Les Warriors s'inclinent face aux Lakers : analyse de l'ouverture de saison
LOS ANGELES — Soir d’ouverture, claque monumentale. Les Warriors ont quitté le Crypto.com Arena avec un 127-105 dans les valises, et la sensation d’avoir été balayés bien plus largement encore par des Lakers intenables.
Curry, nouveau système, mêmes éclairs
Une cheville tordue à l’entraînement, quelques doutes en coulisses… et très vite, plus rien. Dès les premières minutes, Stephen Curry a rappelé que, système nouveau ou pas, le jeu reste le même quand le ballon lui colle aux mains.
Dans cette attaque cinq-out fraîchement installée, il a semblé chez lui. Fluide, tranchant, implacable. Il plante 16 des 21 premiers points de Golden State avant de souffler pour la première fois à 4:24 de la fin du premier quart-temps. Il termine à 23 points, mais l’empreinte est surtout dans le rythme qu’il impose d’entrée.
Sa connexion avec Draymond Green n’a pas bougé d’un millimètre. Green lui offre trois passes décisives rien que dans le premier quart, huit au total, et les Warriors ressemblent alors à l’équipe que Steve Kerr veut voir : propre, alerte, collective.
Sur les 12 premières minutes, tout est dans les clous : un seul ballon perdu, 10 passes décisives, 13 tirs réussis sur 24 tentés. L’écart avec les Lakers ne dépasse pas un point. Le basket est net, l’exécution clinique.
Puis Curry s’assoit. Et les vieux démons reviennent.
Quand le banc replonge, l’attaque se grippe
Sans son meneur, la nouvelle architecture offensive ne suffit pas à masquer un manque criant de créateurs. Le jeu se fige, les lectures se brouillent, les possessions se terminent trop souvent dans la précipitation ou le tir forcé.
Ce qui ressemblait à une base solide se délite au fil des quarts-temps. Golden State finit à 37/91 au tir (41%), un famélique 8/36 à trois points (22%), et surtout 16 ballons perdus qui offrent 25 points gratuits aux Lakers. L’attaque qui filait droit se retrouve embourbée, exactement comme la saison passée dans ses pires soirs.
Les minutes sans Curry restent un gouffre que ce nouveau système, pour l’instant, ne comble pas.
Les Warriors jouent « grands », mais restent trop petits
Le problème ne s’arrête pas là. Sans Kristaps Porzingis, absent pour une durée indéterminée, et sans Charles Bassey (tendinite au genou), Golden State arrive déjà amoindri au poste 5. Face à Walker Kessler, ce manque de taille et de puissance tourne à la punition.
Le pivot de 2,18 m marche littéralement sur la raquette des Warriors. Lobs servis par Luka Doncic, putbacks ravageurs, présence constante au rebond : Kessler signe un 12/12 au tir pour 26 points et 9 rebonds, tous deux records du match. Ses 11 premiers paniers ? Tous conclus au dunk. ESPN rappelle que personne aux Lakers n’avait autant dunké sur un match depuis les grandes années Shaquille O’Neal. Le décor est planté.
Steve Kerr avait annoncé la couleur : sans Porzingis, il faudra bricoler, surdimensionner les lineups, tenter de compenser par le volume. Avec Brandin Podziemski touché au bas du dos, De’Anthony Melton est propulsé dans le cinq de départ aux côtés de Curry, Green, Gui Santos et le rookie Yaxel Lendeborg.
Kerr s’emploie à caler les rotations de Curry et Green pour les garder ensemble le plus possible. Dès qu’ils quittent le parquet, il aligne ce qu’il a de plus « grand » : Brandon Williams en seul guard, entouré d’Al Horford, Georges Niang, Santos et Lendeborg.
Sur le papier, plus de centimètres. Sur le parquet, pas assez de longueur de bras ni d’explosivité pour contenir la vague jaune et violette.
Les Lakers déroulent : 21 points en contre-attaque, 15 sur seconde chance, 57% de réussite globale. La moindre perte de balle se transforme en course à sens unique. Le moindre tir manqué, en punition immédiate au rebond offensif. Golden State joue plus grand, mais paraît plus petit.
Lendeborg, baptême du feu face à Doncic
Dans ce naufrage collectif, une image restera. Celle de Yaxel Lendeborg, rookie au culot XXL, qui choisit pour sa première en NBA de se frotter au roi du trash-talk de la ligue.
Pris au piège sur une faute de tir, il se retrouve nez à nez avec Luka Doncic. Le Slovène sourit, provoque. Lendeborg ne recule pas d’un pas. Quelques actions plus tard, il le contrarie sur un step-back à trois points, le contre, et lui parle encore en redescendant le terrain. Résultat : première technique de sa carrière. Message envoyé.
Son gabarit (2,06 m) et sa confiance sans complexe lui permettent de se fondre immédiatement dans l’intensité du match. Mais la marche est haute, et les signes de son inexpérience sautent aux yeux.
Le plus flagrant ? Avoir réveillé Doncic. Le meneur des Lakers finit avec 28 points, neuf passages sur la ligne des lancers, et l’impression d’avoir contrôlé le tempo dès qu’il a senti le défi.
La vidéo montrera aussi un Lendeborg parfois lancé tête baissée dans la raquette, sans plan clair, s’empalant sur plusieurs défenseurs. Quelques erreurs de rotations défensives, des regards perdus pour comprendre d’où Kessler surgit pour claquer un putback au-dessus de lui. Des séquences cruelles, mais formatrices.
Pour Golden State, cette ouverture de saison laisse un goût amer : Curry est toujours là, brillant, mais tout ce qui l’entoure semble encore en chantier. La question n’est déjà plus de savoir si le système est nouveau, mais si ce groupe peut apprendre assez vite pour ne pas voir la saison lui échapper avant même d’avoir trouvé sa vraie taille.




