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Suède–Pologne : Un match décisif pour la Coupe du Monde 2026

Ils se retrouvent au bord du précipice, encore. Quatre ans après un barrage déjà sans filet, la Suède et la Pologne rejouent leur saison sur 90 minutes, peut‑être 120, avec un billet pour la Coupe du monde 2026 en récompense. Une affiche de barrages qui ressemble à une vieille rancune remise sur la table.

Le coup d’envoi est fixé au 31 mars, 14h45 sur la côte Est nord‑américaine, 19h45 à l’heure de Greenwich. Au bout, une place dans le groupe F, en compagnie des Pays‑Bas, du Japon et de la Tunisie. Un groupe piégeux, mais encore faut‑il y entrer.

Une Suède cabossée mais relancée

Le parcours suédois ressemble à une route de campagne pleine de nids‑de‑poule. Dans la première phase des qualifications, la sélection n’a pas gagné un seul match dans le groupe B. Quatre petits buts marqués, douze encaissés. Indigne de son statut. Les Scandinaves ne doivent leur présence en barrages qu’à la première place arrachée la saison passée dans leur groupe de Nations League, au troisième niveau européen.

Puis tout a basculé jeudi, en demi-finale de barrage. Sur terrain neutre, en Espagne, Viktor Gyökeres a tout emporté sur son passage. Un triplé, un succès 3-1 contre l’Ukraine, et une équipe entière qui se remet à croire à sa 13e participation à une Coupe du monde. L’attaquant d’Arsenal a porté la Suède à bout de bras, validant le pari de Graham Potter, nommé en octobre pour remettre de l’ordre dans une sélection en perte de repères.

Cette embellie a un prix. Le groupe est entamé physiquement. Alexander Isak, Emil Krafth et Dejan Kulusevski manquaient déjà à l’appel. Le défenseur central Isak Hien s’est ajouté à la liste des absents, blessé contre l’Ukraine, tout comme Gabriel Gudmundsson, également contraint de sortir. Une défense réorganisée, un effectif réduit, mais une opportunité immense.

Et surtout, une plaie à rouvrir.

En 2022, en finale de barrage, la Suède avait buté sur la Pologne, battue 2-0, avec des signatures familières : Robert Lewandowski et Piotr Zielinski. Les deux hommes ont encore frappé en demi-finale cette fois, lors du succès 2-1 contre l’Albanie, renversé devant un public polonais en fusion. Les Scandinaves n’ont pas oublié.

Une Pologne revigorée, l’histoire contre elle

Sur le papier, la Pologne pouvait espérer mieux qu’un détour par les barrages. Cinq victoires, deux nuls face aux Pays‑Bas, finalement premiers du groupe G avec trois points d’avance. Le ticket direct n’est pas passé loin.

La réalité, c’est qu’il a fallu traverser une zone de turbulences. Sous Michal Probierz, les tensions ont éclaté, jusque dans la relation avec Robert Lewandowski. Le vestiaire s’est fissuré, la dynamique s’est brisée. Puis Jan Urban est arrivé. Sept matches sans défaite, un groupe recollé, une équipe qui joue à nouveau pour son capitaine et pour quelque chose de plus grand qu’elle.

Cette Pologne-là avance sans blessés, au complet, portée par un duo Lewandowski–Zielinski qui continue de décider des grands soirs. Mais un chiffre grince dans le décor : les Polonais ne gagnent jamais, ou presque, sur le sol suédois. Cela fait 76 ans qu’ils attendent un succès en Suède. Leurs trois derniers déplacements à Solna se sont soldés par des défaites nettes : 2-0 en 1999, 3-0 en 2003, 3-1 en 2004. Une malédiction statistique qui plane au-dessus d’un match déjà lourd de symboles.

Une finale avant l’heure

Le décor est planté : d’un côté, une Suède blessée, irrégulière, mais ranimée par le triplé de Gyökeres et l’empreinte rapide de Graham Potter. De l’autre, une Pologne qui a frôlé la qualification directe, revenue de ses querelles internes, en quête d’une troisième Coupe du monde consécutive.

Un match, une place, aucune échappatoire. La Suède joue sa rédemption, la Pologne sa continuité au plus haut niveau. Dans un printemps où tout se décide, une question s’impose : qui assumera vraiment le poids de ce rendez-vous mondial ?