RDC Sport

Arne Slot dit non aux Oranje et reste fidèle au quotidien des clubs

Arne Slot a tranché. Courtisé par la KNVB pour succéder à Ronald Koeman à la tête des Pays-Bas, le technicien néerlandais a décidé de se retirer du processus. Pas de bras de fer financier, pas de feuilleton interminable : un choix de carrière, assumé, presque brutal dans sa clarté.

Dans un entretien accordé à Voetbal International, l’ancien entraîneur du Feyenoord a posé les choses sans détour : il veut rester sur le terrain, tous les jours, au cœur du travail de club. « À ce stade de ma carrière, je préfère me voir sur le terrain d’entraînement avec mes joueurs chaque jour. Quelque chose qui n’est tout simplement pas possible de la même manière avec une équipe nationale », a-t-il expliqué pour justifier l’arrêt des discussions.

Il a insisté : il n’y a pas eu de négociation contractuelle, parce qu’il n’a tout simplement pas voulu aller jusque-là. « C’est la raison pour laquelle j’ai choisi de ne pas poursuivre les discussions et de ne pas entamer de négociations sur ce à quoi un éventuel contrat pourrait ressembler », a-t-il précisé.

Respect pour la sélection, mais timing mauvais

Slot ne claque pas la porte des Oranje. Au contraire, il s’est montré très élogieux envers la KNVB et la sélection nationale. « J’ai un immense respect pour l’équipe nationale et pour la KNVB et je ne peux être que positif sur la manière professionnelle dont les discussions se sont déroulées cette semaine. Pour l’instant, je crois que le football de clubs a encore beaucoup à m’offrir », a-t-il souligné.

La fédération l’avait pourtant désigné comme cible numéro un après une campagne de Coupe du monde 2026 ratée sous Koeman. Le profil, l’aura, le palmarès récent : tout pointait vers Slot. Mais le principal intéressé estime que le moment ne s’y prête pas. Il admire la structure, l’environnement, le prestige du poste… sans vouloir y plonger maintenant.

Le sélectionneur des Pays-Bas, il s’y voit un jour. Il ne s’en cache pas. « Ce serait un grand honneur de représenter mon pays comme sélectionneur un jour. Cependant, ce n’était pas le bon moment pour moi », a-t-il conclu. Une porte entrouverte, mais clairement pas pour cette fenêtre-là.

L’ombre de Liverpool et un coût pour les Reds

En toile de fond, son récent passage à Liverpool pèse encore. Son départ d’Anfield a marqué la Premier League : un titre décroché dès sa première saison, puis une cinquième place, des frictions tactiques, des critiques publiques de Mohamed Salah et, au bout du compte, un audit interne qui a débouché sur son limogeage.

Ce refus de prendre la sélection néerlandaise n’a pas seulement une dimension sportive. Il touche aussi le portefeuille de Liverpool. Si Slot avait accepté le poste, le club aurait pu compenser une partie importante de son indemnité de licenciement. Son contrat initial à Anfield était particulièrement généreux, avec un package global estimé à environ 25 millions de livres.

En disant non à la KNVB, il prive donc les Reds d’un allègement financier potentiel. Et confirme au passage qu’il choisit ses projets avec une grande prudence. Avant même l’approche de la fédération, il avait déjà décliné une avancée de Fulham, qui souhaitait l’attirer à Craven Cottage.

À contre-courant de la vague des grands sélectionneurs

Le choix de Slot tranche avec la tendance actuelle chez les grands entraîneurs. Son prédécesseur à Liverpool, Jürgen Klopp, a pris les commandes de l’Allemagne. Thomas Tuchel a accepté de diriger l’Angleterre. Carlo Ancelotti s’est installé sur le banc du Brésil. Zinedine Zidane reste, lui, fortement associé à l’équipe de France.

Beaucoup de grands noms basculent vers le rythme des sélections, les grandes compétitions, les rassemblements espacés. Slot, lui, refuse de rejoindre ce mouvement. Il revendique le quotidien, la répétition des séances, la construction au long cours en club.

La KNVB doit désormais revoir son plan. Trouver une autre figure de proue pour aborder la Nations League et relancer une sélection en quête de repères après la désillusion mondiale. Le temps presse, le profil idéal reste à dénicher.

Slot, de son côté, demeure l’un des entraîneurs libres les plus convoités du marché. Son refus ne sonne pas comme un retrait, mais comme une attente. Il parie sur l’apparition prochaine d’un projet de très haut niveau, calibré pour ses ambitions. La prochaine grande chaise musicale sur un banc de club ne devrait pas rester vide bien longtemps. La question, maintenant, c’est : laquelle choisira-t-il ?