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Vrancken cherche à relancer Hearts après l'échec européen

Sous pression dès le départ, Vrancken veut relancer Hearts après l’Europe

Hearts n’a même pas encore frappé un ballon en Premiership que la saison ressemble déjà à un test de caractère. Sortis sèchement des tours préliminaires de la Ligue des champions, bousculés par Sturm Graz pour un 6-0 cumulé, les joueurs de Wouter Vrancken abordent le déplacement à Aberdeen avec une vérité simple : ils n’ont plus le temps.

Le technicien belge ne s’en cache pas. L’état de grâce n’existe pas à Tynecastle.

« Il n’y a pas de long terme dans le football, seulement le prochain match », rappelle-t-il. Et ce prochain match, c’est Pittodrie, samedi, pour ses débuts en championnat.

Un dauphin décapité

Le décor rend la mission encore plus rude. Hearts sort d’une saison de haut vol, terminée à la deuxième place, longtemps en tête avant de céder le titre à Celtic à Glasgow lors de la dernière journée. Une campagne qui a replacé le club au cœur de la bataille pour le sommet.

Mais cette ossature-là a volé en éclats.

L’entraîneur Derek McInnes est parti vers Rangers. Avec lui, le meilleur buteur Lawrence Shankland, figure offensive majeure, et Cammy Devlin, poumon du milieu. Les deux gardiens principaux ont également quitté le navire. En quelques semaines, Hearts a perdu son banc, ses buts et une bonne partie de son identité sur le terrain.

Vrancken, lui, a débarqué avec une idée claire et un chantier immense.

Douze recrues et un jeu « totalement différent »

Douze nouveaux joueurs, un staff remanié, des méthodes d’entraînement repensées. Le changement est profond. Le Belge parle d’un « style de jeu totalement différent ». Comparer le niveau avec la saison passée n’a, selon lui, plus grand sens.

Ce qui ne change pas, ce sont les ambitions.

« À la fin, tu veux te battre pour la position la plus haute possible. Dans ce cas, c’est la même chose », insiste-t-il.

Le message est sec, sans fioritures : Hearts ne se voit pas reculer dans la hiérarchie écossaise sous prétexte de transition.

Mais la transition se paie, surtout au mois d’août, quand les automatismes n’existent pas encore. Le revers 2-0 à domicile contre Sturm Graz mardi, venant clore une double confrontation à sens unique, a mis en lumière tout ce qui manque encore : repères, confiance, liant entre les lignes.

Vrancken sait qu’il n’obtiendra pas de temps. « Pour nous, il faut être prêts le plus vite possible, en termes de qualité, parce qu’il y a beaucoup de nouveautés, dans le staff mais aussi chez les joueurs. Mais on a quand même besoin de résultats. C’est une question de résultats et de montrer la qualité sur le terrain. »

Pittodrie comme premier examen

Aberdeen, pour lancer un championnat, n’a rien d’un échauffement. Surtout avec un nouvel entraîneur en face, Stephen Robinson, qui entame sa première saison complète aux commandes et imprime progressivement sa marque.

Vrancken a passé du temps à décortiquer son futur adversaire. « J’ai vu beaucoup de leurs matches, bien sûr. Je pense que le style que le manager met en place, ils aiment un peu plus construire que ce qu’ils faisaient peut-être l’an dernier. »

Un détail qui compte : Hearts va croiser une équipe qui cherche elle aussi à évoluer, à poser davantage le jeu. Le duel tactique promet d’être dense, sans période d’observation prolongée. Car l’entraîneur belge refuse de regarder plus loin que ce déplacement dans le nord-est.

« En ce moment, on pense juste à obtenir un bon résultat et à essayer d’y aller pour gagner. C’est l’objectif. »

Un succès pour relancer tout un vestiaire

Dans ce contexte, un succès à Aberdeen pèserait bien plus que trois points. « Ce serait vraiment, vraiment important, affirme Vrancken. Si on peut y arriver, ça fait une énorme différence. »

Une victoire offrirait un sas de décompression à un groupe en pleine mutation, conforterait les nouveaux venus, et donnerait du crédit immédiat à ce « style totalement différent » que le coach tente d’installer. À l’inverse, un faux pas prolongerait le doute né face à Sturm Graz et nourrirait la comparaison, inévitable, avec le Hearts de McInnes.

Le club d’Édimbourg a choisi de changer d’ère tout en exigeant le même niveau de performance. Samedi, à Pittodrie, on saura si cette nouvelle version de Hearts peut assumer d’emblée ce pari audacieux.