Victor Munoz : le nouveau Shaqiri d’Anfield ?
Liverpool a beaucoup changé ces dernières années. Plus de 600 millions de livres dépensés, une équipe presque remodelée de fond en comble… et pourtant, une question persiste : le club est‑il vraiment plus fort qu’avant cette frénésie de recrutement ?
Le classement, lui, ne ment pas. Cinquième de Premier League, à bonne distance des prétendants les plus sérieux au titre, Liverpool avance sans certitudes, avec des zones d’ombre dans son effectif et un onze type encore flou.
Au milieu de ce chantier, une trouvaille commence pourtant à prendre forme. Un joueur qui rappelle à plus d’un habitué du Kop un certain Xherdan Shaqiri. Son nom : Victor Munoz.
Le parfum d’une bonne affaire
Les supporters de Liverpool n’ont pas oublié comment Shaqiri était arrivé. Recruté à Stoke City relégué, pour environ 13,5 millions de livres, dans un scepticisme poli. Il n’a jamais été une star de l’équipe, ni un indiscutable, mais il a laissé une empreinte claire : 63 apparitions, 17 contributions décisives toutes compétitions confondues, et cette impression de toujours répondre présent quand Jürgen Klopp faisait appel à lui.
Shaqiri, c’était l’option de luxe sur le banc. Le joker capable de retourner un match, d’apporter de l’énergie, de la créativité, un pied gauche différent. Un joueur apprécié du vestiaire et du public, parce qu’il ne trichait jamais.
Depuis son départ, Liverpool a tenté de combler ce vide avec des profils comme Takumi Minamino ou Federico Chiesa. Sans jamais retrouver ce mélange de rendement, de polyvalence et de fiabilité dans le rôle de remplaçant de haut niveau.
C’est là qu’entre en scène Victor Munoz. Arrivé cet été pour 35 millions de livres, en provenance d’un club qui a sauvé sa peau en Liga 2 à la différence de buts, il porte déjà l’étiquette de « bonne affaire potentielle ». Le parallèle avec Shaqiri ne s’arrête pas là.
Un ailier… et bien plus que ça
Munoz est, sur le papier, un ailier gauche. Mais ce serait réducteur de le résumer à ce poste. À 23 ans, formé au Real Madrid, il a déjà montré qu’il pouvait occuper n’importe quelle position sur le front de l’attaque. À droite, dans l’axe, entre les lignes : il s’adapte, il comprend les espaces, il s’insère dans les circuits offensifs avec une maturité étonnante pour son âge.
C’est précisément ce qui séduit à Anfield. Comme Shaqiri avant lui, il offre à l’entraîneur une palette tactique plus large. Un joueur capable de s’intégrer à différentes configurations, de couvrir plusieurs rôles sans faire baisser le niveau général.
Et surtout, chaque fois qu’il est appelé, il répond.
Ses prestations depuis le début de la saison sont d’une propreté rare pour un nouveau venu dans un club de ce calibre. Pas de temps d’adaptation interminable, pas de disparition dans les grands rendez-vous. Munoz joue simple, juste, et surtout utile. Deux buts en Premier League pour l’instant, mais au‑delà des statistiques, une impression nette : il a déjà prouvé qu’il mérite sa place dans ce groupe.
Un effectif décimé, une opportunité saisie
Liverpool avance actuellement avec un effectif abîmé par les blessures. Andoni Iraola, contraint de bricoler, multiplie les essais, déplace les pièces, cherche désespérément la meilleure formule.
Dans ce contexte instable, certains se perdent. Munoz, lui, s’affirme.
L’Espagnol fait partie des joueurs qui ont profité de cette période pour se montrer. Aligné à différents postes, parfois dans des configurations loin d’être idéales, il a pourtant réussi à tirer son épingle du jeu. Ses matches comptent, ses minutes ne sont pas anodines.
Ses sorties sont solides, consistantes, presque irréprochables. Même si, à terme, il risque de passer plus de temps sur le banc qu’il ne le souhaiterait, il a déjà posé une base claire : il n’est pas là pour faire le nombre.
Le profil parfait pour devenir indispensable
À 23 ans, avec déjà deux buts en championnat et une marge de progression évidente, Victor Munoz ressemble à ce genre de pari qui peut se transformer en coup magistral.
Pour 35 millions de livres, Liverpool a mis la main sur un joueur encore loin de son plafond, mais déjà capable de peser sur les matches de Premier League. Un joueur formé dans l’exigence du Real Madrid, aguerri dans un club qui se battait pour sa survie, et désormais plongé dans un environnement où chaque point compte dans la course au titre.
Il ne sera peut‑être jamais une superstar de l’équipe. Shaqiri ne l’a jamais été non plus. Mais dans un effectif qui cherche toujours son équilibre, les saisons se jouent souvent sur ces profils‑là : les hommes de l’ombre capables de faire basculer une rencontre, d’assurer le relais quand les cadres sont blessés, de maintenir le niveau quand la pression monte.
Si Munoz continue sur cette trajectoire, la question ne sera plus de savoir s’il rappelle Shaqiri. Elle sera de savoir jusqu’où il peut aller, et quel rôle il occupera dans le prochain Liverpool qui voudra reconquérir l’Angleterre.




