Angleterre U21 proche de l'histoire après une victoire contre le Kazakhstan
L’Angleterre des moins de 21 ans a tremblé, puis a réagi. À Molineux, les tenants du titre ont frôlé la mauvaise surprise avant de renverser le Kazakhstan pour s’approcher à un souffle de l’Euro 2027. Une victoire 4-2, plus tourmentée que le score ne le laisse croire, qui les laisse aux commandes du groupe D, six points devant la Slovaquie avec deux matches à jouer.
Un nul à Stoke, vendredi prochain contre ces mêmes Slovaques, et le billet pour l’Albanie et la Serbie sera validé. L’histoire, elle, est à portée de main : seuls les Italiens ont déjà réussi le triplé dans cette catégorie, dans les années 90, emmenés par des noms devenus mythiques comme Fabio Cannavaro, Gianluigi Buffon ou Francesco Totti.
Un début de match cauchemardesque
Le décor semblait idéal, la dynamique parfaite, le statut assumé. Puis le Kazakhstan a refroidi tout le monde. À peine trois minutes de jeu, et Artem Litosh profite d’une défense anglaise encore au vestiaire pour ouvrir le score. Les visiteurs, lanterne rouge du groupe, une seule unité prise depuis un an après un succès initial contre Andorre, jouent sans complexe. L’avertissement est brutal.
Lee Carsley avait pourtant prévenu dans la semaine : pas question d’arrogance dans cette campagne de qualification. Son discours prend soudain des allures de prophétie. Ses joueurs vont devoir se battre pour ne pas gâcher un parcours jusque-là presque parfait.
La réaction ne tarde pas. L’Angleterre pousse, multiplie les vagues, et le pressing finit par faire sauter le verrou. Ali Turganov, sous pression, dévie le ballon dans ses propres filets. L’égalisation, un soulagement plus qu’une libération.
Le match se transforme. Josh Acheampong frappe à son tour et donne l’avantage aux Young Lions. On croit alors l’ordre rétabli, la hiérarchie respectée, la soirée remise sur ses rails.
Mais le Kazakhstan refuse de se coucher.
Un bras de fer inattendu
Juste avant la pause, Saif Popov surgit et ramène les siens à hauteur. 2-2 à la mi-temps. Les regards se croisent, incrédules. Les tenants du titre, qui dominent leur groupe et n’ont laissé filer que deux points depuis le début des qualifications, se retrouvent embarqués dans un combat qu’ils n’avaient sans doute pas imaginé aussi rude.
Au retour des vestiaires, l’Angleterre doit se réorganiser, serrer les rangs. James Beadle, solide dans le but, se montre décisif face à Popov alors que le Kazakhstan, porté par ce score inattendu, ose rêver d’un exploit. Le gardien, noté parmi les meilleurs par les supporters, tient son rôle de garant du statut.
La pression finit par peser sur les épaules kazakhes. Max Alleyne trouve la faille et redonne l’avantage aux Anglais. Cette fois, le champion en titre se comporte comme tel : plus agressif, plus tranchant, plus mature dans la gestion.
Un héros pour une première
Il manquait pourtant un dernier geste pour sceller la soirée. Il viendra d’un débutant. Pour sa première avec les moins de 21 ans, Will Lankshear s’offre le luxe de tuer le suspense. Son but, en fin de rencontre, porte le score à 4-2 et fait exploser Molineux. Une entrée remarquée, validée par une évaluation étincelante des supporters, la plus haute de la rencontre.
Lankshear n’est pas le seul à sortir grandi de cette soirée. Jobe Bellingham, Josh Acheampong, Archie Gray, tous notés très haut, incarnent cette génération qui refuse de se contenter de ce qu’elle a déjà gagné. Le talent est là, la profondeur aussi. Mais cette rencontre rappelle une vérité simple : même pour un champion, rien n’est donné.
Une marche de plus vers le triplé
Au coup de sifflet final, le tableau est clair : l’Angleterre reste largement en tête, n’a toujours concédé qu’un nul dans cette campagne, et garde le triplé en ligne de mire. Les chiffres sont implacables, la trajectoire aussi. Mais ce 4-2, arraché après avoir été menée et rejointe, raconte autre chose qu’une simple formalité de plus dans un groupe abordable.
Il raconte une équipe capable de vaciller, mais surtout de répondre. Capable de se faire bousculer par le dernier du groupe, mais aussi de rappeler, au moment clé, pourquoi elle porte l’étiquette de championne d’Europe.
Vendredi, à Stoke, un simple point suffira. La question n’est plus seulement de savoir si l’Angleterre ira à l’Euro 2027. Elle est de savoir jusqu’où cette génération est prête à repousser ses propres limites pour s’asseoir, à son tour, à la table de l’histoire.



