RDC Sport

Arsenal – Brighton : Arteta et l'optimisme avant le match

À la veille du déplacement d’Arsenal à Brighton, Mikel Arteta a offert le tableau le plus rassurant possible : son groupe est quasiment au complet, la dynamique est intacte et le discours reste tranchant, que l’on parle d’arbitrage, de jeunes talents ou de la forme de ses cadres.

« Tout va bien », a-t-il posé d’entrée, interrogé sur l’état de Ben White.

Une séance d’entraînement restait au programme dans l’après-midi, mais le ton était clair : optimisme général pour White… comme pour Jurrien Timber, Cristhian Mosquera et Piero Hincapié, tous candidats à l’intégration dans le groupe. « Ils veulent en faire partie », a insisté l’Espagnol.

Arbitrage, influence et conversations privées

Relancé sur l’idée, avancée par Jamie Carragher, qu’il serait devenu une sorte de « Sir Alex Ferguson moderne » capable d’influencer les arbitres en dénonçant publiquement leurs erreurs, Arteta a balayé l’étiquette.

Pour lui, une chose compte : défendre son club, ses joueurs, et donner son avis sans détour. Il sait qu’il se trompera parfois, mais assume vouloir rester « aussi juste que possible ». Dans la salle, le contexte de Sunderland flotte encore, avec les discussions engagées avec Pro Ref après les décisions contestées.

Sur ce point, l’Espagnol ferme la porte : ces échanges resteront privés. Pas question non plus de réclamer une excuse publique, à l’image de celle reçue par Manchester United. Ce qu’il veut, c’est une reconnaissance claire sur la justesse – ou non – des décisions, et surtout l’idée d’« avancer ensemble » pour améliorer le jeu.

Brighton, Fabian et une série qui remonte à… 1903

Le décor est posé : un quatrième déplacement consécutif, un adversaire redouté, Brighton, et une série en cours qui donne le vertige. En cas de succès, Arsenal enchaînerait une huitième victoire en huit matchs toutes compétitions confondues, une performance que le club n’aurait plus réalisée depuis 1903.

Arteta refuse de se laisser griser. « On a un adversaire très difficile demain, il va falloir gagner le droit de remporter ce match », prévient-il. Il s’attend à « un match magnifique à regarder » et glisse au passage un mot sur Fabian, entraîneur de Brighton, qui s’était emporté sur le style et le supposé “gaspillage de temps” des Gunners en mars dernier avant de présenter ses excuses. Arteta souligne le « respect immense » qu’il lui porte, ainsi qu’au travail du club du sud de l’Angleterre.

Contrat, avenir et nouvelle trêve internationale rallongée

Son propre avenir n’inquiète visiblement personne à Arsenal. Le club veut le prolonger, lui veut rester, les supporters aussi. Arteta parle d’« alignement total ». Le timing ? Il ne s’avance pas, même si la précédente prolongation avait été annoncée à la même période, durant une trêve. « Quand le moment sera le bon, on fera ça. Il n’y a aucune raison de s’inquiéter », tranche-t-il.

La rencontre face à Brighton sera justement le dernier match avant une trêve internationale plus longue que d’habitude. Arteta ne se prononce pas encore sur les bienfaits du nouveau format. Il insiste plutôt sur la nécessité d’une communication fine avec les sélectionneurs, qui n’ont pas tous choisi la même approche pour la taille de leurs groupes ni pour les déplacements. Comprendre où en sont les joueurs, ce que les sélections attendent d’eux, et faire coïncider les exigences : voilà le nerf de la guerre.

Même visage à domicile et à l’extérieur

Quatre matchs de rang loin de l’Emirates, trois déjà gagnés, un dernier à négocier à Brighton. Pour Arteta, c’est un test physique, mais surtout mental.

Il veut une équipe qui impose son jeu partout, sans nuance entre domicile et extérieur. « On veut être la même équipe, causer les mêmes problèmes à l’adversaire », résume-t-il. Jusqu’ici, le bilan est parfait sur cette séquence. Reste à conclure.

Leadership, jeunes et ce geste de Gabriel

Dans ce tableau très compétitif, la place des jeunes reste centrale. Un moment a marqué Arteta lors du match de coupe : l’erreur de Marli Salmon, 16 ans, immédiatement entouré et soutenu par Gabriel. Un geste simple, mais décisif.

Pour l’entraîneur, on ne fabrique pas ce type de réaction. « Tu l’as ou tu ne l’as pas », dit-il. C’est instinctif, émotionnel, et cela peut changer la trajectoire d’un jeune joueur, lui donner le courage de « repartir à l’action suivante ». Il se réjouit de ce lien dans le vestiaire, de cette solidarité qui nourrit la confiance des plus jeunes.

Même logique avec Max Dowman, auteur d’une prestation majeure et d’un doublé à Ipswich Town. S’il « frappe à la porte » pour obtenir plus de temps de jeu, Arteta rappelle que la meilleure façon de le faire reste sur le terrain, pas dans le bureau de l’entraîneur. Quand un joueur performe chaque jour à l’entraînement et en match, les arguments manquent pour le laisser de côté. Et les coéquipiers eux-mêmes finissent par réclamer sa présence dans le onze.

