vestiaires, avec 21,88 % de ses 31 buts entre la 46e et la 60e minute (7 buts), et reste menaçante sur toute la deuxième période. Défensivement, Udinese souffre particulièrement entre la 46e et la 60e minute (8 buts concédés, 21,05 %), une fenêtre que l’attaque bergamasque cherchera sans doute à exploiter.
Confrontations directes : un duel plus équilibré qu’il n’y paraît
Les cinq dernières confrontations entre Atalanta et Udinese racontent une histoire de léger avantage bergamasque, mais sans véritable domination écrasante.
Le dernier duel en date, le 1er novembre 2025 au Bluenergy Stadium - Stadio Friuli, a tourné en faveur d’Udinese : victoire 1-0 à domicile, après avoir mené 1-0 à la pause. Un succès important qui a rappelé que les Frioulans savent faire déjouer Atalanta quand le plan de match est bien exécuté.
Avant cela, la saison précédente (11 janvier 2025), les deux équipes s’étaient neutralisées 0-0 à Udine, au Bluenergy Stadium, dans un match fermé où les défenses avaient pris le pas sur les attaques. En novembre 2024, à Bergame, Atalanta s’était imposée 2-1 après avoir été menée 0-1 à la mi-temps au Gewiss Stadium, preuve de sa capacité à renverser les scénarios défavorables à domicile.
En janvier 2024, toujours à Bergame, Atalanta avait gagné 2-0, avec un avantage déjà net à la pause (2-0), confirmant son statut de bête noire d’Udinese en Lombardie. Enfin, en novembre 2023, à Udine, les deux équipes s’étaient quittées sur un nul 1-1, Udinese ayant mené 1-0 à la mi-temps avant de se faire rejoindre.
Bilan sur ces cinq matches : deux victoires pour Atalanta (toutes à domicile), une pour Udinese, deux nuls. Atalanta semble donc disposer d’un léger ascendant, surtout à la maison, mais Udinese a prouvé récemment, avec son succès 1-0 en 2025, qu’elle pouvait parfaitement faire tomber les Bergamasques. Psychologiquement, Atalanta aura à cœur de reprendre la main après cette dernière défaite en date, tandis qu’Udinese tentera de s’appuyer sur ce souvenir récent pour aborder le New Balance Arena sans complexe.
Effectifs, absences et hommes clés
Les nouvelles d’infirmerie pèsent surtout sur Atalanta. Le club de Bergame devra faire sans C. De Ketelaere, officiellement forfait en raison d’une blessure au genou. Son absence prive Atalanta d’un créateur et d’un joueur capable de faire la différence entre les lignes. Trois autres éléments sont incertains : Ederson (blessure musculaire), G. Raspadori (cuisse) et G. Scalvini (genou) sont annoncés comme « Questionable », donc très incertains. Si l’un ou plusieurs d’entre eux venaient à manquer, l’impact serait notable, tant dans l’équilibre du milieu que dans la profondeur offensive.
En face, Udinese devra composer sans N. Bertola (cheville), O. Solet (blessure musculaire) et A. Zanoli (genou), tous annoncés absents pour cette rencontre. A. Atta est, lui, incertain (blessure musculaire). Ces forfaits touchent principalement la ligne défensive et les couloirs, ce qui pourrait fragiliser un secteur déjà mis en difficulté à l’extérieur.
Dans ce contexte, les projecteurs seront braqués sur les hommes forts de la saison. Côté Udinese, K. Davis est la référence offensive : 8 buts et 3 passes décisives en 23 apparitions, avec 18 tirs cadrés sur 31 tentatives, 22 passes clés et 27 dribbles réussis sur 39. Il est la principale arme des Frioulans pour exploiter les rares espaces laissés par la défense bergamasque, et sa capacité à gagner les duels (122 remportés sur 249) en fait un point d’appui essentiel.
Côté Atalanta, N. Krstović est le meilleur buteur recensé en Serie A cette saison pour le club : 7 buts et 4 passes décisives en 23 matches, malgré seulement 11 titularisations. Avec 47 tirs tentés (21 cadrés) et 16 passes clés, il incarne un profil de finisseur efficace et de joker de luxe capable de faire basculer un match, que ce soit en tant que titulaire ou en sortie de banc. Sa présence dans la surface sera un défi majeur pour une défense d’Udinese qui concède en moyenne 1,6 but par match à l’extérieur.
Tactiquement, Atalanta s’appuie massivement sur le 3-4-2-1 (24 matches dans ce système), parfois décliné en 3-4-1-2. Udinese, elle, privilégie le 3-5-2 (17 matches), avec quelques variations en 3-4-2-1 ou 4-4-2. On peut donc s’attendre à un duel de blocs à trois défenseurs, où la bataille des couloirs et du milieu à cinq ou quatre joueurs sera déterminante.
Avantage au New Balance Arena, mais prudence
Au regard des chiffres, Atalanta part avec un avantage structurel : meilleure position au classement (7e contre 10e), meilleure différence de buts (+13 contre -8), solidité à domicile (8 victoires, 4 nuls, 2 défaites) face à une Udinese friable à l’extérieur (7 défaites en 13 matches). La capacité bergamasque à maintenir un rythme élevé jusqu’aux derniers instants, combinée à une défense qui encaisse moins d’un but par match en moyenne, plaide pour un succès local.
Cependant, la dernière confrontation directe, remportée 1-0 par Udinese, rappelle que le match ne sera pas une formalité. Les absences côté Atalanta, notamment celle de C. De Ketelaere et les doutes autour d’Ederson, G. Raspadori et G. Scalvini, peuvent aussi rééquilibrer les débats. Udinese possède en K. Davis un attaquant capable de punir la moindre erreur.
Tout laisse néanmoins penser à une rencontre où Atalanta, poussée par son public au New Balance Arena et forte de sa régularité, a les armes pour s’imposer d’une courte marge, dans un match potentiellement serré mais légèrement à l’avantage des hommes de Bergame. Une victoire leur permettrait de creuser encore l’écart avec Udinese et de rester pleinement dans la course à l’Europe.





