Arsenal s'impose dans le temps additionnel contre HB Koge
Arsenal a attendu la toute dernière seconde pour respirer. Un penalty transformé dans le temps additionnel a offert une victoire étriquée 1-0 face aux Danoises de HB Koge, au terme d’une soirée tendue qui en dit long sur le moment que traverse le club londonien en Champions League.
Pendant 90 minutes, Arsenal a buté. Une possession écrasante, des situations, des centres, des combinaisons… mais le tableau d’affichage est resté bloqué. En face, HB Koge, formation semi-professionnelle, a serré les lignes, défendu bas, accepté de souffrir. Et plus les minutes passaient, plus l’ombre d’un nul gênant s’étirait au-dessus de l’Emirates.
Le déclic est venu dans les arrêts de jeu. Une percussion de Selina Cerci dans la surface, un dribble qui fait basculer la défense danoise, et la faute qui offre à Arsenal une dernière chance. Mariona Caldentey s’avance. Steph Catley, en bord de pelouse, n’a jamais douté.
« Je ne doute jamais quand elle a le ballon, on sentait qu’elle allait marquer », a confié la défenseure d’Arsenal au micro de Disney+. Caldentey ne tremble pas. Arsenal est libéré, mais pas rassuré.
Un début de saison à la peine
Ce penalty ne masque pas tout. Catley ne l’a pas esquivé : les Gunners traversent une période offensive compliquée. « C’était cinq minutes complètement folles. On a laissé ça très tard », a-t-elle reconnu. « Les buts ne viennent pas aussi facilement que par le passé. Ce n’est pas un manque d’efforts, on fait tout pour mettre le ballon au fond. »
Le constat est clair : Arsenal domine, Arsenal se crée, mais Arsenal peine à tuer les matches. Et dans cette Champions League, chaque approximation se paie. « Dans cette compétition, il n’y a pas de match facile. Je m’attendais à un match difficile, il l’a été », a insisté Catley. HB Koge a parfaitement illustré ce piège-là : un bloc compact, une discipline sans faille, et la capacité à faire douter une équipe largement favorite.
Pour Arsenal, l’enjeu dépasse la simple soirée. « On a une grande histoire dans cette compétition, c’est important d’y être chaque année et de se battre pour la gagner. On croit vraiment qu’on peut aller au bout », a rappelé Catley. Le message est ambitieux, presque programmatique. Mais pour que cette ambition tienne, il faudra retrouver une efficacité plus tranchante.
HB Koge, la fierté malgré la cruauté
De l’autre côté, HB Koge quitte la pelouse la tête haute, même avec le cœur lourd. Longtemps, les Danoises ont tenu leur plan. Compactes, appliquées, courageuses. Nadia Nadim, attaquante et figure de ce jeune projet, l’a résumé sans détour au micro d’ESPN sur Disney+.
« On voulait être compactes et garder le ballon, on a des joueuses à l’aise techniquement », a expliqué Nadim. « On a changé dans les 30 dernières minutes et ça ne nous a pas aidées, on n’arrivait plus à sortir de la pression. »
Le tournant est là. Plus le bloc recule, plus Arsenal s’installe. L’effort devient physique, presque étouffant. « Physiquement, c’est dur parce que tu es tellement bas, c’est compliqué d’être dangereuse, ça use d’essayer d’aller dans la surface tout le temps », a détaillé Nadim. À force de subir, HB Koge a fini par céder.
Pour autant, aucun regret sur le fond. « Credit to Arsenal, c’est une grande équipe, elles se trouvent bien. C’est ok, je suis contente que les jeunes vivent ça », a-t-elle ajouté. Dans sa bouche, la défaite ressemble à une étape, pas à une fin. « J’adore le football, j’adore ce jeu. C’est bien d’être de retour ici, j’ai toujours aimé la Champions League. Maintenant on est une nouvelle équipe, on va voir où cette aventure va nous mener. »
Une victoire qui compte, mais qui interroge
Arsenal repart avec trois points essentiels et un soupir de soulagement. Le club londonien sait pourtant que ce type de scénario ne pourra pas se répéter indéfiniment au plus haut niveau européen. Les Gunners travaillent, se rassurent comme ils peuvent, mais les marges se resserrent.
Les joueuses le disent, le staff le sait : la saison sera longue, exigeante, sans répit. Les victoires « arrachées » comptent autant que les démonstrations, surtout en phase de groupes. Mais une question plane déjà : ce Arsenal-là, en quête de confiance offensive, trouvera-t-il le rythme d’un prétendant au titre avant que les tours à élimination directe ne commencent à tomber comme un couperet ?



