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Adam Guram : la prochaine étoile du football

À 17 ans, Adam Guram n’a pas encore bouclé une saison entière chez les pros avec Hajduk Split. Pourtant, son nom circule déjà dans les bureaux d’Arsenal et de Chelsea. Dans l’ombre de ce frémissement de marché, un homme connaît mieux que quiconque la trajectoire fragile de ces talents précoces : l’agent Vadym Shablii, qui accompagne déjà Vitalii Mykolenko à Everton et Yehor Yarmolyuk à Brentford.

Guram, la prochaine vague

Pourquoi un adolescent à peine sorti de l’académie attire-t-il déjà « certains des plus grands clubs du monde » ? Shablii ne parle pas de hype, mais de fond.

Les recruteurs, assure-t-il, voient d’abord un potentiel brut. Guram est « très jeune », mais possède déjà une vraie lecture du jeu, une base technique solide et, surtout, une attitude de travail jugée exemplaire. Il veut apprendre, encore et encore. C’est là que les clubs de Premier League accrochent : un joueur malléable, ambitieux, déjà assez mûr pour comprendre ce qu’exige le très haut niveau.

Mais l’agent freine immédiatement toute tentation de brûler les étapes. Oui, le talent est là. Non, la route n’est pas tracée d’avance. Pour lui, la clé est simple : ne pas se précipiter, laisser le joueur franchir les paliers « étape par étape ». Le discours est clair : l’obsession n’est pas le prestige de la destination, mais le rythme de la progression.

Le symbole est fort : Guram a déjà fait ses débuts avec l’équipe première de Hajduk Split à 17 ans. Un signal, selon Shablii, de sa préparation mentale au football senior, bien au-delà du simple talent de jeune prodige.

Le métier d’agent, entre boussole et pare-chocs

Avec un joueur aussi jeune, le rôle de l’agent change de dimension. Il ne s’agit plus seulement de négocier des contrats. Il faut aussi amortir les chocs.

Premier contrat professionnel, premiers intérêts de grands clubs, premières sollicitations médiatiques : le cocktail peut faire exploser une carrière avant même qu’elle ne commence. Shablii insiste sur un point : ces joueurs doivent être entourés de personnes en qui ils ont une confiance totale, capables de leur donner des conseils honnêtes, parfois durs, mais justes.

Il parle de « responsabilité », pas de pression. Son travail consiste à réunir toutes les informations, analyser chaque scénario, et présenter au joueur une vision claire. La décision finale, elle, se prend toujours « avec le joueur et sa famille ». Pas question de dicter, encore moins d’imposer. Il s’agit de guider.

Grand club ou temps de jeu : le vrai choix

Pour un profil comme Guram, une question revient sans cesse : faut-il foncer dans l’académie d’un géant européen ou s’endurcir en équipe première dans un environnement plus modeste ?

Shablii refuse les recettes toutes faites. Chaque cas est différent, dépendant du caractère, du contexte, de la maturité. Il cite l’exemple de Yehor Yarmolyuk. Avant d’intégrer durablement le groupe de Brentford en Premier League, le milieu ukrainien est passé par le projet Brentford B, ce laboratoire unique où les jeunes se frottent à des équipes seniors en matches amicaux, dans un cadre très exigeant physiquement.

Pour certains, la structure ultra compétitive et les installations d’un top club représentent le tremplin idéal. Pour d’autres, rien ne vaut le fait de jouer chaque week-end, de sentir la pression d’un vestiaire professionnel, de se confronter au réel. Pour Shablii, un seul critère surplombe tous les autres : l’environnement. Le bon club, c’est celui qui garantit du temps de jeu régulier et un cadre propice au développement.

Le piège doré des contrats XXL

Chelsea a popularisé ces dernières saisons les contrats très longs, parfois jusqu’à huit ans, pour sécuriser ses jeunes cibles. Un rêve sur le papier pour un adolescent ? Pas forcément.

Shablii reconnaît l’attrait évident d’un tel engagement. Un contrat longue durée avec un géant européen signifie que le club croit fort au joueur et est prêt à investir sur lui. Mais il refuse d’en faire le critère numéro un.

La longueur du contrat ne doit jamais masquer l’essentiel : quel rôle le club envisage-t-il pour le joueur ? Quelles perspectives de progression ? Combien de minutes sur le terrain, à court et moyen terme ? Sans réponses claires à ces questions, la durée devient presque secondaire, voire trompeuse.

Yarmolyuk, la preuve par l’exemple

Pour illustrer cette philosophie, Shablii revient sur le parcours de Yarmolyuk. Arrivé très jeune en Angleterre, l’Ukrainien a dû tout réapprendre : un nouveau pays, une nouvelle langue, un football plus rapide, plus dur. L’agent raconte avoir beaucoup échangé avec lui, notamment pour l’aider à gérer tout ce qui entoure le terrain, afin de le libérer mentalement pour l’essentiel : jouer.

Le milieu a avancé « pas à pas ». Brentford B pour commencer, puis des séances avec le groupe pro, avant de s’imposer progressivement comme une pièce importante d’une équipe de Premier League. Une trajectoire patiente, construite, loin des feux d’artifice immédiats.

La leçon qu’en tire Shablii est nette : un jeune joueur ne doit pas se précipiter. Il doit trouver un club qui sait travailler avec les jeunes, accepter le processus, et se donner chaque jour les moyens de progresser.

Mykolenko, la stabilité comme récompense

À l’autre bout du spectre, Vitalii Mykolenko incarne le joueur déjà installé. Le latéral gauche vient de prolonger avec Everton. Un choix qui n’a pas été pris à la légère, même si l’issue semblait logique.

Le défenseur connaît parfaitement le club, la Premier League, le contexte. Il s’y sent bien. Avant de signer, Shablii et son camp voulaient être certains d’une chose : que le club compte réellement sur lui et l’intègre dans son projet à long terme. Une fois cette garantie obtenue, la continuité s’est imposée comme la meilleure option pour toutes les parties.

Le poids de la Premier League

Derrière ces trajectoires individuelles, une réalité s’impose : la Premier League règne sur le marché. Les budgets des clubs anglais écrasent la concurrence et attirent toujours plus de talents.

Pour les joueurs, c’est une chance. Se mesurer chaque semaine à l’une des ligues les plus fortes et les plus intenses du monde, bénéficier d’infrastructures de pointe, évoluer sous une exposition maximale : le package est irrésistible.

Shablii ne nie pas ce pouvoir d’attraction, ni l’avantage financier que cela procure aux clubs anglais. Il y voit le fruit d’un travail de fond : celui des clubs, de la ligue, et d’un intérêt mondial pour le football anglais.

Mais il pose aussi une condition : pour le bien du football, un certain équilibre doit subsister. Une concurrence saine entre ligues et clubs rend le jeu plus intéressant, plus imprévisible, donc plus fort.

Au milieu de ce paysage dominé par la Premier League, des garçons comme Adam Guram se retrouvent à la croisée des chemins. Entre promesses de grandeur et nécessité de grandir au bon rythme, une question domine : choisiront-ils le plus grand blason… ou le meilleur chemin ?

Adam Guram : la prochaine étoile du football