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Tottenham s'écroule face à Brentford : une leçon à retenir

Tottenham n’a pas seulement raté son entrée en matière. Le club du nord de Londres a pris une claque. Un 3-0 net, sans appel, infligé par un Brentford agressif et sûr de ses forces au Gtech Community Stadium. Pour une équipe lourdement renforcée cet été, le réveil est brutal.

Une gifle pour un projet à peine lancé

Le score raconte déjà une histoire, mais le contenu l’enfonce un peu plus. Tottenham a été dominé dans l’intensité, dans les duels, dans le rythme. Brentford a frappé tôt, Keane Lewis-Potter lançant la soirée des locaux, et les Spurs n’ont jamais vraiment répondu.

Les mêmes failles qu’au cours des dernières saisons sont réapparues : une défense friable, un bloc coupé en deux, un milieu incapable de calmer le jeu. Pour un club qui sort de deux exercices bouclés à la 17e place du classement, la promesse d’un « nouveau projet » se heurte déjà à une réalité tenace : la mentalité perdante n’a pas disparu en un été.

Roberto De Zerbi n’a pas cherché à maquiller la déroute. « Mauvais match. On a perdu et souffert dans les duels. C’était la clé de ce match. On n’a pas combattu de la bonne manière. Peut-être qu’il faut leur donner du crédit parce que c’est la meilleure qualité de Brentford », a-t-il expliqué à BBC Sport.

Le technicien italien a aussi pointé un état physique insuffisant : plusieurs cadres sont revenus tard après la Coupe du monde, d’autres ont débarqué en fin de mercato. Résultat : une équipe disloquée, sans jambes ni repères. « Notre condition physique n’était pas au bon niveau pour tous les joueurs, parce que beaucoup sont arrivés plus tard après la Coupe du monde et il y avait beaucoup de nouveaux joueurs dans l’effectif et le onze. Mais on doit mieux analyser ce match, parce qu’on ne peut pas jouer comme ça dans ce type de rencontre », a-t-il ajouté.

Tonali, 100 millions sous les projecteurs

Au milieu du terrain, un homme concentrait les regards : Sandro Tonali. Recruté pour environ 100 millions de livres, présenté comme le nouveau patron de l’entrejeu, l’Italien a vécu une soirée compliquée.

Isolé, cerné par le milieu de Brentford, il a rarement pesé sur le jeu. Son rôle de régulateur et de leader, celui pour lequel il a été arraché à Newcastle, s’est dissous dans le pressing adverse. Autour de lui, les autres recrues majeures ont souffert : Andrew Robertson, Marcos Senesi et Jan Paul van Hecke ont tous signé des débuts délicats, accentuant la sensation d’un puzzle encore loin d’être assemblé.

Mais Tonali n’a pas fui ses responsabilités. Ni celles du vestiaire, ni celles de son entraîneur. « Il nous donne beaucoup – pas seulement à moi, mais à tous les joueurs. Il sait que ce sera un long processus, mais il est positif à 100 %. Il nous aime et recrée l’âme qui s’est un peu effritée ces dernières saisons. Positif sur nos qualités et sur le genre de personnes que nous sommes. Nous sommes des êtres humains, et il reconstruit petit à petit l’esprit qui s’était un peu effondré sur les deux dernières saisons », a-t-il confié à Sky Sport.

Dans la foulée, il a insisté sur la nécessité de rester soudés malgré la claque. « C’est dur parce qu’on a perdu, mais c’est bien de voir que tout le monde se sent concerné, que tout le monde est sur la même longueur d’onde. Maintenant, il faut juste travailler ; la seule chose à faire, c’est rester unis », a-t-il insisté.

De Zerbi face au spectre de la spirale

Au-delà du score, c’est la peur de la répétition qui plane sur Tottenham. Deux saisons de rang à la 17e place ont laissé des traces. Une habitude de perdre, une résignation qui s’invite vite quand le scénario tourne mal.

De Zerbi le sait. Il sait aussi que le discours du « nouveau projet » ne tiendra pas longtemps si les résultats ne suivent pas. « Je suis surpris par le résultat et la performance. Je savais que nous n’étions pas dans la bonne condition. On ne peut pas chercher d’excuse. Je suis désolé pour le résultat et la performance. Nous commençons un nouveau projet et nous n’avons pas réussi à trouver le principe », a reconnu l’entraîneur italien.

Entre l’investissement massif, les attentes d’un board sous pression et un public déjà échaudé par des années de déceptions, la marge d’erreur est infime. Brentford a rappelé à Tottenham que le temps des promesses ne dure jamais très longtemps dans ce championnat.

La saison vient à peine de démarrer, et déjà une question s’impose : ce 3-0 restera-t-il comme un simple accident de départ, ou comme le premier signal d’alarme d’un projet qui vacille avant même d’avoir vraiment pris forme ?