Arsenal débute sa défense de titre avec une victoire convaincante
Arsenal n’a pas tremblé. Pas une seconde. Pour ouvrir sa défense de titre en Premier League, le champion en titre a balayé Coventry City 3-0 à l’Emirates Stadium, comme on coche une case attendue sur un calendrier de marathon.
Kai Havertz a déclenché la soirée idéale au quart d’heure de jeu, Bukayo Saka a doublé la mise avant la pause, puis Martin Ødegaard a plié l’affaire dès la 49e minute. Match rangé, ambiance détendue, et un premier message envoyé au reste du pays : les Gunners n’ont pas l’intention de lâcher leur couronne.
Un Emirates libéré, un champion déjà installé
La saison dernière, la fin de parcours à l’Emirates avait souvent viré à la crispation, chaque rencontre ressemblant à un compte à rebours angoissé vers le titre. Cette fois, l’air a changé. Un titre attendu depuis 22 ans est passé par là.
Dès l’ouverture du score de Havertz, le suspense s’est évaporé. L’Emirates, souvent nerveux, a retrouvé des allures de stade de champion serein. Coventry, pourtant sacré en EFL Championship avec 11 points d’avance et renforcé à coups de dizaines de millions, a vite compris la différence de monde. Frank Lampard aussi. Le manager des Sky Blues a reçu un rappel brutal de ce qu’exige la Premier League : intensité, précision, et une concentration que son équipe n’a jamais vraiment trouvée.
Arsenal, lui, n’a presque jamais été mis en danger. Le score aurait pu être plus lourd, mais Mikel Arteta n’avait qu’une obsession : éviter le faux pas d’entrée. Son équipe a répondu avec autorité.
Les chiffres confirment la tendance : Arsenal reste désormais sur 46 matches consécutifs sans défaite à domicile face à un promu en championnat. La hiérarchie est nette. Les Londoniens avancent déjà comme les favoris annoncés au titre. Les tests plus sérieux arrivent – Aston Villa se présentera à l’Emirates dans une semaine – mais pour un début de saison, difficile d’imaginer promenade plus idéale.
Et comme si cela ne suffisait pas, les supporters ont aussi découvert une nouvelle pièce maîtresse : Ezri Konsa, présenté au public après son transfert à 55 millions de livres en provenance d’Aston Villa. Un renfort de plus dans un effectif qui déborde déjà de solutions. Eberechi Eze, Noni Madueke, Mikel Merino, Martín Zubimendi et Piero Hincapié sont entrés en jeu, tandis que Viktor Gyökeres est resté cloué sur le banc. La profondeur est là, partout. Arsenal ressemble plus que jamais à l’équipe à abattre.
Havertz, de solution de secours à numéro un
Il y a un an, Viktor Gyökeres arrivait pour améliorer ce que proposait déjà Kai Havertz en pointe. L’histoire semblait écrite : le Suédois devait incarner le futur du poste de numéro 9 à l’Emirates.
Douze mois plus tard, la réalité est tout autre. Havertz a repris la main, et il ne la lâche plus.
Titulaire contre Manchester City, à nouveau préféré à Gyökeres face à Coventry, l’Allemand a ouvert le score à la 15e minute d’un geste qui résume son registre : contrôle, calme, finition clinique. Il enchaîne désormais une série de quatre matches officiels consécutifs avec au moins un but – Burnley et Paris Saint-Germain la saison passée, City et Coventry cette saison – une première pour lui depuis son arrivée en Angleterre.
Gyökeres, lui, n’a pas quitté le banc. L’international suédois sait désormais à quoi s’en tenir : sa place de titulaire n’existe plus que sur le papier. Et ce n’est peut-être que le début. Arsenal garde un œil sur Julián Álvarez, sous contrat à l’Atletico Madrid, avec l’idée, selon des informations venues d’Espagne, d’inclure éventuellement Gyökeres dans un éventuel montage. Le club espagnol ne veut pas le lâcher, ce qui rend un accord compliqué, mais le simple fait que ce scénario soit évoqué dit tout du glissement hiérarchique au sein de l’attaque londonienne.
