Afrique du Sud – Nicaragua : un nul inquiétant avant le Mondial 2026
L’Afrique du Sud cherchait des certitudes. Elle repart avec des doutes. À quelques jours de son entrée en lice en Coupe du monde 2026, la Bafana Bafana a buté sur un Nicaragua courageux, accrocheur, porté par un gardien en état de grâce : Adonis Pineda. Score final : 0-0, et un parfum d’occasion manquée.
Une supériorité nette… mais stérile
Dès le coup d’envoi à l’Orlando Amstel Arena, le décor est clair : l’Afrique du Sud prend le ballon, Nicaragua recule. Les hommes de la Bafana Bafana installent leur jeu, écartent sur les côtés, surtout à droite, et tentent d’étirer le bloc adverse.
À la 16e minute, première alerte sérieuse : Kamogelo Sebelebele déborde, centre, Themba Zwane se jette… et manque le cadre. Le ton est donné. L’Afrique du Sud ouvre des brèches, mais ne sait pas les exploiter.
Sur coup franc, un peu plus tard, Toremi (outré par la situation, sans doute) expédie le ballon dans les nuages. Les occasions s’enchaînent, la finition fait défaut. Nicaragua, de son côté, se contente de quelques frappes lointaines, notamment par Raheem Cole et Jonathan Moncada, toutes largement au-dessus ou à côté.
La scène clé du premier acte arrive juste avant la pause. À la 42e minute, Sebelebele s’écroule dans la surface. Le penalty est accordé, malgré des protestations nicaraguayennes nourries et l’impression d’une simulation évidente. L’Afrique du Sud tient alors l’occasion rêvée de débloquer un match qu’elle domine. Lyle Foster s’avance. Course d’élan hésitante, frappe… sur le poteau. À 0-0, les joueurs sud-africains rentrent au vestiaire le visage fermé. Nicaragua, lui, s’accroche à ce nul comme à un exploit en construction.
Pineda ferme tout
Le deuxième acte change de rythme. Pas de scénario, toujours le même décor, mais un nouvel acteur principal : Oswin Appollis.
Entré à la pause avec Thapelo Maseko, Iqraam Rayners, Relebohile Mofokeng et le gardien Sipho Chaine, l’ailier d’Orlando Pirates dynamite immédiatement le côté sud-africain. En sept minutes, il fait plus de dégâts que tout le front offensif en première période. Dribbles, accélérations, centres tendus : Nicaragua recule encore d’un cran.
Mais devant, il y a Adonis Pineda. À la 49e minute, il capte deux occasions coup sur coup. À la 54e, un tir dévié manque de le lober, il s’en sort encore. À la 61e, Maseko repique et enroule, le gardien repousse. À la 81e, il signe une double parade spectaculaire, d’abord sur une tête déviée, puis sur le rebond. À chaque fois, même constat : c’est lui qui tient le 0-0.
Entre ces temps forts, le match se délite. Autour de la 75e minute, la rencontre s’enlise dans une sorte de grisaille. Le rythme tombe, les espaces se ferment, l’Afrique du Sud bute sur un mur compact. Mofokeng tente de loin, sans conviction. Les changements se succèdent côté sud-africain – Bradley Cross, Jayden Adams, Nkosinathi Sibisi entrent en jeu – sans infléchir la physionomie.
Dans les arrêts de jeu, la Bafana Bafana pousse encore, presque par orgueil. Six minutes supplémentaires sont annoncées. Elles ne suffiront pas. Le coup de sifflet final tombe à 0-0, comme une sentence.
Nicaragua tient son résultat historique
Nicaragua ne verra pas la Coupe du monde 2026. Mais cette soirée restera comme une référence pour une sélection souvent balayée sur la scène internationale. Défensivement disciplinée, rarement dangereuse offensivement, elle a su se serrer autour de son gardien pour arracher un nul qui compte dans son histoire.
Pineda, lui, signe le genre de match qui marque une carrière : interventions aériennes, arrêts décisifs, gestion du temps. Il a tenu, parfois vacillant, mais jamais cédant.
Alerte rouge pour la Bafana Bafana ?
Pour l’Afrique du Sud, le constat est plus brutal. Techniquement supérieure, plus rapide, plus physique, la Bafana Bafana a dominé sans concrétiser. Elle a tout eu : le ballon, les couloirs, un penalty, des situations à répétition. Elle repart sans but, sans victoire, et avec un sérieux avertissement.
Dans quelques jours, le niveau montera d’un cran. En phase de groupes du Mondial, l’Afrique du Sud affrontera le Mexique, Czechia et la Corée du Sud. Des adversaires d’un tout autre calibre que Nicaragua, capables de punir la moindre approximation et de ne pas laisser autant d’occasions.
Ce 0-0 n’est pas un drame. Mais il pose une question simple, implacable : avec une telle inefficacité, jusqu’où cette équipe peut-elle réellement aller en Coupe du monde ?



