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Todd Boehly, une leçon amère pour les futurs propriétaires de clubs de football en Premier League

Todd Boehly est arrivé à Chelsea avec l’ambition d’importer la mentalité américaine dans le football anglais. Pourtant, il a fini par devenir la risée de la Premier League. Malgré ses grandes idées, son passage au club londonien s’est terminé dans l’oubli et la critique.

Des projets ambitieux mais mal adaptés

Lorsque Boehly a pris les rênes de Chelsea en 2022, il évoquait un objectif clair : développer la portée mondiale du football européen en s’inspirant des méthodes américaines. Il expliquait alors que, comparé à la NFL, le football européen était sous-exploité commercialement, avec un potentiel énorme à exploiter en intégrant des concepts venus des sports américains.

Parmi ses idées figuraient la création d’un match des étoiles et un barrage de relégation, initiatives qu’il espérait voir adoptées en Premier League. Cette volonté d’innovation rapide a surpris même des figures comme Jurgen Klopp, qui se demandait ironiquement si Boehly comptait aussi importer les Harlem Globetrotters.

Un règne marqué par des erreurs et des conflits

Officiellement, Boehly a quitté Chelsea récemment après que le fonds Clearlake ait racheté ses parts minoritaires. En réalité, sa présence effective au club avait déjà décliné depuis deux ans, notamment en raison de tensions avec Behdad Eghbali, cofondateur de Clearlake.

Rapidement, Boehly est devenu le bouc émissaire des supporters frustrés par la gestion du club. Son premier exercice en tant que président fut désastreux, illustré par une succession chaotique de quatre entraîneurs en une seule saison. Le licenciement de Thomas Tuchel, vainqueur de la Ligue des champions peu avant, seulement sept matchs après le début de la saison 2022-2023, a été un moment particulièrement mal perçu.

Une vision déconnectée du terrain

Boehly justifiait le départ de Tuchel par un manque d'alignement sur la vision du club, déclarant que le coach ne voulait pas collaborer avec lui et son équipe. Cette explication semblait incohérente puisque le club avait investi près de 270 millions de livres sterling dans des joueurs recrutés pour cet entraîneur, comme Pierre-Emerick Aubameyang, engagé six jours avant son renvoi.

Cette décision fut critiquée par plusieurs observateurs, dont Christian Heidel, ancien directeur sportif de Mayence, qui y voyait un choix purement financier et déconnecté du sport. Boehly assurait également avoir recruté les meilleurs talents, mais son manque de connaissance du football s’est révélé évident rapidement.

Recrutements ratés et gestion catastrophique

Sur les quinze joueurs achetés pendant son mandat, seul Marc Cucurella peut être considéré comme une réussite incontestable. La plupart des autres transferts ont déçu, et Boehly lui-même a reconnu son ignorance concernant ce qui fait un bon joueur de football.

Des rumeurs évoquaient même que le retour de Frank Lampard comme entraîneur intérimaire avait été conseillé par une personnalité du monde du divertissement plutôt que par des experts sportifs, reflétant le manque de sérieux dans les décisions du club.

Une image ternie et une fin annoncée

Même si Boehly n’est pas responsable de tous les problèmes rencontrés par Chelsea ces dernières années, il a largement contribué à transformer le club en objet de moquerie en Premier League. Par exemple, il a autorisé un groupe d’acteurs à se brosser les dents derrière le banc lors d’un match officiel pour promouvoir un film produit par sa société, un geste jugé ridicule et malvenu.

Son passage à Chelsea sert désormais d’exemple pour ceux qui envisagent d’appliquer des méthodes américaines au football anglais sans prendre en compte ses spécificités culturelles et sportives.