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Sneakers de Justin Bieber aux enchères : un symbole pour l'éducation

Sur la pelouse, l’Espagne et l’Argentine venaient de boucler une première période suffocante. Dans les tribunes de MetLife Stadium, le vacarme ne retombait pas. Et au milieu de cette finale de Coupe du monde 2026, un détail que personne n’avait vraiment remarqué à la télévision est déjà en train d’écrire une autre histoire.

Aux pieds de Justin Bieber, pendant son interprétation acoustique de « Everything Hallelujah » lors du tout premier show de mi-temps d’une finale de Coupe du monde, une paire de sneakers personnalisées SKYLRK, modèle Matter Daddy, coloris « latte » relevé de touches rose pâle. Quelques minutes sur la pelouse. Un symbole sur le long terme.

Des sneakers à 10 fois leur estimation

Christie’s a annoncé mercredi 29 juillet que ces chaussures, portées le 19 juillet lors de la finale Espagne – Argentine, se sont envolées aux enchères pour 26 400 dollars, soit plus de dix fois l’estimation initiale, fixée entre 2 000 et 4 000 dollars. Une somme conséquente pour une paire de low-tops. Un jackpot pour une cause bien précise.

L’intégralité du montant ira au FIFA Global Citizen Education Fund, dans le cadre de la vente caritative One Goal. Objectif affiché : un programme de 100 millions de dollars pour ouvrir davantage l’accès à l’éducation et au football aux enfants dans le monde entier. Le geste est simple, la portée, elle, est immense.

Un show de mi-temps taillé pour l’histoire

Bieber n’a porté ces SKYLRK que brièvement, le temps de son passage sur scène, mais ce show de mi-temps n’avait rien d’anodin. Il s’agissait du tout premier spectacle de ce type lors d’une finale de Coupe du monde, conçu comme un véritable concert global.

Sur la même affiche : Madonna, BTS, Shakira, Burna Boy, le groupe Electric Mayhem des Muppets, Gustavo Dudamel et le New York Philharmonic, avec un final orchestré par Chris Martin de Coldplay, interprétant le titre original « We Dance » avec le PS22 Chorus. Un casting XXL, une vitrine planétaire. Et derrière, une stratégie claire : transformer ce moment de divertissement en levier de financement massif.

BTS, Shakira, Madonna : la fièvre des enchères

Les sneakers de Bieber n’étaient qu’un des lots phares. Christie’s avait réuni une collection d’objets portés sur scène ce soir-là, et les fans ont répondu avec leurs portefeuilles.

Les pièces liées à BTS ont littéralement affolé les enchères, cumulant 300 300 dollars pour la seule prestation du groupe sur leur tube classé n°1 au Billboard Hot 100, « Dynamite ». Parmi les lots les plus convoités :

  • les imposantes bottes noires Untitled-03 de RM : 19 800 dollars ;
  • les gants noirs et rouges sans doigts de j-hope : 28 600 dollars ;
  • la ceinture en cuir rouge de Jin : 16 500 dollars ;
  • le pantalon en cuir rouge de Suga, avec foulard en soie intégré portant les noms de tous les membres du groupe : 33 000 dollars ;
  • le foulard en soie noir personnalisé de V, orné du nom du groupe, de visages démoniaques et de ballons de football : 46 200 dollars ;
  • la veste de motocross rouge, noire et blanche portée par Jung Kook : 46 200 dollars ;
  • le maillot blanc et rouge à écussons BTS porté par Jimin : 110 000 dollars, sommet spectaculaire de cette série.

Shakira a également vu ses tenues s’arracher. Son costume jaune vif de la vidéo officielle de « Dai Dai » est parti pour 8 250 dollars. Un Earth Ball signé par Shakira, Kaká et le président de la FIFA Gianni Infantino a atteint 3 850 dollars. De quoi rappeler que la star colombienne reste l’un des visages les plus puissants du lien entre pop et football.

Madonna, elle, a fait grimper la température des enchères avec une pièce aussi iconique que reconnaissable : une paire de gants roses vifs, sans doigts, sertis de strass, portés pendant son set d’ouverture de la mi-temps. Résultat : 41 800 dollars.

Coldplay, entre musique et mémoire

Le travail de Chris Martin sur ce show ne s’est pas arrêté à la scène. La feuille manuscrite en deux pages des paroles de « We Dance » – texte sur une page, setlist de la mi-temps sur l’autre – signée et accompagnée d’un message d’amour, a trouvé preneur pour 15 400 dollars.

Un autre objet a cristallisé l’esprit de cette soirée : un ballon bleu World Cup Earth, sur lequel Martin avait inscrit les noms des artistes de la mi-temps. Il a dépassé la barre des 6 000 dollars. Un simple ballon, mais un condensé de cette alliance entre spectacle, football et engagement.

Quand le spectacle change le jeu

Sur le terrain, la finale Espagne – Argentine restera dans les livres d’histoire pour ses buts, ses drames et son vainqueur. En coulisses, cette vente One Goal vient de montrer autre chose : la puissance d’un show de mi-temps pensé comme un événement culturel total, capable de mobiliser des fans de musique, de football et de pop culture autour d’une cause unique.

Une paire de sneakers portée quelques minutes, des gants scintillants, une feuille de paroles gribouillée à la main : autant de fragments d’une soirée devenue, le temps d’une enchère, un moteur financier pour l’éducation et le football des enfants.

La question est désormais simple : après un tel coup d’envoi, jusqu’où ce modèle peut-il emmener la Coupe du monde et ceux qui la regardent bien au-delà du terrain ?

Sneakers de Justin Bieber aux enchères : un symbole pour l'éducation