Au Santiago Bernabéu, le plan de jeu a été limpide : Real Madrid a monopolisé le ballon (77 % de possession) dans un 4-2-3-1 très haut, tandis que Getafe a assumé un 5-4-1 de bloc bas et transitions. Cette domination madrilène est restée largement stérile : malgré une circulation propre (606 passes complétées sur 675, 90 %), elle s’est heurtée à une structure défensive compacte. Getafe, avec seulement 23 % de possession et 200 passes tentées (64 % réussies), a dicté le scénario en acceptant de subir pour frapper sur peu de situations, transformant sa faible présence offensive en avantage décisif.
Mécanismes offensifs & lecture de l’xG
Offensivement, Real Madrid a construit un volume important : 18 tirs dont 7 cadrés, 15 frappes dans la surface et 10 corners, signe d’un siège prolongé de la surface adverse. L’xG de 1,91 illustre une capacité à générer des occasions correctes, mais la finition a été défaillante, surtout face à un David Soria auteur de 7 arrêts. Les 4 tirs madrilènes contrés témoignent aussi de la densité de Getafe dans sa surface, souvent en situation de blocage d’urgence.
Getafe n’a tiré que 9 fois (3 cadrés), pour un xG de 0,49 : volume réduit mais séquences mieux optimisées, avec des attaques rapides depuis le milieu (Mauro Arambarri impliqué dans la passe décisive) et des projections ciblées de Martín Satriano et Luis Vázquez. Les 2 corners obtenus reflètent un jeu de transition plus que de siège. L’écart xG/but souligne un Real sous-performant par rapport au modèle, quand Getafe fait preuve d’un réalisme clinique en convertissant un faible capital offensif.
Intensité défensive & gestion de match
Défensivement, la clé de Getafe a été l’agressivité contrôlée : 17 fautes, 6 jaunes et une expulsion très tardive d’Adrian Liso (90+7, pour gain de temps) montrent un choix assumé de casser le rythme et protéger le bloc. Les 4 tirs madrilènes contrés s’ajoutent à ce tableau d’une défense prête au sacrifice. Real Madrid, avec 11 fautes et 4 jaunes, a fini par perdre ses nerfs : carton rouge pour Franco Mastantuono à 90+5 sur contestation, après des avertissements pour Aurélien Tchouaméni et Vinicius Júnior dans le temps additionnel, signe d’un basculement émotionnel plus que tactique. Courtois n’a eu que 2 arrêts à effectuer, ce qui confirme que le danger de Getafe a été rare mais mieux exploité.
Le bloc bas discipliné et le réalisme de Getafe ont pris le dessus sur la domination de possession mais l’inefficacité dans les deux surfaces de Real Madrid. Le plan de contre et de gestion des fautes de Getafe a parfaitement neutralisé un volume offensif madrilène important mais trop peu tranchant.





