Anthony Gordon : l'ailier qui vise la finition
Anthony Gordon n’a pas attendu d’avoir 30 ans pour parler comme un cadre. À l’écouter, l’Angleterre qui file vers un quart de finale face à la Norvège ne se construit pas seulement dans la surface, mais aussi loin des projecteurs.
« En dehors du terrain, on se tient mutuellement responsables, c’est vraiment important pour toute équipe qui veut réussir », insiste l’ailier liverpuldien.
Les mots sont simples, le ton, lui, est celui d’un joueur qui sait que le moindre relâchement peut coûter un Mondial.
Sur le terrain, Gordon pèse déjà lourd dans le parcours anglais. Deux passes décisives pour Harry Kane lors du renversement tardif contre la République démocratique du Congo, puis le penalty arraché face au Mexique, encore transformé par le capitaine. Quand le match se tend, son nom revient toujours dans les actions qui comptent.
Mais pour lui, ce n’est pas assez. Pas encore.
Gordon, élève appliqué de Harry Kane
Gordon veut des buts. Les siens. Il le dit sans détour : il se voit en finisseur, pas seulement en pourvoyeur de ballons. « J’adore finir, c’est une grande partie de mon jeu, je veux être un buteur », explique-t-il. On sent presque l’obsession dans sa manière d’en parler.
Il a donc choisi la voie la plus directe : apprendre auprès du meilleur buteur de sa sélection. Harry Kane comme professeur particulier, séances de discussion à répétition, détails techniques disséqués. L’attaquant anglais ne lâche rien, le jeune ailier non plus.
« La seule façon d’arriver vraiment là où je veux être, c’est de m’entraîner chaque jour », insiste Gordon.
Le travail, encore et toujours. Pas de raccourci, pas de miracle. Des répétitions, des frappes, des situations rejouées jusqu’à ce que le geste devienne réflexe.
Le but est clair : libérer la tête le jour J. « Plus tu t’entraînes, plus tu es libre dans ta tête le jour du match », poursuit-il. Ce n’est pas une formule, c’est une méthode. Quand la pression monte, le corps fait ce qu’il a répété mille fois. Sans réfléchir.
Dans l’ombre de Kane, pour mieux sortir de la sienne
Gordon ne cache pas son admiration pour son capitaine. Il l’observe, le décortique presque. « Je parle avec H et j’essaie de prendre autant de connaissances que possible, parce qu’il peut finir des deux pieds, peu importe l’angle, peu importe le contrôle, le ballon finit au fond », détaille-t-il. Tout est là : angles, appuis, premier contrôle, timing de la frappe.
Il ne cherche pas à copier Kane, mais à grappiller, à « prendre un petit quelque chose de lui ». Un déplacement, une manière d’ouvrir le pied, une façon de se rendre disponible dans la surface. Ces détails qui transforment un bon attaquant en poison permanent.
Pour l’instant, ses passes décisives et son penalty provoqué ont suffi à porter l’Angleterre jusqu’aux quarts. La Norvège se dresse désormais sur la route, avec son lot de duels physiques et de ballons à négocier sous pression.
Reste une question, simple et tranchante : après avoir aidé Kane à marquer, quand viendra le moment où Anthony Gordon signera enfin ce match où c’est lui, et lui seul, qui fera basculer l’Angleterre ?




