Szoboszlai égalise dans le temps additionnel à St James' Park
Dominik Szoboszlai a attendu la dernière seconde. Littéralement. Un penalty transformé dans la neuvième minute du temps additionnel, et Liverpool repart de St James’ Park avec un nul 2-2 au terme d’un match que Kevin Keegan n’aurait pas renié.
Le milieu hongrois n’a pas tremblé à 12 mètres, prolongeant à 10 rencontres la série d’invincibilité des Reds sur la pelouse de Newcastle, après une décision qui a fait exploser le stade : Lewis Hall sanctionné pour une faute sur le remplaçant Victor Munoz, dans une surface déjà sous haute tension.
Pour Newcastle, c’est cruel. Les Magpies pensaient tenir une victoire fondatrice, arrachée par Joe Willock à la 57e minute, quelques secondes seulement après son entrée en jeu, dans la foulée de l’égalisation de Cody Gakpo qui avait effacé l’ouverture du score d’Anthony Elanga.
Keegan célébré, Isak ciblé
La journée avait commencé dans l’émotion, Tyneside et Merseyside réunis pour saluer la légende Kevin Keegan. Les deux équipes sont sorties à l’échauffement avec le numéro 7 sur le dos, le stade plongé dans un hommage partagé.
Une fois le coup d’envoi donné, l’ambiance a changé de registre. Alexander Isak, ancien héros de St James’ Park devenu homme à abattre, a été accueilli par un concert de sifflets. À l’inverse, Yoane Wissa a signé sa prestation la plus aboutie sous le maillot de Newcastle, justifiant déjà une partie de la lourde addition de 130 millions d’euros investie pour remodeler l’attaque.
Sur le banc, Matthias Jaissle, tout juste nommé et encore en plein chantier avant la fin du mercato, a pu mesurer le potentiel de son groupe. En face, Andoni Iraola a quitté le Nord avec un point, du soulagement, mais aussi des interrogations sur la gestion d’un match longtemps mal maîtrisé.
Elanga frappe tôt, Liverpool bafouille
L’hostilité envers Isak n’a pas mis longtemps à se transformer en euphorie. À la 5e minute, le nouveau venu Amar Dedic a glissé un ballon parfait dans la course de Will Osula. Une touche, une passe dans le bon tempo, et Anthony Elanga s’est envolé. Il a déposé Milos Kerkez, ouvert son pied droit et trompé Alisson Becker d’un tir croisé dans le petit filet opposé. Froid, clinique.
Liverpool a tenté de répondre immédiatement. Lukas Hornicek a dû s’employer sur une frappe déviée de Florian Wirtz à la 18e minute, se détendant pour détourner un ballon qui filait sous la barre. Mais les hommes de Jaissle, parfois négligents dans la relance, ont laissé les Reds s’installer dans le camp adverse plus souvent que nécessaire.
Newcastle n’a pourtant pas reculé. Lewis Miley a trouvé Dedic d’une longue ouverture à la 22e minute, le latéral voyant sa tentative déviée par Kerkez pour un corner. Jeremy Jacquet, lui, a sauvé les siens en coupant in extremis une passe de Wissa qui filait vers Osula.
Liverpool a monopolisé le ballon sans vraiment faire mal. Szoboszlai a envoyé un coup franc plein axe dans le mur à la 26e minute après une faute de Wissa, et la pause est arrivée avec ce mince avantage pour les locaux, mais une impression de contrôle assumé.
Gakpo relance, Willock répond aussitôt
Au retour des vestiaires, Szoboszlai a commencé à faire monter la pression sur corner, mais Newcastle a eu la première vraie munition en contre. Harvey Barnes et Elanga ont jailli à toute vitesse, sans parvenir à punir des Reds désorganisés. Miley, quelques instants plus tard, a tenté sa chance à la 48e minute, sans inquiéter Alisson.
Liverpool a fini par trouver la mire. Gakpo a d’abord allumé un premier avertissement à la 53e minute, une frappe enroulée qui a frôlé la lucarne avec Hornicek battu. Deux minutes plus tard, plus de demi-mesure : laissé libre à 25 mètres, le Néerlandais a armé une frappe sèche, rasante, qui a fusé jusqu’au fond des filets. 1-1, tout à refaire.
St James’ Park a eu le temps de gronder… mais pas de douter. Wissa, encore lui, a éliminé dans un petit périmètre, ouvert une brèche et décalé Joe Willock. Le milieu a repiqué vers l’intérieur et, d’un tir tendu à ras de terre, a ajusté Alisson. Imparable. Le ballon au fond, le stade en fusion, et le sentiment que Newcastle tenait un match référence.
Newcastle y croit, Szoboszlai punit
Les Magpies ont alors cherché le break. Jacob Ramsey, entré en jeu, a repris une volée à la 70e minute, mais son tir est parti à côté. Wissa a ensuite eu le but du 3-1 au bout du pied, lancé seul face à Alisson, qui a gagné son duel et maintenu les Reds à flot.
Ce raté a laissé une porte entrouverte. Liverpool s’y est engouffré dans un temps additionnel étouffant, avec des centres, des duels, des ballons mal dégagés. Puis l’action qui fait basculer une soirée : Victor Munoz s’écroule dans la surface, Lewis Hall lève les bras, incrédule, mais Stuart Attwell désigne le point de penalty.
La contestation n’y changera rien. Szoboszlai s’avance, fixe, frappe. Filet. 2-2, coup de massue pour Newcastle, bouffée d’oxygène pour Liverpool.
Keegan avait été célébré avant le coup d’envoi. À la sortie, c’est son esprit qui planait encore sur St James’ Park : du jeu, des buts, du chaos, des émotions jusqu’à la dernière seconde. Et déjà une question qui s’impose : si Newcastle produit ce genre de performance dès août, jusqu’où ce groupe peut-il aller une fois les automatismes vraiment en place ?




