Arijon Ibrahimovic : De la planification au prêt au FC Augsburg
Le 7 juillet, le message était limpide. Sur le site du club, le titre claquait : « Le FC Bayern planifie fermement avec Arijon Ibrahimovic ». Sourire aux lèvres sur la photo officielle, Christoph Freund posait le cadre : « Maintenant, il ne s’agit plus seulement d’apprendre pour lui – maintenant, il s’agit d’attaquer, ici au FC Bayern ! »
Deux mois plus tard, Ibrahimovic a déjà une apparition en Bundesliga et un but. Et il trône en tête du classement après deux victoires en deux matchs. Mais pas avec le géant munichois. Avec le FC Augsburg.
De “grand projet du Bayern” à départ express
Pour le milieu offensif de 20 ans, déjà prêté à plusieurs reprises, la sensation de décalage a dû être brutale. À peine prolongé, déjà poussé dehors. Comme dans la chanson de Hannes Wader : « Aujourd’hui ici, demain là-bas ». Quelques semaines après avoir déclaré sa joie de « pouvoir jouer pour le plus grand club du monde », le Bayern cessait soudain de « planifier fermement » avec lui.
Le plan initial était pourtant clair : Ibrahimovic devait être la doublure de l’infatigable Luis Diaz, titulaire indiscutable annoncé sur le flanc. Puis, à l’approche du gong du mercato, Max Eberl a tout rebattu. En conférence de presse, le patron sportif lâchait : « S’il y a quelque chose qui est prêt à être annoncé, qui pourrait être intéressant pour les deux parties, alors nous serions de nouveau ouverts. »
Le virage était pris.
Un prêt qui laisse des traces
À quel point Ibrahimovic souhaitait vraiment quitter le club record d’Allemagne reste flou. Officiellement, tout est propre. Le 1er septembre, dans le communiqué, Christoph Freund expliquait que le Bayern avait « trouvé un accord avec Arijon selon lequel il est préférable pour son développement que nous le prêtions encore une saison ».
En coulisses, le ton est tout autre. D’après Sport1, le joueur se serait montré « extrêmement irrité ». Son agent, Roman Rummenigge, se serait senti pris de court par une initiative d’Eberl jugée mal coordonnée. De leur point de vue, rien ne justifiait ce changement de cap. Les signaux reçus laissaient espérer un vrai temps de jeu à Munich.
Werder Bremen s’est positionné. Mais c’est Augsburg qui a emporté la mise. Au final, le FCA obtient un prêt jusqu’à la fin de saison, assorti d’une option d’achat estimée à huit millions d’euros. Pour Freund, Ibrahimovic reste « un jeune joueur avec de grandes qualités, et il a besoin à ce stade de jouer régulièrement. Il aura cela au FC Augsburg, et nous continuerons à le suivre de près. »
Une phrase qui sonne aussi comme un verdict implicite : pas encore au niveau pour s’imposer au Bayern.
Critiques, doutes… puis réponse sur le terrain
L’arrière-plan exact de ce revirement reste flou. Mais la préparation n’a pas aidé le jeune milieu offensif. Auteur de grosses occasions manquées durant les matchs amicaux, Ibrahimovic a essuyé des critiques répétées d’une partie des supporters. Certains le jugeaient trop juste pour les grands rendez-vous, pas assez tranchant pour les standards du club.
Le décor à Munich se refermait. À Augsburg, il s’est ouvert d’un coup.
Sous les ordres de Manuel Baum, Ibrahimovic a immédiatement intégré le onze de départ pour sa première apparition. Et il n’a pas mis longtemps à marquer les esprits : un but lors de la victoire 4-1 sur la pelouse de l’Eintracht Frankfurt. Une entrée en matière idéale, presque un manifeste.
La sortie précipitée de la Säbener Strasse, vécue comme une gifle au cœur de l’été, prend soudain une autre couleur. Pour Ibrahimovic, ce prêt ressemble déjà moins à une mise à l’écart qu’à un tremplin. Reste une question, brûlante : quand il reviendra frapper à la porte du Bayern, le club sera-t-il encore prêt à « planifier fermement » avec lui ?




