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Angleterre sous pression : Mondial 2026, Ben Stokes et Hamilton en forme

Le week-end s’ouvre avec un sentiment familier pour le sport anglais : tout peut basculer en quarante-huit heures. Entre une sélection nationale sous pression au Mondial 2026, un capitaine de cricket en quête de rédemption et un septuple champion du monde relancé au volant d’une Ferrari, le programme ne laisse aucun répit.

Mondial 2026 : l’Angleterre joue gros

Dès l’aube, le fil d’actualité se cale sur l’obsession du moment : cette Coupe du monde à 48 équipes qui entre dans sa dernière ligne droite en phase de groupes. L’Angleterre de Thomas Tuchel arrive à son dernier match du Groupe L avec un mélange d’espoir et de crispation. Le nul 0-0 face au Ghana a laissé des traces. Pas seulement au tableau d’affichage, mais dans le discours public, qui a aussitôt ciblé un manque criant de tranchant offensif.

Ce contraste est brutal. Quelques jours plus tôt, le 4-2 infligé à la Croatie avait fait naître l’illusion d’une équipe enfin mûre, capable d’assembler talent, autorité et sang-froid, comme si six décennies de frustrations pouvaient d’un coup s’évaporer. Puis le Ghana a ramené tout le monde sur terre, réveillant les vieux démons des tournois majeurs : domination stérile, occasions dilapidées, crispation dans les trente derniers mètres.

Face à Panama, déjà éliminé, l’équation paraît simple : gagner pour viser la première place du groupe. Sur le papier seulement. Dans la réalité, chaque minute sans but fera monter la pression sur les épaules des Three Lions, déjà scrutés à la loupe après le 0-0 précédent. La nuit à East Rutherford, New Jersey, s’annonce lourde, électrique, presque judiciaire pour une équipe sommée de prouver qu’elle ne se contente plus de promesses.

En parallèle, l’autre affiche du Groupe L, Croatie – Ghana, se joue sur un fil. Les deux sélections tiennent leur destin entre leurs mains. Le Ghana, deuxième à égalité de points avec l’Angleterre, peut valider sa qualification avec un nul. La Croatie, un point derrière mais déjà assurée de finir au pire troisième après sa victoire sur Panama, vise au minimum ce rang, qui pourrait suffire à décrocher l’un des huit billets réservés aux meilleurs troisièmes. Pas question de calculer : un faux pas, et l’aventure peut s’arrêter net.

Cricket : Ben Stokes sous le feu

À Trent Bridge, l’enjeu change de forme mais pas d’intensité. Troisième jour du troisième Test décisif entre l’Angleterre et la Nouvelle-Zélande, et un nom domine la scène : Ben Stokes. Son retour au plus haut niveau, sous une chaleur écrasante, se joue autant sur la pelouse que dans les têtes.

Le capitaine anglais revient après un épisode extra-sportif dans un nightclub londonien, qui lui a valu, ainsi qu’au rapide Gus Atkinson, un avertissement écrit pour conduite inappropriée, tout en étant blanchi de toute faute dans une altercation avec un joueur de Saracens. Pendant son absence, l’Angleterre a pris l’eau à l’Oval. Le message est clair : il doit remettre l’équipe sur les rails, et vite.

À Nottingham, l’atmosphère est dense, presque étouffante. Le Test décisif, la chaleur, le poids du brassard, tout converge vers Stokes. Chaque décision tactique, chaque coup de batte sera disséqué. Le cricket anglais, souvent attaché à ses récits de capitaines héroïques ou débordés, tient peut-être là un nouveau chapitre.

Formule 1 : Hamilton relancé, l’Autriche en juge de paix

Au Red Bull Ring, un autre vétéran redéfinit son histoire. Lewis Hamilton arrive en Autriche avec un statut retrouvé : celui d’un candidat crédible au titre. Sa victoire en Espagne, la première avec Ferrari, a mis fin à une interminable disette de 686 jours sans succès en course principale. Une éternité pour un pilote de son calibre, encore plus douloureuse après une première saison en rouge sans le moindre podium.

