Wayne Rooney critique l'absence de Trent Alexander-Arnold
Wayne Rooney ne comprend pas. Et il le dit sans détour.
Pour l’ancien capitaine de l’Angleterre, voir Trent Alexander-Arnold écarté une nouvelle fois par Thomas Tuchel avant la liste pour la Coupe du monde relève du « mind-boggling », de l’incompréhensible. Le latéral de Real Madrid a retrouvé sa place en club depuis janvier après une blessure à la cuisse, enchaîne les matches, mais reste invisible aux yeux du sélectionneur.
Pendant que lui regarde les matches à la télévision, d’autres occupent la scène. En mars, face à l’Uruguay puis au Japon, c’est Ben White qui a démarré côté droit. Le joueur d’Arsenal a même ouvert le score dans le nul 1-1 contre les Uruguayens. Reece James, blessé, manquait à l’appel. L’occasion semblait rêvée pour rappeler Alexander-Arnold. Tuchel a choisi une autre voie.
Sur le Wayne Rooney Podcast, l’ancien attaquant ne mâche pas ses mots : il respecte Ben White, qu’il qualifie de « fantastique joueur », mais ne comprend pas comment le Gunner peut être dans le groupe et titulaire alors que le Madrilène reste à la maison. Dans la pré-liste de 35 joueurs pour les derniers matches amicaux à domicile avant le Mondial, les noms de Tino Livramento, Djed Spence et Ezri Konsa apparaissent. Pas celui d’Alexander-Arnold.
Le constat est brutal : l’ex-joueur de Liverpool n’a plus porté le maillot de l’Angleterre depuis une entrée en jeu en qualifications de Coupe du monde contre Andorre, en juin dernier. Quatre listes consécutives sans lui. Pour un joueur longtemps présenté comme l’un des symboles de la nouvelle génération anglaise, le déclassement est violent.
Face à cette mise à l’écart, une autre voix s’élève, plus mesurée mais tout aussi claire. Phil Jagielka, ancien coéquipier de Rooney à Everton, estime que Trent doit être du voyage pour la Coupe du monde au Canada, au Mexique et aux États-Unis. Selon lui, une grande nation ne peut pas se priver de ses meilleurs joueurs. S’il retrouve ne serait-ce que la moitié du niveau affiché durant ses meilleures années à Liverpool, il mérite une place dans l’avion. Dans son esprit, si Reece James est apte, il débute au poste de latéral droit. Mais Alexander-Arnold doit être là derrière lui, prêt à entrer.
Rooney, lui aussi, placerait James en titulaire sur le flanc droit cet été. Un choix assumé, même s’il le qualifie d’« peu fiable » comme latéral. Il pointe un paradoxe : aucun des candidats au poste ne brille avant tout par ses qualités défensives. Chez James comme chez les autres, la solidité pure n’est pas le premier argument. Pourtant, c’est bien ce que réclame l’ancien capitaine.
Car le débat ne s’arrête pas au côté droit. À gauche, la hiérarchie semble tout aussi ouverte. Nico O’Reilly (Manchester City) et Lewis Hall (Newcastle) se détachent dans les projections autour du onze de départ de Tuchel. O’Reilly sort d’une saison pleine sous les ordres de Pep Guardiola : 50 matches, 9 buts, 6 passes décisives, une influence marquée dans le jeu. Hall, lui, s’est imposé comme l’un des rares motifs de satisfaction d’une saison frustrante pour Newcastle, avec 44 apparitions et un rôle important dans le parcours jusqu’en huitièmes de finale de la Ligue des champions.
Jagielka ne cache pas son admiration pour O’Reilly, capable d’évoluer plus haut sur le terrain. Il aime le voir jouer, apprécie sa qualité de ballon. Mais il souligne aussi ses limites actuelles : positionné la plupart du temps dans un rôle offensif à City, le jeune joueur se fait encore surprendre défensivement. Il n’est presque jamais utilisé comme latéral gauche en club, un détail qui prend du poids au moment de parler d’un poste aussi exposé en sélection. Entre lui et Hall, tranche Jagielka, l’écart est infime. À cet instant, il pencherait pour O’Reilly, mais reconnaît que la décision se joue à presque rien.
Rooney, lui, regarde ailleurs. Plutôt que de miser sur la fougue d’un jeune latéral offensif, il revient à une valeur sûre : Luke Shaw. Le joueur de Manchester United, titulaire à l’Euro 2020 et à la Coupe du monde 2022, reste à ses yeux la référence. Son argument est simple : l’Angleterre n’a pas besoin que ses latéraux soient les plus spectaculaires en attaque. Elle a besoin qu’ils défendent, qu’ils assurent l’équilibre, qu’ils laissent les artistes plus hauts sur le terrain faire basculer les matches.
Dans cette logique, Shaw n’a plus à multiplier les montées comme auparavant. Ce qu’il peut encore offrir, insiste Rooney, c’est une vraie fiabilité défensive. Un socle, une base sur laquelle construire.
Entre un Alexander-Arnold génial mais boudé, un James explosif mais jugé « peu fiable », des jeunes comme O’Reilly et Hall encore en apprentissage, et un Shaw qui avance en âge mais rassure, Tuchel se retrouve face à un choix de latéraux aussi riche que délicat. La Coupe du monde approche. Les débats s’enflamment. La question, elle, reste entière : au moment de donner sa liste définitive, le sélectionneur assumera-t-il vraiment de laisser Trent Alexander-Arnold devant sa télévision ?