Bruno Guimarães, David Raya et les recrues clés

Interrogé sur Bruno Guimarães, Arteta refuse de l’enfermer dans un seul rôle. Pour lui, le Brésilien peut évoluer à gauche, à droite, au cœur du milieu, et permuter selon les besoins. Sa polyvalence et son dynamisme en font un joueur capable de « délivrer de grands moments » où qu’on le place. Le choix dépendra du plan de jeu, des associations avec les autres milieux et de l’opposition.

Le cas David Raya illustre un autre versant du projet. Parti du football non professionnel pour devenir l’un des meilleurs gardiens du monde, candidat naturel au Golden Glove, le portier incarne la trajectoire rêvée. Arteta insiste sur sa mentalité : qualités techniques évidentes, mais surtout une capacité à surmonter les difficultés, à se battre pour s’imposer quand il a atteint le très haut niveau.

Il souligne le travail quotidien des entraîneurs, notamment Iñaki, et de l’ensemble du groupe pour l’aider à franchir ces paliers. Est-il son meilleur recrutement ? Arteta se garde bien de trancher. Il parle d’un « recrutement extraordinaire », d’un joueur qui a « élevé l’équipe et le club à un autre niveau ». Le reste n’est qu’opinion. Ce qui compte désormais, c’est de maintenir ce standard.

Une nouvelle trêve, le spectre des Invincibles… et la réalité du présent

Sur le nouveau découpage des trêves internationales, l’entraîneur reste prudent. Avant, les pauses d’août, septembre, novembre hachaient la saison. Cette fois, la séquence de matchs est plus longue avant l’interruption. Avantage pour le rythme des clubs ? Il préfère attendre de voir comment les différentes sélections gèrent leurs déplacements, parfois très longs, et l’impact à long terme sur la fraîcheur des joueurs.

Quand on lui parle d’« Invincibles » et de la possibilité que cette équipe, en cas de nouveau succès, puisse être comparée à celle de 2003-2004, Arteta coupe court. Arsenal a « déjà assez sur la table » avec la préparation d’un match très compliqué à Brighton. Le reste n’existe pas dans son discours.

Viktor, besoin de minutes et de buts

Viktor s’apprête à affronter l’un de ses anciens clubs. Sa saison n’a pas encore décollé, surtout en Premier League où son temps de jeu reste limité. Arteta ne parle pas de manque de confiance. Il rappelle sa bonne prestation à Napoli la semaine précédente et insiste sur la notion de « moments ».

L’adaptation, il en parlait déjà l’an dernier : le joueur doit s’intégrer à l’équipe, l’équipe doit aussi apprendre à jouer pour lui. Ce processus continue, dans un collectif qui a lui-même évolué cette saison. Rien de spécifique à Viktor, plutôt une « évolution constante » pour tout le monde. Le rôle du staff ? Trouver les connexions, le cadre tactique et la confiance qui lui permettront de donner le meilleur.

Arteta rejoint Graham Potter sur un point : un changement d’environnement, comme la sélection suédoise, peut servir de déclencheur. Mais pour un attaquant, tout se résume à deux choses : des minutes… et des buts. C’est ce qui recharge vraiment l’énergie. Brighton offre une nouvelle occasion.

Recrutement jeunesse, concurrence mondiale et fidélisation des talents

En coulisses, Arsenal a lancé une offensive claire sur le secteur jeunesse. Le départ de Per, l’arrivée de Pascal, des signatures comme celle de Victor en janvier ou d’Andria Bartishvili récemment annoncée : le message est net. Le club veut recruter parmi les meilleurs jeunes du monde, en Angleterre comme à l’étranger, pour garantir un vivier interne de haut niveau.

Arteta insiste : si Arsenal veut rester au sommet, la meilleure voie reste d’avoir déjà en interne les joueurs capables de franchir le dernier palier vers l’équipe première. Mais le contexte est complexe. Les jeunes attirent les convoitises, les agents et les familles pèsent dans les décisions, et certains talents sont partis ces dernières années – Chido, Ayden, Nduka cet été.

Le club a tout de même réussi à conserver des profils majeurs comme Max ou Marli, liés par de nouveaux contrats. Le défi est permanent, les « moments de décision » nombreux. Arsenal ne pourra pas tout contrôler, mais fera tout pour « garder les meilleurs talents en interne ».

Une série, des inconnues… et Brighton en ligne de mire

Sept victoires de rang après une Coupe du monde qui laissait planer de nombreuses incertitudes : Arteta sait que la performance n’a rien d’anodin. Il rappelle à quel point il est compliqué de gagner un match à ce niveau, alors sept d’affilée… Il admet un peu de réussite sur certains rendez-vous, mais insiste sur l’attitude affichée dès le premier jour du retour des joueurs.

Pas question, pourtant, de se reposer sur cette série. Ni de la célébrer avant l’heure. Le huitième obstacle, Brighton, arrive vite. Et si Arsenal veut continuer à flirter avec les chiffres de 1903, il faudra encore une fois « gagner le droit » de l’emporter.