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Les Warriors et Kristaps Porzingis : options de transfert à explorer

Les Golden State Warriors ont enclenché le compte à rebours autour de Kristaps Porzingis. Selon Shams Charania d’ESPN, la franchise a commencé à explorer le marché pour son intérieur, tandis que le Letton réfléchit sérieusement à la suite de sa carrière, perturbée par des symptômes récurrents liés au syndrome POTS, une maladie auto-immune.

Derrière la dimension humaine, très lourde, se cache une équation froide : un contrat à 20 millions de dollars pour la saison 2026-27, plus 3 millions garantis partiellement en 2027-28, et une valeur sportive devenue incertaine. Personne ne prendra Porzingis sans contrepartie majeure. Il faudra soit un capital de draft conséquent, soit la possibilité pour un autre club de se débarrasser d’un contrat long et encombrant.

Golden State, qui ne peut pas simplement laisser ce dossier pourrir, doit donc cibler juste. Trois pistes se détachent, chacune avec un niveau de risque et de coût différent.

Option à bas coût : Isaiah Stewart, le pari raisonnable

Isaiah Stewart représente la porte d’entrée la plus accessible. Son contrat est simple : 15 millions de dollars cette saison, puis une option d’équipe à 15 millions la suivante. Autrement dit, un quasi-expiring, donc une flexibilité bienvenue pour n’importe quel front office.

Du côté des Memphis Grizzlies, la situation intérieure est déjà bouchée avec Cameron Boozer au poste 4 et Zach Edey au poste 5. À long terme, Stewart ne s’inscrit pas comme une priorité. Cela ouvre une fenêtre pour les Warriors.

La vraie question est le prix. Golden State n’a qu’un seul second tour de draft tradable à proposer. Pour Memphis, accepter Porzingis, son état de santé incertain et son contrat, contre si peu, n’a rien d’évident. Stewart est un rebondeur solide, un contreur fiable, un intérieur de rotation sérieux. Mais ce n’est pas un joueur qui justifie un premier tour de draft.

Le deal n’aurait donc de sens que si les Grizzlies estiment que le risque Porzingis vaut la peine d’être tenté, ou qu’ils y trouvent un intérêt financier précis. Sinon, même l’option “low cost” pourrait se fermer.

Option à coût moyen : Nic Claxton, l’ancre défensive idéale

Un cran au-dessus, Nic Claxton. Son contrat : 44,4 millions de dollars sur les deux prochaines saisons. Un montant cohérent pour son impact, surtout dans une ligue où les intérieurs mobiles, capables de défendre sur plusieurs postes et de faire circuler le ballon, sont devenus des pièces maîtresses.

Les Chicago Bulls, qui l’ont récupéré grâce à leur espace salarial, pourraient se montrer ouverts à un échange si la greffe ne prend pas dans les premiers mois. Ils n’ont, au départ, quasiment rien sacrifié pour l’obtenir. Transformer cet actif en un premier tour de draft, tout en restant flexibles sur le long terme, aurait du sens dans une logique de gestion d’effectif.

Le cadre de base est limpide : Porzingis contre Claxton et un premier tour. Il faudrait sans doute ajouter un autre contrat dans la balance pour équilibrer les salaires, mais l’ossature du trade tient en une phrase.

Sportivement, Claxton s’emboîterait parfaitement dans le puzzle Warriors. Défense, protection de cercle, capacité à lire le jeu et à servir les extérieurs : tout colle avec les principes de jeu de Golden State. Un pivot qui ne réclame pas la balle, qui bonifie les autres et qui peut couvrir les erreurs sur le périmètre. Exactement le profil qui permettrait de stabiliser une équipe vieillissante, mais toujours ambitieuse.

Option à très haut coût : Trey Murphy III, le coup de poker all-in

Puis il y a la voie la plus brutale, celle qui oblige la franchise à renier une partie de sa prudence récente : Trey Murphy III.

Les Warriors n’ont plus sacrifié plusieurs premiers tours de draft pour un joueur depuis 2013, lors de l’arrivée d’Andre Iguodala. Rompre cette ligne de conduite signifierait une chose : Golden State se voit encore en position de jouer très haut, très vite.

Murphy a 26 ans. Il sort d’une saison à 21,5 points de moyenne. Un vrai scoreur à trois niveaux, fiable à longue distance (38,2 % en carrière à trois points), capable de créer son tir et de punir dans tous les registres. À 2,06 m, il apporte une taille énorme sur les ailes.

C’est précisément ce qui faisait la force des Warriors à leur apogée : des ailes grandes, polyvalentes, aux postes 2, 3 et 4, pour épauler Draymond Green lorsqu’il glissait en pivot small-ball. Imaginer un cinq avec Murphy, Jimmy Butler et Yaxel Lendeborg sur les ailes, c’est revoir une version XXL de cette identité, avec une densité physique et défensive impressionnante.

Le prix, lui, serait colossal. Le squelette du deal : Murphy contre Porzingis, Moses Moody et un paquet de tours de draft – trois premiers tours, sous une forme ou une autre. Peut-être un swap, peut-être une protection légère sur l’un d’eux, mais le principe ne change pas : il faut payer très cher.

Et c’est logique. Des ailiers dans leur prime, productifs, capables de scorer, sous contrat avantageux (87 millions de dollars sur les trois prochaines saisons), ne se retrouvent presque jamais disponibles. Quand c’est le cas, la facture est salée.

Pour Golden State, ce serait un acte de foi. Accepter de brader une partie de son futur de draft pour prolonger la fenêtre Curry, pour densifier un effectif qui a besoin de sang neuf au plus haut niveau, pour transformer une incertitude médicale en certitude sportive.

Reste une interrogation, immense : les Warriors sont-ils prêts à assumer ce virage, à mettre tout ce qui leur reste de valeur sur la table pour un dernier grand coup, ou préféreront-ils une solution plus prudente, moins brillante, mais plus contrôlable ?

Le marché a commencé à bouger. La prochaine décision dira jusqu’où Golden State croit encore à son propre mythe.