Anthony Gordon impressionne avec le FC Barcelone
Anthony Gordon a frappé fort. L’ailier, arrivé cet été de Newcastle United, a signé un match plein dans le dernier tiers du terrain lors de la large victoire 5-2 du FC Barcelona contre le Rayo Vallecano, lundi soir.
Impliqué dans deux buts, il a d’abord offert une passe décisive à Raphinha avant de provoquer le csc de Florian Lejeune sur un centre tendu qui a semé la panique. Au-delà des chiffres, c’est la sensation de fluidité avec ses nouveaux coéquipiers qui a marqué les esprits. Gordon n’a pas mis longtemps à parler la langue du Barça.
Le chaos de la Premier League, la précision de la Liga
Porté par cette prestation, l’international anglais s’est penché sur la différence de style entre le championnat qu’il vient de quitter et celui qu’il découvre.
« Je ne vais pas nier que la Premier League est incroyablement intense. Le rythme est implacable, il y a des duels physiques partout, des longs dégagements sur les côtés, des corners et beaucoup de contacts. C’est pour ça que beaucoup de joueurs anglais pensent que c’est le meilleur championnat du monde. Ils sont habitués à ce genre de chaos », a-t-il confié, des propos rapportés par SPORT.
Face au Rayo, Gordon a pu mesurer l’écart de culture footballistique. L’équipe madrilène a reculé, densifié l’axe, tenté d’étouffer le Barça. Une approche qu’il connaît déjà, mais avec une nuance majeure.
« Le football en Espagne est différent. Rayo a reculé et essayé de rendre le match difficile, quelque chose que tu vois aussi chez beaucoup d’équipes de milieu de tableau en Premier League. La différence, c’est qu’on ne se contente pas de balancer de longs ballons ou de s’en remettre aux duels aériens », a-t-il expliqué.
Pour lui, la clé réside dans la manière dont le Barça refuse justement ce raccourci.
« On a fait circuler le ballon, Pedri a trouvé des espaces entre les lignes, Lamine et les autres ont créé des supériorités numériques et on les a patiemment désarmés avec notre football », a détaillé l’attaquant.
Ici, une mauvaise touche te punit tout de suite
Gordon insiste sur l’exigence technique du championnat espagnol. Là où l’intensité anglaise peut parfois masquer certaines approximations, la Liga ne pardonne rien.
« En Angleterre, parfois l’intensité peut couvrir les erreurs. Tu peux mal contrôler le ballon et quand même te rattraper en gagnant le duel physique suivant. Ici, un mauvais premier contrôle ou un manque de concentration dans ton placement peut te punir immédiatement. Les espaces sont plus petits, les décisions doivent être plus rapides et tout doit être plus propre », a-t-il souligné.
Son centre qui a forcé Lejeune à marquer contre son camp illustre bien ce propos : un geste précis, au bon tempo, dans une zone où la moindre hésitation se paie cash.
La Liga, un terrain idéal pour sa vitesse
Loin de le freiner, ce cadre plus serré semble au contraire sublimer ses qualités. Gordon est convaincu que le football espagnol met particulièrement en valeur l’une de ses plus grandes armes.
« Ma vitesse devient encore plus efficace ici parce que les mouvements autour de moi créent des opportunités et des espaces, plutôt que tout le monde qui court simplement vers l’avant en ligne droite », a-t-il expliqué.
Il n’en oublie pas pour autant le championnat qui l’a façonné.
« J’ai adoré jouer en Premier League et ça a joué un rôle énorme dans mon développement. Mais le football espagnol demande un niveau différent d’intelligence tactique et technique », a-t-il reconnu, sans chercher à dénigrer ses anciennes couleurs.
Gordon glisse tout de même une réflexion sur la capacité de certaines équipes anglaises à s’adapter à ce registre.
« Certaines équipes de Premier League auraient du mal à jouer ce style de manière constante parce qu’elles n’ont peut-être pas la patience ou la qualité au milieu de terrain qui est nécessaire », a-t-il estimé.
Un constat lucide, posé après une soirée où sa vitesse, sa justesse et sa compréhension du jeu ont donné le ton. Si ce match contre le Rayo n’est qu’un aperçu de ce que Gordon peut offrir dans ce contexte, la Liga vient peut-être de trouver l’un de ses nouveaux hommes forts.




