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L’Argentine renverse l’Égypte 3-2 en 1/8 finale de la World Cup 2026

L’Argentine a renversé l’Égypte 3-2 au Mercedes-Benz Stadium en 1/8 final de la World Cup 2026, au terme d’un match où la supériorité structurelle des hommes de Lionel Scaloni a fini par étouffer le plan de contre adverse. Menés 0-1 à la pause puis 0-2 à l’heure de jeu, les Argentins ont imposé progressivement leur maîtrise du ballon (64 % de possession) et leur densité offensive pour retourner un scénario longtemps favorable au bloc compact de Hossam Hassan.

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I. Résumé exécutif

L’Égypte a frappé la première sur phase arrêtée et a longtemps semblé tenir le plan parfait : bloc médian, transitions rapides vers Mohamed Salah et Mostafa Ziko, et une gestion clinique de ses rares situations. Mais la profondeur de banc argentine et l’ajustement de Scaloni dans les couloirs ont inversé le rapport de force dans le dernier quart d’heure. Les entrées de Nicolás Gonzáles, Lautaro Martínez et Gonzalo Montiel ont dynamisé les couloirs, libéré Lionel Messi entre les lignes et permis à Cristian Romero puis Enzo Fernández de concrétiser une domination déjà nette en xG (2,9 contre 0,97).

II. Séquence des buts et log disciplinaire

L’ouverture du score intervient à la 15e minute : sur un coup de pied arrêté bien travaillé, Yasser Ibrahim (Egypt) profite d’un service de Marwan Attia pour tromper la défense argentine et donner l’avantage aux Pharaons. À la 21e minute, Lionel Messi (Argentina) manque l’occasion d’égaliser sur penalty, un tournant psychologique qui renforce le plan d’attente égyptien jusqu’à la pause (0-1 à la mi-temps).

Au retour des vestiaires, après une première alerte annulée par la technologie (à la 60e minute, un potentiel but de Mostafa Ziko (Egypt) est refusé par la VAR pour “Goal cancelled”), l’Égypte double finalement la mise à la 67e minute : Mostafa Ziko (Egypt), servi par Haissem Hassan, conclut une transition parfaitement exécutée et porte le score à 0-2.

L’Argentine enclenche alors sa remontée. À la 79e minute, sur une séquence de pression prolongée, Cristian Romero (Argentina) réduit l’écart, bien servi par Lionel Messi, symbole d’une montée en puissance de la charnière dans la surface adverse. À la 83e minute, Messi (Argentina) est cette fois à la finition, convertissant un centre ou une remise de Gonzalo Montiel pour ramener les siens à 2-2 et faire basculer l’inertie émotionnelle du match. Enfin, à la 90+2 minute, Enzo Fernández (Argentina), trouvé par Lautaro Martínez, conclut la remontada d’une frappe décisive pour le 3-2.

Sur le plan disciplinaire, toutes les sanctions concernent l’Égypte en fin de rencontre, dans un contexte de frustration croissante. À la 90+3 minute, Mostafa Shobeir (Egypt) reçoit un carton jaune pour “Argument”. À la 90+4 minute, Hamdy Fathy (Egypt) est averti, également pour “Argument”. Enfin, à la 90+8 minute, Marwan Attia (Egypt) écope d’un jaune pour “Foul”. Totaux : Argentina 0 carton, Egypt 3 cartons jaunes, soit 3 avertissements au total.

III. Décryptage tactique et gestion des hommes

Le plan initial de Lionel Scaloni repose sur une Argentine très structurée autour d’un double pivot technique (Leandro Paredes, Enzo Fernández), avec Rodrigo De Paul et Alexis Mac Allister pour densifier l’axe et libérer Lionel Messi et Julián Alvarez en pointe. Malgré l’absence de mention de formation chiffrée, la distribution des rôles laisse entrevoir une base à quatre derrière (Nahuel Molina, Cristian Romero, Lisandro Martínez, Nicolás Tagliafico) et une animation offensive fluide.

L’Argentine a construit sa domination par la circulation : 602 passes, dont 540 réussies (90 %), et 19 tirs au total (7 cadrés, 4 contrés). Cette supériorité territoriale se traduit par 6 corners et 11 frappes dans la surface, signe d’un siège progressif du but de Mostafa Shobeir (Egypt). Malgré 4 arrêts pour le gardien égyptien, la valeur négative de “goals prevented” pour Egypt (-0,28) indique qu’il a concédé plus que ce que le modèle attendait, notamment dans le dernier quart d’heure sous pression.

À l’inverse, l’Égypte a assumé un plan minimaliste : seulement 5 tirs (2 cadrés) mais une efficacité maximale sur coups de pied arrêtés et transitions. Avec 348 passes (289 réussies, 83 %) et 36 % de possession, Hossam Hassan a priorisé la compacité (ligne défensive Hany–Ibrahim–Rabia–Hafez) et la verticalité vers Salah et Ziko. L’entrée de Hamdy Fathy à la 46e minute pour Emam Ashour renforce l’axe défensif, mais réduit encore la capacité de sortie propre sous pression.

Les ajustements argentins sont décisifs. À la 66e minute, Nicolás Gonzáles (IN) remplace Nicolás Tagliafico (OUT), ce qui pousse le bloc encore plus haut sur le couloir gauche. Dans le même temps, Lautaro Martínez (IN) prend la place de Rodrigo De Paul (OUT), ajoutant une présence supplémentaire dans la surface. À la 73e minute, Gonzalo Montiel (IN) remplace Nahuel Molina (OUT), apportant des centres plus directs côté droit. Ces trois changements resserrent l’Argentine dans un 2-4-4 offensif en phase de possession, avec Romero et Lisandro Martínez seuls en couverture, assumant le risque de la transition adverse.

Côté égyptien, les changements offensifs de Hossam Hassan restent réactifs plutôt que proactifs : Haissem Hassan (OUT) cède sa place à Mahmoud Trézéguet (IN) à la 73e minute, puis Mostafa Ziko (OUT) est remplacé par Omar Marmoush (IN) à la 80e minute, alors que la dynamique a déjà basculé. Le dernier changement à la 90e minute, avec Zizo (IN) pour Mohanad Lasheen (OUT), arrive trop tard pour influer sur la structure.

En fin de match, Scaloni verrouille légèrement en remplaçant Julián Alvarez (OUT) par Facundo Medina (IN) et Cristian Romero (OUT) par Nicolás Otamendi (IN) à la 90e minute, sans altérer le score mais en consolidant la gestion des derniers ballons aériens.

IV. Verdict statistique

Les chiffres confirment le scénario : l’Argentine domine largement en volume et en qualité d’occasions. Avec 2,9 d’xG contre 0,97, la remontée au score est statistiquement cohérente ; le 0-2 à la 67e minute reflétait surtout l’efficacité extrême de l’Égypte sur ses rares incursions. Les 7 tirs cadrés argentins pour 3 buts illustrent une montée en précision au fil du match, tandis que les 4 arrêts de Mostafa Shobeir (Egypt) n’ont pas suffi à compenser la pression constante.

La discipline déséquilibrée (0 carton pour Argentina, 3 pour Egypt) souligne aussi la bascule émotionnelle : les Égyptiens terminent acculés, contraints à des interventions tardives ou à des “Argument” répétés envers l’arbitre François Letexier. Avec 6 corners à 1 et un volume de passes presque doublé, l’Argentine a imposé sa loi territoriale et validé, dans le temps additionnel, une supériorité structurelle qui s’était longtemps heurtée à la résilience des Pharaons.