Antonio Valencia revient au football avec Wythenshawe Vets
Antonio Valencia avait rangé les crampons en mai 2021, après des ultimes passages à LDU Quito puis à Querétaro. À 40 ans, l’ancien patron du couloir droit d’Old Trafford avait officiellement tourné la page. Il la rouvre pourtant, là où personne ne l’attendait : dans la Cheshire Vets League Premier Division, avec Wythenshawe.
De remplaçant de Cristiano Ronaldo à star du foot local
Arrivé à Manchester United en 2009 en provenance de Wigan Athletic pour combler le vide laissé par Cristiano Ronaldo, l’Équatorien s’est imposé comme une figure majeure du club. Ailier supersonique à ses débuts, il s’est mué au fil des saisons en latéral droit fiable, dur au duel, discipliné, jusqu’à porter le brassard de capitaine.
Plus de 330 matchs sous le maillot de United, neuf trophées – dont deux titres de Premier League, une FA Cup et une Europa League –, deux titres de Players’ Player of the Year décernés par ses coéquipiers, une place dans le PFA Team of the Year 2009-2010 : son CV parle pour lui. Sous José Mourinho, il a même incarné l’autorité tranquille d’un vestiaire en pleine transition.
Depuis son départ d’Old Trafford en 2019, Valencia entretenait le lien avec le club à travers des apparitions avec les Manchester United Legends. Désormais, il revient vivre le football autrement, sans quitter la ville qu’il considère comme chez lui. Wythenshawe a officialisé dimanche soir sa signature, offrant à la région nord-ouest une icône de plus à voir de près, sur des pelouses de district.
Wythenshawe, le “Galáctico project” du dimanche
Valencia ne débarque pas dans n’importe quel vestiaire. Wythenshawe Vets est en train de devenir l’équipe dont tout le monde parle dans le football vétéran anglais. Une sorte de “Galácticos” version Sunday league, construite avec une accumulation de noms qui ont marqué la Premier League.
Autour de lui, on retrouve Emile Heskey, ancien international anglais, Danny Drinkwater, champion d’Angleterre avec Leicester, le créatif Stephen Ireland, et une arrière-garde bardée d’expérience avec Joleon Lescott et Nedum Onuoha. Ajoutez-y Marc Albrighton, Jefferson Montero, Cameron Jerome : la feuille de match ressemble à un album Panini des années 2010.
Pour le public local, chaque rencontre de Wythenshawe se transforme en séance de nostalgie à ciel ouvert. Les joueurs qu’ils ont vus à la télévision pendant des années foulent désormais les terrains de quartier, à quelques mètres seulement des barrières.
Une machine à buts qui écrase la ligue
Ce casting n’a rien d’un caprice. Sur le terrain, la différence de niveau est brutale. Wythenshawe Vets affiche un bilan parfait : sept matchs, sept victoires, et une première place confortable en tête de la division. Le chiffre qui résume tout ? Une différence de buts de +54.
Au cœur de cette avalanche offensive, un autre nom bien connu de la Premier League : Papiss Cissé. L’ancien buteur de Newcastle United martyrise les défenses de vétérans. Il a déjà inscrit 19 buts en seulement trois apparitions cette saison, selon talkSPORT. En novembre, il s’est offert un double triplé lors d’un 11-0 infligé à Liverpool South, une démonstration qui a fait le tour des réseaux locaux.
Cette supériorité ne se voit pas qu’en championnat. Wythenshawe a déjà rempli l’armoire à trophées en mars, en décrochant la Lancashire FA Veterans Cup et la Manchester FA Veterans Cup, à chaque fois au terme de victoires prolifiques.
Un nouveau chapitre, la même exigence
Dans ce décor a priori modeste, la présence d’Antonio Valencia prend une saveur particulière. L’ancien capitaine de Manchester United ne vient pas seulement pour le plaisir de taper dans le ballon avec des anciens collègues ou adversaires. Il rejoint un projet déjà lancé pour dominer le circuit vétéran, avec une structure et une ambition qui dépassent largement le cadre habituel du football du dimanche.
Son palmarès fixe d’emblée le standard. Pour les latéraux modernes, ses dix années à Old Trafford restent une référence : puissance, volume, rigueur défensive, capacité à se réinventer. Pour Wythenshawe, c’est un leader de plus, un visage familier pour une ville qui l’a vu grandir sportivement et qui le récupère, presque à domicile.
Le décor a changé, les tribunes sont plus petites, les caméras moins nombreuses. Mais pour les adversaires de la Cheshire Vets League, une certitude demeure : voir Antonio Valencia s’installer sur le côté droit n’a rien d’une bonne nouvelle. Et si le foot du dimanche devenait, à Manchester, le rendez-vous le plus redouté de la semaine ?




