Arsenal et son couloir gauche : un déséquilibre à corriger
Arsenal affiche un tableau de bord impeccable en ce début de saison. Trois victoires en Premier League, une entrée maîtrisée en Ligue des champions face à Napoli, un collectif huilé et un Mikel Arteta sûr de ses plans. Sur le papier, tout roule.
Mais une fissure persiste dans le vernis. Elle se situe clairement côté gauche de l’attaque.
Un neuf à 21 buts… sur le banc
Il y a douze mois, Arsenal sortait le carnet de chèques pour attirer Viktor Gyökeres. Un avant-centre de poids, international suédois, recruté pour enfin résoudre l’énigme du numéro 9 à Londres. Résultat : 21 buts dès sa première saison. Mission accomplie, pensait-on.
Sauf qu’au coup d’envoi de l’exercice 2026-27, Gyökeres regarde souvent le jeu depuis le banc. C’est Kai Havertz qui mène la ligne. Un joueur élégant, précieux entre les lignes, mais que rien ne prédestinait à devenir un attaquant à 15 ou 20 buts par saison. Arsenal a donc un buteur prolifique… sans en faire son point d’ancrage.
Pendant ce temps, Martin Ødegaard a retrouvé sa magie dans son rôle de meneur et Bukayo Saka a déjà inscrit deux buts. L’axe fonctionne, le côté droit aussi. Le déséquilibre se lit ailleurs.
Trossard et Martinelli partis, un vide assumé ?
Leandro Trossard a quitté la scène londonienne après avoir signé des buts cruciaux la saison passée. Son impact a pesé lourd dans la conquête du titre, comme le rappelle Jermaine Pennant. Des réalisations face à West Ham, Aston Villa, et une série de moments décisifs qui ont souvent fait basculer des matches serrés.
Gabriel Martinelli, lui, a tourné la page après sept ans à Arsenal pour rejoindre Al-Hilal en Saudi Pro League. Ses statistiques avaient baissé, mais il restait une arme de rotation capable de changer le rythme en sortie de banc.
Ces deux profils ont disparu d’un coup. Et ils n’ont, pour l’instant, été remplacés que par un seul homme : Christos Tzolis.
Barcola trop cher, Vini Jr resté intouchable
Arsenal ne s’est pourtant pas contenté de regarder le marché passer. Le club a sondé la situation de Vini Jr, qui tardait à prolonger au Real Madrid. L’idée faisait saliver, mais le Brésilien est resté solidement arrimé à son statut de star au Santiago Bernabéu.
Une autre opportunité s’est présentée avec Bradley Barcola, fraîchement mis sur le marché par le Paris Saint-Germain. Les dirigeants londoniens se sont renseignés, ont demandé ce qu’il faudrait pour boucler l’opération. La réponse a refroidi tout le monde : 123 millions de livres. À ce prix-là, Arsenal a reculé. Liverpool, lui, n’a pas hésité.
Le message est clair : le club sait que son aile gauche peut être améliorée. Il a testé le terrain, mais sans aller au bout.
Pennant alerte : « Arsenal s’est affaibli devant »
Interrogé sur la nécessité de recruter un ailier gauche de très haut niveau, Jermaine Pennant ne tourne pas autour du pot. Pour lui, Arsenal ne pourra pas se permettre de rester immobile longtemps.
« Ils doivent le faire à un moment donné parce que les autres équipes ne vont pas rester dormantes », prévient-il. Selon lui, Chelsea, Manchester United, Liverpool et Manchester City se renforceront encore en janvier. Arsenal n’aura pas le luxe de les regarder faire.
Pennant va plus loin : à ses yeux, les Gunners ont reculé offensivement par rapport à la saison dernière. La perte de joueurs « clutch » comme Trossard pèse lourd. Sans le Belge, estime-t-il, le titre n’aurait sans doute pas atterri au Emirates Stadium. Martinelli, même en baisse de régime, restait un atout de banc non négligeable. Deux départs, un seul renfort sur ce flanc. L’équation est simple.
Et si Tzolis se blesse ? La question n’a rien d’hypothétique pour Pennant : « Leur côté gauche est un peu condamné. » Il rappelle qu’en l’absence de véritable ailier, Arteta pourrait être tenté de décaler Eberechi Eze sur ce couloir, alors que son poste naturel reste au cœur du jeu, dans l’entrejeu offensif.
Une défense blindée, une attaque à rééquilibrer
Arsenal a clairement renforcé son arrière-garde. Le bloc est compact, les résultats le prouvent : aucune faute majeure sur les trois premières journées de Premier League ni lors du choc européen contre Napoli. Arteta peut légitimement soutenir qu’il dispose d’un effectif capable de viser encore des trophées.
Mais la dynamique offensive reste paradoxale. Gyökeres semble avoir perdu du crédit, Havertz est redevenu le point de fixation, sans être un tueur naturel dans la surface. La création est là, les circuits sont rodés, pourtant cette aile gauche continue de ressembler à une zone en chantier.
Le club a desserré les cordons de la bourse ces dernières années. L’entraîneur devrait donc disposer, en théorie, d’un budget conséquent pour ajuster son effectif au prochain mercato.
La vraie question est désormais frontale : Arsenal peut-il défendre son rang au sommet sans un ailier gauche de calibre « superstar »… ou devra-t-il tôt ou tard casser sa tirelire pour combler ce dernier vide dans un onze qui vise tout simplement la domination totale ?