Un an après avoir été présenté comme le 9 qui devait transformer l’attaque d’Arsenal, Gyökeres regarde Havertz s’installer solidement en tête de file.
Zubimendi recule dans la hiérarchie
Tout n’a pas été rose pour tout le monde côté Arsenal. Pour Martín Zubimendi, la soirée a eu un goût amer.
Recruté pour 55,8 millions de livres en provenance de la Real Sociedad il y a un an, le milieu espagnol a débuté sur le banc, alors même que Bruno Guimarães était forfait sur blessure. Sans son nouveau taulier brésilien, on pouvait imaginer Arteta se tourner vers Zubimendi pour verrouiller le cœur du jeu. Il a préféré Myles Lewis-Skelly, aligné aux côtés de Declan Rice et Ødegaard, comme lors des semaines décisives de la saison passée en Premier League et en Ligue des champions.
Zubimendi a fini par entrer en jeu, remplaçant Rice au milieu de la seconde période. Arteta a assuré vendredi qu’il ne souhaitait pas s’en séparer durant ce mercato. Les mots sont rassurants. Les actes le sont beaucoup moins.
Guimarães est clairement devant lui dans la hiérarchie. Lewis-Skelly, pourtant utilisé majoritairement comme latéral gauche, enchaîne les minutes importantes au milieu. Zubimendi, lui, glisse en arrière-plan. Le club appréciera sans doute de conserver un tel profil dans l’effectif pour sécuriser l’entrejeu. Mais le joueur acceptera-t-il longtemps ce rôle secondaire si ce scénario se répète ?
Tzolis saisit sa chance sur l’aile
Sur l’aile gauche, le casting de l’été avait fait rêver : des rumeurs autour de Vinícius Júnior, Bradley Barcola, et d’autres noms clinquants. Au final, c’est Christos Tzolis, débarqué de Club Brugge pour 34 millions de livres, qui a pris place sur le flanc pour le coup d’envoi de la saison.
Une partie des supporters a pu trouver l’affiche un peu terne. Le terrain, lui, a tranché.
Déjà intéressant contre Manchester City, le joueur de 24 ans a signé une première à domicile très convaincante. Il a récupéré le ballon haut pour lancer l’action du 1-0 de Havertz. Puis il a déposé un centre que le gardien Carl Rushworth a mal négocié, repoussant le ballon dans les pieds de Saka pour le deuxième but.
Pendant ce temps, Leandro Trossard a fait ses valises pour Besiktas et Gabriel Martinelli n’était même pas dans le groupe, alors qu’Arsenal continue d’explorer le marché pour renforcer son secteur offensif. Dans cet entre-deux, Tzolis ne se contente pas d’attendre. Il marque des points, vite et fort.
Coventry découvre la brutalité du haut niveau
Coventry peut se consoler comme il peut : le déplacement le plus difficile de la saison est déjà derrière lui. La réalité est moins rassurante. Ce premier contact avec la Premier League a ressemblé à un choc frontal.
Sacré en Championship avec 95 points, renforcé à hauteur de près de 140 millions de livres cet été, le promu devait arriver avec de la confiance. Sur la pelouse de l’Emirates, tout cela s’est évaporé. Trop d’erreurs techniques, trop de naïveté, trop de temps pour tout. La marche était immense.
Ellis Simms a été la seule vraie éclaircie. L’attaquant a livré un vrai combat physique avec Gabriel Magalhães, montrant qu’il avait le gabarit et l’état d’esprit pour le niveau supérieur. Autour de lui, l’équipe a semblé en retard sur tout : rythme, agressivité, lucidité.
À ce rythme, la facture pourrait être salée. Sur cette prestation, on pourrait presque dire que les 140 millions déjà dépensés ne suffiront pas à assurer le maintien. Coventry reçoit Hull, autre promu, le week-end prochain. Un duel qui ressemble déjà à un mini-barrage de maintien au cœur du mois d’août.
Pour Lampard et ses joueurs, la saison s’annonce longue. Très longue. Et elle vient seulement de commencer.




