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Arsenal fait un coup d'éclat avec Bruno Guimaraes

Arsenal frappe un grand coup. Et envoie un message brutal au reste de l’Europe.

Le champion d’Angleterre est sur le point de boucler l’arrivée de Bruno Guimaraes pour 75 millions de livres, au terme d’un feuilleton interminable. Un montant sec, sans bonus, qui doit tomber directement dans les caisses de Newcastle. Un transfert massif, assumé, qui dit tout des ambitions d’un club décidé à défendre son titre et à viser plus haut encore.

Mais derrière l’euphorie, une ombre : Martin Zubimendi.

Zubimendi, le grand perdant ?

Pour Jamie Carragher, la question ne se pose presque plus. Le consultant, invité du podcast Football Ramble, n’a pas tourné autour du pot en évoquant la situation de l’Espagnol, arrivé d’une Real Sociedad où il était vu comme le métronome idéal pour le projet de Mikel Arteta.

« Tu penses que c’est la fin pour Zubimendi là-bas ? » lâche l’ancien défenseur de Liverpool. « Par rapport à ce qu’il était censé être quand il a été recruté. Il devait arriver et être ce contrôleur. Je ne le vois jamais récupérer ce rôle maintenant. »

Le constat est sec, presque cruel. Zubimendi avait débarqué avec l’étiquette du milieu capable de dicter le tempo, de verrouiller les matchs dans les moments qui comptent. Mais lorsque la saison est entrée dans son money time, son influence s’est étiolée. Au moment où Arsenal montait en puissance, lui s’est effacé.

L’arrivée de Bruno Guimaraes, elle, ne laisse aucune place au doute : Arteta veut plus de puissance, plus de garanties techniques, plus de personnalité au cœur du jeu.

Guimaraes, le pari du contrôle… au ralenti ?

En validant un investissement aussi lourd, l’entraîneur espagnol assume une vision très claire de son milieu. Gabarit, volume, ballon sécurisé sous pression : Bruno coche toutes les cases d’un joueur taillé pour un club qui veut régner.

Carragher, lui, regarde le puzzle d’un œil un peu plus sceptique. Il connaît la valeur du Brésilien, mais interroge son profil.

Pour lui, Bruno Guimaraes a une tendance marquée à ralentir le jeu. Un style qui tranche avec d’autres cibles qu’Arsenal aurait pu explorer. « J’étais presque plus un homme de [Sandro] Tonali que de Bruno », explique-t-il. « Je pensais qu’il avait plus de vitesse, qu’il pouvait couvrir plus de terrain. Je regardais Bruno et je n’étais pas tout à fait sûr. Je le trouvais bon, mais je me demandais : est-ce qu’il peut vraiment courir ? Il obtenait beaucoup de fautes et ralentissait beaucoup le jeu. »

Le tableau n’est pas à charge pour autant. Carragher reconnaît aussi l’impact décisif de Guimaraes dans les zones qui comptent : « Il marque des buts importants et c’est un bon joueur. »

Toute la question est là : comment Arteta va-t-il articuler ce nouveau milieu ?

Rice, Bruno, Zubimendi : un triangle sous tension

Le chantier est fascinant. Et potentiellement explosif.

Bruno Guimaraes peut-il s’installer en sentinelle, en pur numéro 6, avec Declan Rice dans un rôle de box-to-box ? Ou Arteta verra-t-il les choses autrement, en modifiant les repères d’un secteur qui a porté Arsenal vers le titre ?

Carragher, lui, n’est pas totalement convaincu : « Ce sera intéressant de voir comment Mikel Arteta utilise ce milieu maintenant. Est-ce que Bruno jouera plus bas, est-ce que Declan Rice gardera ce rôle de box-to-box ? Je ne suis toujours pas à 100 % sûr de quel rôle convient le mieux à Rice. »

Dans ce jeu de chaises musicales, Zubimendi semble le grand sacrifié. Recruté pour contrôler, il se retrouve dépassé par un joueur au statut plus affirmé, à la fois en Premier League et en sélection. Dans un club qui ne peut plus se permettre de patienter, les états de service pèsent lourd.

Arsenal, nouveau poids lourd sans complexe

Le montant du transfert raconte aussi une autre histoire : Arsenal n’est plus seulement un beau projet, c’est une puissance installée. Payer 75 millions de livres, cash, sans add-ons, c’est le geste d’un club qui n’a plus besoin de convaincre, juste de finaliser.

Carragher y voit un signal à l’échelle du continent. « Quand je regarde ce qu’Arsenal essaie de faire cet été, j’ai l’impression que le message, c’est : “on va gagner le championnat encore une fois et on va viser la Ligue des champions”. On dirait vraiment qu’ils essaient de dominer. »

Le discours est clair : Arsenal ne veut plus seulement rivaliser avec Manchester City, il veut s’installer durablement au sommet. Les recrutements ne sont plus défensifs ou opportunistes, ils sont offensifs, structurants, presque impériaux.

Makelele, la voix des milieux

Tous ne partagent pas les réserves de Carragher sur le profil athlétique de Bruno Guimaraes. Un autre ancien grand milieu, Claude Makelele, voit dans ce transfert un mariage naturel entre un joueur et un système.

Pour lui, le Brésilien arrive au bon endroit, au bon moment. « Arsenal coche toutes les cases. Ils ont gagné la Premier League, ils sont allés loin en Ligue des champions, et ils sont construits pour repartir », confie-t-il à ComeOn. « C’est toujours juste pour un bon joueur de rejoindre une grande équipe, et Arsenal a fait du très bon travail. Bruno Guimaraes est un très bon joueur, exceptionnel, comme on l’a vu avec le Brésil. C’est sa carrière et sa décision, mais son jeu correspond parfaitement à Arsenal. »

Les mots sont forts, et ils viennent d’un homme qui connaît intimement ce que signifie tenir un milieu au plus haut niveau.

Entre les doutes de Carragher et la conviction de Makelele, se dessine le vrai enjeu de ce transfert : pas seulement un renfort de plus, mais une pièce centrale d’un projet qui veut durer.

Arsenal a payé le prix fort pour ce contrôle. À Bruno Guimaraes, désormais, de montrer s’il peut vraiment être le cœur battant d’une équipe qui vise un règne, pas une parenthèse.