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L’Uruguay de Bielsa débute son Mondial contre l’Arabie saoudite

L’Uruguay ouvre son Mondial lundi à Miami, face à l’Arabie saoudite, avec une idée fixe : frapper fort d’entrée dans ce groupe H. Sous Marcelo Bielsa, la sélection a changé de peau. Elle court, elle presse, elle harcèle. Et elle s’épuise aussi, parfois.

Bielsa, pressing haut et zone rouge physique

Depuis son arrivée, Bielsa a imposé sa marque : bloc haut, pressing agressif, attaques déclenchées à la moindre perte de balle adverse. Un football qui demande des jambes, du souffle, et une concentration totale. La Celeste a traversé les qualifications sud-américaines avec autorité, deux étoiles sur le maillot et une certitude tactique dans la tête.

Mais les derniers tests ont refroidi l’enthousiasme. Zéro but contre le Mexique. Zéro but contre l’Algérie. Et une claque, un 5-1 encaissé face aux États-Unis. Le jeu est là, les occasions parfois aussi, la finition beaucoup moins.

Sans Edinson Cavani, qui a tiré un trait sur la sélection, l’Uruguay n’a plus ce buteur de référence qui transformait une demi-occasion en but. Luis Suarez, lui, n’a même pas été retenu dans la liste finale. Deux monuments en moins, et un vide à combler dans la surface.

Une Celeste sans “9” historique, portée par son milieu

Dans ce contexte, Bielsa s’appuie sur ce que l’Uruguay a de plus solide aujourd’hui : un milieu de terrain taillé pour régner. Federico Valverde, patron à Madrid, métronome ici. Capable de dicter le rythme, de casser des lignes, et d’allumer de loin quand la porte reste fermée.

À ses côtés, Manuel Ugarte pose le verrou. Volume, agressivité, duels gagnés : il protège la défense et libère ses partenaires. Rodrigo Bentancur complète ce trio, liant récupération et projection, avec cette capacité à jouer juste sous pression. Ensemble, ils forment un cœur d’équipe qui peut étouffer l’Arabie saoudite et installer l’Uruguay dans le camp adverse.

Sur les côtés, Maximiliano Araujo doit apporter la largeur et le déséquilibre, provoquer, centrer, attaquer la profondeur. Devant, Darwin Nunez porte le poids de l’attaque. Il connaît bien une partie de ses adversaires du soir, lui qui évolue en Saudi Pro League. Puissant, généreux, parfois brouillon, il reste l’arme la plus tranchante de Bielsa. Federico Vinas l’accompagnera dans le dernier tiers, pour multiplier les appels et occuper les défenseurs saoudiens.

Une défense décimée, un casse-tête pour Bielsa

Le problème, pour Bielsa, se situe derrière. L’infirmerie s’est remplie au pire moment. Ronald Araujo est quasiment hors course, rattrapé par une blessure au mollet. José Gimenez reste très incertain, gêné par une cheville récalcitrante. Matias Vina traîne, lui, une alerte musculaire qui pourrait l’écarter du onze.

Ces absences ne sont pas de simples détails : elles touchent la colonne vertébrale défensive. Sebastian Caceres, récemment victime d’un choc à la tête, pourrait finalement tenir sa place. S’il est apte, il devrait débuter aux côtés de Santiago Bueno dans l’axe. Une charnière moins expérimentée à ce niveau, mais contrainte de s’imposer immédiatement.

Giorgian de Arrascaeta, maître technicien et créateur attitré, traîne lui aussi une gêne au mollet. Son incertitude ajoute une couche d’inconnu à la préparation de ce premier match. Sans lui, l’Uruguay perd une partie de sa créativité entre les lignes.

Un onze annoncé, une identité claire

Malgré ces doutes, l’identité de l’équipe reste lisible. Fernando Muslera devrait garder les buts, avec une ligne défensive composée de Varela, Caceres, Bueno et Olivera. Devant eux, le trio Valverde–Ugarte–Bentancur pour verrouiller le milieu et dicter le tempo. Sur le flanc, Maximiliano Araujo pour l’animation offensive, et le duo Vinas–Nunez pour convertir la domination territoriale en buts.

Un onze taillé pour imposer le rythme, récupérer haut et multiplier les vagues. À condition, cette fois, de conclure.

Miami, 23h : l’heure de vérité

Le coup d’envoi sera donné à 23h, heure britannique, le lundi 15 juin 2026. Une affiche de phase de groupes, sur le papier déséquilibrée, mais lourde de sous-entendus pour l’Uruguay. Une entrée réussie poserait les bases d’un parcours ambitieux, avec l’idée de retrouver au moins les huitièmes et de viser plus loin.

Une nouvelle ère s’ouvre pour la Celeste, sans Cavani, sans Suarez, mais avec Bielsa et un milieu de terrain de très haut niveau. Reste une question, simple et brutale : ce pressing féroce et cette maîtrise du jeu suffiront-ils à masquer l’absence d’un grand buteur quand le Mondial s’emballera vraiment ?