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Trae Young et Anthony Davis brillent lors de la victoire des Wizards

WASHINGTON – Il aura fallu patienter presque une saison entière, mais la première vraie apparition du duo Trae Young – Anthony Davis sous le maillot des Washington Wizards en saison régulière a enfin eu lieu. Et la capitale a compris en une soirée pourquoi la franchise suscite soudainement autant de curiosité.

Les deux stars ont signé un double-double et Washington a dominé les Milwaukee Bucks 128-116 pour lancer sa saison. Davis a terminé avec 34 points et 12 rebonds, Young avec 20 points et 13 passes. Le match s’est décidé là où les grandes équipes posent leur empreinte : dans le dernier quart-temps, remporté 38-23 par les Wizards.

Huit joueurs de Washington ont inscrit au moins huit points, six ont terminé à plus de dix unités. Kyshawn George a ajouté 18 points, Bilal Coulibaly et Deandre Ayton 11 chacun, Bub Carrington 10. Une répartition offensive qui a fait sourire Brian Keefe.

« J’étais vraiment content parce que c’était vraiment une victoire collective », a souligné le coach. « Il y a eu tellement de gars qui ont répondu présent à différents moments, et c’est exactement ce dont on va avoir besoin. »

En face, Tyler Herro a porté les Bucks avec 24 points, sans pouvoir empêcher la déferlante du quatrième quart.

Davis, neuf mois d’attente et une entrée fracassante

Pour Anthony Davis, ce match ressemblait presque à un nouveau départ. Sa dernière apparition en NBA remontait à janvier, avec les Dallas Mavericks. Arrivé à Washington dans un transfert, il n’avait encore jamais joué une minute officielle pour les Wizards, freiné par les blessures.

Il n’a pas perdu de temps pour rattraper le temps perdu.

Dès ses huit premières minutes sur le parquet, Davis a donné le ton : 10 points, 6 rebonds, une présence écrasante dans la raquette. Puis il a pris feu au retour des vestiaires avec 18 points dans le seul troisième quart-temps. Au final, ses 34 points égalent la marque d’Antawn Jamison (2004) pour le meilleur total lors d’un premier match avec Washington.

« Ça faisait du bien », a reconnu Davis. « Ça fait neuf mois que je n’avais pas joué un vrai match, donc c’était vraiment bon d’être de retour sur le terrain et de pouvoir à nouveau me battre avec ces gars. Et c’est encore mieux quand tu repars avec la victoire. Je me suis tellement amusé ce soir, il y avait beaucoup d’émotion, beaucoup d’énergie. »

Son impact ne s’est pas limité au scoring. Davis a ajouté 4 passes, 2 interceptions, 1 contre, et a constamment agressé la défense en obtenant des fautes : 11 sur 14 sur la ligne des lancers francs.

Deux fois, sur des actions avec faute converties, la salle s’est levée en scandant « M-V-P, M-V-P ». Un message clair pour une star longtemps tenue à l’écart, soudainement remise au centre du projet.

Trae Young, lui, n’a pas été surpris.

« Je savais qu’il allait être prêt, et je ne suis pas étonné par ce qu’il a fait ce soir », a expliqué le meneur. « Je ne veux pas lui mettre trop de pression, mais pour moi, avec un gars comme ça à mes côtés, je veux l’aider à aller chercher le MVP. Avec des soirées comme celle-là et si on continue à gagner, il sera dans la conversation. »

Young dirige, Washington exécute

Trae Young aussi sort d’une saison tronquée. Seulement 15 matches joués l’an passé, dont cinq seulement avec les Wizards après son arrivée en provenance des Atlanta Hawks. Pour un joueur habitué à porter le jeu soir après soir, la frustration était palpable.

« J’ai l’impression que ça fait une éternité que je n’avais pas joué un match de saison régulière », a-t-il confié. « Cinq matches dans une saison, ce n’est pas normal pour moi, surtout avec une seule équipe. »

Son adresse n’a pas suivi : 4 sur 13 au tir, 0 sur 6 à trois points. Mais Young a contrôlé le tempo comme un vétéran sûr de son basket. Il a obtenu 12 lancers francs, élément clé du 32-19 infligé par Washington sur la ligne de réparation, et n’a perdu qu’un seul ballon. Dans le quatrième quart, là où les meneurs se jugent, il a compilé 5 points et 6 passes.

Le plan était simple : attirer la défense, distribuer, répéter.

« Il attire les prises à deux », a détaillé Davis. « Ils mettaient deux joueurs sur lui et il trouvait toujours la bonne passe. DA (Deandre Ayton) en a beaucoup profité, moi aussi, Alex (Sarr) sur quelques lobs. Quand tu mets deux joueurs sur un gars qui peut passer comme ça et qui a un QI basket aussi élevé que Trae Young, il va te découper. À nous de nous placer au bon endroit pour lui offrir des solutions, et ensuite on joue. »

Washington a suivi le script à la lettre dans le money time : Young au commande, Davis en point d’ancrage, Ayton en finisseur, George et Coulibaly opportunistes. Une attaque soudain fluide, lourde, difficile à suivre pour une équipe de Milwaukee encore en construction.

Dybantsa attend encore son tour

Tout n’était pas parfait côté Wizards. La franchise a dû se passer de son rookie AJ Dybantsa, touché à la cheville gauche lors du dernier match de présaison contre New Orleans. Une entorse qui l’a privé de ce premier rendez-vous.

Brian Keefe l’a confirmé : Dybantsa est listé au jour le jour. Auteur de quatre matches de présaison tous conclus à plus de dix points, le jeune ailier pourrait effectuer ses débuts vendredi, à domicile, face aux Toronto Raptors.

« Il veut tellement être sur le terrain », a soufflé Davis. Et vu l’énergie ambiante autour de cette équipe, difficile de lui donner tort.

Milwaukee ouvre l’ère post-Antetokounmpo

Pour Milwaukee, cette soirée marquait le début d’une saison très particulière. La première sans Giannis Antetokounmpo, parti à Miami, et le lancement officiel d’un chantier à grande échelle.

Les Bucks se présentent désormais avec deux choix de loterie 2026, Brayden Burries et Nate Ament, les joueurs récupérés dans l’échange avec Miami (Tyler Herro, Jaime Jaquez Jr., Kel’el Ware, Kasparas Jakucionis), et un noyau de vétérans solides : Kyle Kuzma, Myles Turner, Gary Trent Jr., Caris LeVert.

Une mosaïque de profils à assembler.

« Il y a beaucoup de choses dans ce qu’on va chercher à mesurer », a expliqué le coach Taylor Jenkins. « On est encore en train de définir tout ça, de trouver notre style de jeu. Est-ce qu’on comprend comment créer nos avantages en attaque ? Et défensivement, quelles vont être nos priorités entre la protection de la raquette et de la ligne à trois points ?

« Puis, à la fin de l’année, est-ce qu’on pourra dire qu’on a fait d’énormes progrès dans notre connaissance collective, en sachant clairement quelle est notre identité ? »

Burries a signé des débuts encourageants avec 12 points et 5 rebonds. Ament, lui, n’est pas entré en jeu. Les bases restent fragiles, mais les contours de ce nouveau projet apparaissent par petites touches.

Milwaukee sait qu’il s’agit d’une saison de mesure, de repères, plus que de certitudes. Washington, lui, a déjà une idée plus précise de ce qu’il veut être : une équipe construite autour d’un duo Young–Davis capable de faire lever une salle et de faire parler la ligue.

Reste une question brûlante : ce premier soir de fête n’était-il qu’un feu d’artifice d’ouverture, ou le début d’une vraie campagne de reconquête dans la capitale ?