Le décor a changé. Hamilton pointe désormais au deuxième rang du championnat, à 41 points de Kimi Antonelli, 19 ans, prodige de Mercedes. Le duel a quelque chose de symbolique : l’icône qui refuse de s’effacer face au nouveau visage de la discipline. Les qualifications en Autriche prennent alors des allures de test de vérité. Si Hamilton confirme, la lutte pour le titre s’embrase pour de bon. S’il cale, Antonelli peut creuser un écart qui commencera à ressembler à un matelas.

Dimanche, la course prolongera ce bras de fer. McLaren, qui avait signé un doublé ici même la saison passée avant de filer vers les deux titres, n’est plus dans les mêmes hauteurs. Troisièmes au classement constructeurs, relégués à 121 points de Mercedes après sept manches, les hommes en orange vivent une saison en dents de scie. Oscar Piastri a alterné forfaits sur la grille (en Australie et en Chine) et podiums éclatants (deuxième au Japon, troisième à Miami). Lando Norris, champion en titre et vainqueur à Spielberg l’an dernier, reste dans le coup avec un deuxième rang à Miami et une troisième place à Barcelone. Mais le ton a changé : McLaren ne dicte plus le tempo, elle le suit.

T20 féminin : l’Angleterre déroule, l’Australie peut frapper fort

Au cricket féminin, l’Angleterre a choisi la voie directe. À Lord’s, Danni Wyatt-Hodge a frappé un grand coup : 65 points en 42 balles, huit fours, et une victoire de 38 runs contre les West Indies. Quatre succès en quatre matches, 186 pour sept au tableau, puis une qualification en demi-finales validée avec, cerise sur le gâteau, la première place du Groupe B. Résultat : l’assurance d’éviter en demies les reines de la discipline, l’Australie, sextuples championnes du monde T20 et leaders du Groupe A.

Le dernier match de poule contre la Nouvelle-Zélande, à l’Oval, devient presque un luxe : l’occasion d’ajuster les derniers détails avant les rencontres à élimination directe, sans la menace immédiate du rouleau compresseur australien.

Justement, l’Australie retrouve l’Inde à Lord’s pour un choc qui pèse lourd. L’équipe de Sophie Molineux a un pied en demi-finales et peut, en cas de victoire, pousser l’Inde vers la sortie. En face, Harmanpreet Kaur et les siennes jouent leur survie. Un succès contre leurs grandes rivales leur offrirait très probablement un sursis, en doublant l’Afrique du Sud pour arracher la deuxième place du groupe. Une affiche qui dépasse le simple cadre d’un match de poule : c’est une rivalité, une histoire, presque une habitude de grandes soirées.

Mondial 2026 : la nuit des comptes

Dans la nuit de samedi à dimanche, la phase de groupes du Mondial à 48 équipes se referme. Dernier tour de piste pour le Groupe K avec Colombie – Portugal et République démocratique du Congo – Ouzbékistan, pendant que le Groupe J livre ses ultimes verdicts avec Algérie – Autriche et un certain Argentine – Jordanie, sous le regard toujours magnétique de Lionel Messi.

Dimanche, le fil d’actualité suivra les répercussions du dernier match de groupe de l’Angleterre et se tournera déjà vers la suite : le début des matches à élimination directe. Co-organisateur du tournoi, le Canada quitte son confort domestique pour rejoindre Los Angeles, où l’attend l’Afrique du Sud en huitièmes de finale. Les Canadiens ont terminé deuxièmes du Groupe B, les Sud-Africains ont arraché la deuxième place du Groupe A grâce à une victoire cruciale contre la Corée du Sud.

Ce duel a tout d’un révélateur. Deux équipes qui découvrent ensemble les frissons de la phase à élimination directe, deux projets en construction, un seul billet pour les huitièmes. Jesse Marsch et ses joueurs savent qu’ils tiennent une opportunité rare d’emmener tout un pays un peu plus loin dans son propre Mondial. Mais Bafana Bafana n’a jamais aimé le rôle de figurant.

Entre l’Angleterre qui cherche à dompter ses démons, Hamilton qui refuse de laisser le temps décider pour lui, et ces nations qui s’installent peu à peu à la table des grands, une question traverse le week-end : qui, au moment du bilan, aura vraiment su transformer la pression en élan ?