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Arsenal déclenche une guerre de l’herbe à Madrid

À quelques heures d’un choc européen déjà sous haute tension, Arsenal a ajouté un chapitre inattendu au folklore des soirées madrilènes : une véritable « guerre de l’herbe » au Metropolitano.

Le club londonien, méfiant avant d’affronter l’équipe de Diego Simeone, a demandé à l’UEFA une inspection formelle de la pelouse. Pas un simple coup d’œil. Des mesures, au millimètre près.

Selon le journaliste Guillem Balague, les dirigeants et le staff d’Arsenal ont quitté la traditionnelle reconnaissance de terrain avec une impression tenace : l’herbe semblait trop haute, trop lourde pour leur jeu au sol, trop parfaite pour les plans de Simeone. Ils ont donc réclamé l’intervention de l’instance européenne, persuadés que quelque chose clochait.

« Je dois vous parler de la guerre de l’herbe qui a eu lieu il y a environ une heure », a raconté Balague sur CBS Sports. « Arsenal, le staff de terrain, est arrivé en se disant : ‘L’herbe est trop haute. On n’est pas contents.’ Ils ont demandé à l’UEFA de la mesurer. Ils n’étaient pas satisfaits. Ils pensaient que c’était Simeone qui utilisait ses ‘dark arts’.

Mesure officielle, soupçons persistants

La scène a tout dit du climat autour de cette affiche : suspicion, détails scrutés, bataille psychologique à chaque mètre carré. Les arbitres techniques de l’UEFA ont sorti les outils, ont mesuré, ont vérifié.

Verdict rapporté par Balague : 26 millimètres. Dans les clous. Le règlement autorise une hauteur entre 21 et 30 mm. La pelouse était donc parfaitement conforme. Identique, a-t-il précisé, à celle utilisée lors de la venue du Barcelona plus tôt dans la compétition.

Conforme, oui. Mais pas de quoi éteindre les débats.

Le Metropolitano traîne une réputation bien installée en Champions League. Hansi Flick lui-même avait été aperçu en pleine discussion avec le délégué de l’UEFA lors du déplacement de Barcelona, inquiet de voir le ballon freiner, de sentir la mécanique catalane grippée par une herbe jugée trop longue pour leur jeu de passes rapides.

Tottenham Hotspur, avant eux, avait déjà pesté. Cette fois, ce n’était pas seulement la hauteur, mais l’arrosage : une pelouse jugée trop lourdement arrosée, ralentissant encore davantage le rythme et favorisant les duels, les seconds ballons, le combat plutôt que la fluidité.

De leur côté, les dirigeants d’Atletico ont toujours balayé ces accusations. Pour eux, le terrain est entretenu en fonction de la météo madrilène, de la chaleur, des conditions locales. Rien de plus. Rien de moins.

Une bataille mentale avant le premier coup de sifflet

Cette « guerre de l’herbe » a planté le décor d’un match âpre, accroché, presque programmé pour se jouer sur les détails. Exactement le terrain de jeu de Simeone. Exactement ce que redoutait Mikel Arteta.

Sur le rectangle vert, la soirée a tenu ses promesses physiques. Arsenal a dû se contenter d’un nul 1-1, au terme d’un premier acte de la double confrontation disputé à la limite.

Viktor Gyökeres a ouvert le score sur penalty, récompensant les efforts des Gunners et leur volonté d’imposer malgré tout un tempo plus élevé. Mais l’Atletico a répliqué dans son style habituel : accroché, discipliné, patient. Julian Alvarez a égalisé, lui aussi sur penalty, en début de seconde période, relançant un stade qui ne demandait qu’à s’embraser.

Chaque duel a semblé peser double. Chaque rebond, chaque glissade, chaque contrôle un peu long a rappelé le débat de l’avant-match. À tort ou à raison, Arsenal pouvait avoir le sentiment que la pelouse servait mieux les intentions de Simeone que les leurs.

Un retour à l’Emirates sur terrain… connu

Le nul laisse le duel totalement ouvert. Rien n’est réglé, rien n’est perdu. La soirée à Madrid n’a pas offert de bascule définitive, mais elle a installé un parfum de méfiance et de revanche.

À Londres, l’histoire sera différente. À l’Emirates, Arsenal retrouvera un gazon qu’il maîtrise, une surface généralement plus rase, plus rapide, taillée pour la circulation de balle que réclame Arteta.

C’est là que ce feuilleton de l’herbe prendra tout son sens. Si le match retour se joue sur un rythme bien plus élevé, si le ballon file et que les combinaisons londoniennes trouvent enfin toute leur vitesse, la question reviendra immanquablement : jusqu’où peut-on aller pour façonner un terrain à son image dans le football moderne de la Champions League ?