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Alexander Blessin et la victoire fondatrice à domicile

Alexander Blessin, victoire fondatrice à domicile, regard déjà tourné vers Karlsruhe

Le football aime les histoires qui bouclent la boucle. Vendredi soir, à la MHPArena, Alexander Blessin a vécu la sienne. Né à Stuttgart, revenu en Souabe comme entraîneur de Borussia Mönchengladbach, il a décroché là, dans sa ville, sa première victoire en Bundesliga à la tête des Fohlen. Un succès 3-2 renversant face à VfB Stuttgart, le tout sous les yeux de sa famille.

Mais la scène n’avait rien d’une carte postale sentimentale.

Gladbach arrivait avec un fardeau lourd : six défaites de rang en championnat, une série qui plombait l’atmosphère autour du club. Blessin n’avait dirigé que deux de ces rencontres, mais il en sentait déjà le poids. L’équipe doutait, le club glissait, la saison menaçait de se dérober dès octobre.

Vendredi, la spirale a enfin cédé.

Mené mais pas résigné, Gladbach a trouvé les ressources pour retourner Stuttgart chez lui et arracher une victoire qui change l’air, le vestiaire, le regard sur les jours à venir. Au coup de sifflet final, Blessin n’a pas filé directement au vestiaire. Il a grimpé dans les tribunes, rejoint les siens, pris le temps d’un moment de famille dans un stade qu’il connaît par cœur.

La question est tombée naturellement en conférence de presse : ce premier succès, ici, dans sa ville natale, qu’est-ce que ça représentait pour lui ?

Sa réponse a tranché avec le décor chargé d’émotion. Il a parlé du groupe, de ces six matches sans victoire, de cette morosité qui s’était installée. Il a insisté : l’important, ce sont les trois points, pas le lieu où ils sont pris. Le cadre était parfait pour une histoire personnelle, Blessin l’a ramenée au collectif.

Un répit, pas une délivrance

Ce 3-2 évite à Gladbach une humiliation historique : devenir la première équipe de Bundesliga à perdre ses sept premiers matches de championnat. La statistique dit tout du danger frôlé. Elle dit aussi la fragilité du moment : malgré ce succès, le club reste scotché à la dernière place du classement.

La victoire ne gomme pas tout. Elle offre un socle. Rien de plus.

L’euphorie, si elle a existé, a été vite recadrée. Un journaliste a tenté de projeter Blessin dans un court moment de répit : une nuit chez lui, un peu de temps avec la famille, l’occasion de souffler après ce premier tournant positif.

La réponse a été sèche, presque amusée : mardi, Gladbach joue en DFB-Pokal à l’extérieur, sur la pelouse de Karlsruher SC. Pas de parenthèse, pas de mini-vacances. Le coach a rappelé le calendrier comme on rappelle une évidence : la saison ne laisse pas de place à la nostalgie.

Le programme est clair. L’équipe passe la nuit à Stuttgart, rentre le lendemain, et enchaîne immédiatement. Aucun jour off. Trois jours pour préparer Karlsruhe, pas un de plus. Blessin l’a martelé : pour reproduire ce type de performance, il faut une préparation propre, rigoureuse, sans interruption.

Sentiments rangés, urgence maintenue

La symbolique était forte : première victoire avec Gladbach, en Bundesliga, dans sa ville natale, entouré de sa famille. Beaucoup auraient parlé de destin, de signe. Blessin, lui, a refermé le chapitre émotionnel presque aussitôt qu’il s’était ouvert.

À 53 ans, il sait que ce succès ne masque ni la position au classement ni la pression qui entoure son début de mandat. Il sait aussi que cette équipe, encore dernière, doit confirmer dès mardi pour transformer un sursaut en véritable redressement.

Le coach a donc choisi sa ligne : la tête froide, les pieds sur le terrain, loin des récits romantiques. La victoire à Stuttgart restera comme une image forte. La question, désormais, est simple : servira-t-elle de point de départ à la remontée de Gladbach, ou restera-t-elle comme une parenthèse dans une saison sous tension ?