Arsenal et Brighton : une rivalité apaisée avant le choc
Mikel Arteta et Fabian Hürzeler ont enterré la hache de guerre. Ou du moins, c’est le message envoyé avant leurs retrouvailles brûlantes samedi sur la côte sud.
La saison dernière, la tension avait explosé à l’issue d’un 1-0 en faveur d’Arsenal à l’Amex Stadium. Hürzeler, furieux, avait taclé le style des Gunners, lâchant que « seule une équipe avait essayé de jouer au football » et accusant Arsenal de « faire ses propres règles ». Des mots qui avaient marqué. Et lancé une petite rivalité de banc de touche.
La polémique refroidie… mais pas oubliée
À l’approche de ce nouveau duel, le sujet est revenu naturellement sur la table. Le coach de Brighton n’a pas fait machine arrière sur le fond.
« Je pense que c’est très important qu’il y ait des opinions dans le football », a-t-il expliqué cette semaine.
« Je partagerai toujours mon opinion si on me la demande. Mais, au final, je félicite Arsenal pour ce titre mérité. Ils le méritaient. »
Face à lui, Mikel Arteta a choisi l’apaisement. Le technicien des Gunners assure que l’épisode est clos.
« Tout ça est terminé. C’est du passé », a-t-il répondu vendredi devant la presse.
« J’ai un immense respect pour Fabian, pour ce qu’il a fait et pour ce que Brighton a fait en tant que club. C’est tout simplement remarquable, et demain ce sera un très beau match à regarder, j’en suis sûr. »
Les caméras n’en resteront pas moins braquées sur les deux zones techniques. On voudra voir si la poignée de main sera franche, si un regard s’attardera, si la tension ressurgira au premier coup de sifflet discutable.
Arsenal lancé à pleine vitesse
Sur le terrain, Arsenal arrive avec le vent dans le dos. Les champions en titre ont démarré leur défense de couronne par quatre victoires de rang en Premier League, qui les ont déjà hissés en tête du classement.
Leur dynamique ne se limite pas au championnat. Les Londoniens ont remporté leur premier match de Ligue des champions face à Napoli et se sont qualifiés pour le quatrième tour de League Cup mardi, en s’imposant à Ipswich.
En comptant le Community Shield décroché face à Manchester City, Arsenal en est à sept succès consécutifs toutes compétitions confondues. Un huitième à Brighton égalerait un record vieux de 123 ans pour le meilleur début de saison du club. Une ligne de plus à écrire dans l’histoire, dès septembre.
Arteta mesure la performance : « On sait à quel point il est compliqué de gagner un match à ce niveau. Alors en gagner sept, ça raconte quelque chose », a-t-il confié, cité par l’AFP.
« Après la Coupe du monde, il y avait beaucoup d’inconnues sur la façon dont les joueurs et l’équipe allaient réagir. Nous n’avions pas eu de temps avec eux pour travailler ensemble. Mais j’ai dit dès le premier jour que l’attitude et ce que je voyais m’impressionnaient vraiment. Ensuite, il faut le traduire en performances. »
Pour l’instant, ses joueurs le font.
Max Dowman, l’ado qui frappe à la porte
Au milieu de cette série parfaite, un nom a soudain pris de la place : Max Dowman. À Ipswich, le jeune meneur de jeu de 16 ans a signé sa première apparition de la saison. Il a marqué deux fois. Et rappelé pourquoi il est considéré comme l’un des plus grands espoirs de Premier League.
Jusqu’ici, il n’avait été qu’un remplaçant sans entrer en jeu lors des premières semaines. En une soirée, il a changé la conversation autour de son temps de jeu.
Interrogé sur la manière dont le jeune homme pousse pour jouer davantage, Arteta a répondu sans détour : « La meilleure façon de frapper à la porte, c’est de le faire sur le terrain, pas dans le bureau. Comme ça, on enlève tous les arguments. Quand un joueur livre constamment sur le terrain, chaque jour à l’entraînement, c’est la meilleure façon, c’est le meilleur signal pour l’entraîneur. »
Le message est clair. Dowman a commencé à écrire sa propre réponse.
Un avenir à clarifier, mais aucune alerte
Dans ce tableau presque parfait, une question plane en arrière-plan : le contrat de Mikel Arteta. Le technicien espagnol n’a toujours pas prolongé, alors que les discussions durent depuis plusieurs mois.
L’intéressé, lui, ne montre aucun signe d’inquiétude.
« Je pense que nous sommes tous très alignés, et quand le moment sera venu, on réglera ça. Il n’y a aucune raison de s’en préoccuper », a-t-il assuré.
Le décor est planté. Arsenal arrive en champion sûr de ses forces, Brighton en poil à gratter assumé, avec sur le bord du terrain deux entraîneurs au caractère bien trempé qui jurent que tout va bien.
Samedi, ce ne seront plus les mots qui parleront. Ce sera le football.




