Abdul Abdulmalik : la pépite de Boreham Wood prête pour le défi
Boreham Wood tient peut-être entre ses mains l’un des dossiers les plus brûlants du football anglais hors ligues professionnelles. Et le club refuse de lâcher prise.
L’attaquant Abdul Abdulmalik, 23 ans, affirme qu’il est « capable d’atteindre le très haut niveau » après avoir vu son club rejeter une offre de 1,5 million de livres en provenance de Djurgarden. Le club suédois, pensionnaire de l’élite, était déjà revenu à la charge après une première proposition d’1 million de livres repoussée plus tôt dans le mois. La réponse de Boreham Wood n’a pas changé : non.
Samedi, le contexte s’est encore tendu. Lors de la victoire 3-0 contre Forest Green, Abdulmalik n’était même pas dans le groupe. Interrogé, l’entraîneur Luke Garrard a tranché : « il est notre joueur ». Un message clair, presque fermé, à l’adresse de Djurgarden comme du joueur.
Face à ce blocage, la voix d’Abdulmalik s’est faite entendre via un communiqué diffusé par son agent. Il y remercie d’abord le club et son environnement : « Tout le monde à Boreham Wood FC et les incroyables supporters ont joué un rôle immense dans mon parcours. Vous aurez toujours mon respect. » Puis le ton change, plus frontal, plus personnel : « Avec cela dit, je suis prêt pour le prochain défi. Je suis prêt à me prouver à moi-même et à ceux qui m’entourent que je suis capable d’atteindre le top. »
Cette confiance ne sort pas de nulle part. L’attaquant sort d’une saison 2025-2026 de rupture : 17 buts, 10 passes décisives, et une campagne de play-offs de National League menée jusqu’en finale. À Wembley, il marque et délivre une passe décisive. Son nom sort alors du cadre discret du cinquième échelon anglais pour entrer dans les carnets de recruteurs bien au-delà des frontières.
L’offre de Djurgarden, elle, n’a rien d’anodin. À 1,5 million de livres, elle aurait battu le record pour un joueur de cinquième division anglaise, détenu depuis 2012 lorsque Leicester avait déboursé 1 million pour arracher Jamie Vardy à Fleetwood Town. Boreham Wood a tout de même décidé de s’y opposer.
Pour Abdulmalik, c’est un tournant de carrière. « Grâce à un travail acharné et à de la persévérance, l’opportunité de progresser s’est présentée, explique-t-il. C’est ma chance de me pousser en tant que footballeur, d’élever mon jeu et, surtout, de tenir la promesse faite à ceux qui m’entourent. »
La suite de son message sonne comme un plaidoyer pour tous les talents coincés dans l’ombre de la National League : « Des opportunités comme celle-ci sont rares, surtout dans la National League où certains des joueurs les plus travailleurs sont ignorés. Le football change en permanence et les décisions se prennent vite. Il n’y a aucune garantie que les mêmes chances se représentent. J’ai une dette envers moi-même et envers les gamins qui grandissent comme moi : je dois me battre pour cette opportunité qu’on m’a offerte. »
Derrière cette détermination, il y a un parcours déjà cabossé. Formé à Millwall, Abdulmalik gravit tous les échelons de l’académie, jusqu’à représenter l’Angleterre chez les moins de 17 ans. Avec les Under-21s du club londonien, il enchaîne les succès, remportant deux fois de suite le Professional Development League South en 2022-2023 puis 2023-2024. Tout semblait tracé.
Mais la porte de l’équipe première ne s’ouvre jamais vraiment. En 2024, Millwall le libère. Sans indemnité, sans garantie. Boreham Wood le récupère alors libre, pari discret sur un jeune attaquant en quête de minutes. Deux ans plus tard, ce pari vaut potentiellement un record de transfert.
Le club, lui, se mure pour l’instant dans le silence. Contacté, Boreham Wood n’a pas encore réagi officiellement à la prise de position publique de son joueur.
Reste une question, brutale : combien de temps encore pourront-ils retenir un attaquant qui se voit déjà frapper à la porte du très haut niveau ?




