Scholes annonce un bain de sang à Old Trafford : Mazraoui sur la sellette
Paul Scholes n’a jamais été du genre à arrondir les angles. Mais cette fois, la légende de Manchester United a frappé fort. Très fort. Sur le plateau du podcast « The Good, The Bad & The Football », l’ancien milieu de terrain a dessiné les contours d’un été explosif à Old Trafford, parlant carrément de « bain de sang footballistique » et plaçant Nasser Mazraoui en première ligne des indésirables.
Le timing surprend. Sous les ordres de l’entraîneur intérimaire Michael Carrick, les Red Devils surfent sur une dynamique spectaculaire, solidement installés à la troisième place de Premier League, avec un retour en Ligue des champions qui se précise semaine après semaine. L’ambiance est à la renaissance. Scholes, lui, préfère parler de rupture.
Mazraoui, symbole d’une défense à reconstruire
Pour le champion d’Europe 1999, Nasser Mazraoui incarne une forme de flou que Manchester United ne peut plus se permettre. Le Marocain a rendu des services, bougé sur plusieurs postes, offert une certaine souplesse tactique depuis son arrivée. Mais cette polyvalence ne convainc pas Scholes.
Il l’a dit sans détour : il ne sait pas vraiment où situer le joueur. Utilisé parfois comme défenseur central droit, parfois ailleurs, Mazraoui ne collerait pas, selon lui, au système actuel. Aux yeux de Scholes, un club qui vise les sommets doit s’appuyer sur des spécialistes, pas sur des joueurs en perpétuelle adaptation.
Derrière ce jugement, une vision très claire : bâtir une défense brutale, rapide, physiquement dominante. Une arrière-garde qui ne négocie pas. C’est dans cette logique qu’il pousse aussi vers la sortie Harry Maguire – malgré sa récente prolongation –, le jeune Lennie Yoro et Patrick Dorgu.
Luke Shaw n’est pas épargné non plus. Scholes ne critique pas son niveau, mais son corps. Ses blessures à répétition font de lui, selon l’ancien numéro 18, un risque permanent dans un secteur où la continuité devient vitale.
Huit joueurs sur la sellette
Le cas Mazraoui n’est donc qu’une pièce d’un puzzle bien plus vaste. Scholes ne se contente pas d’un ou deux ajustements. Il parle d’une véritable purge, d’un effectif à nettoyer pour permettre à Manchester United de redevenir un candidat crédible au titre en Premier League comme en Ligue des champions.
Sa liste est longue. Tranchante.
En défense, il met ainsi sur la rampe de départ :
- Nasser Mazraoui
- Harry Maguire
- Lennie Yoro
- Patrick Dorgu
- Luke Shaw, fragilisé par ses pépins physiques récurrents
Au milieu et devant, le couperet tombe aussi :
- Casemiro, dont le départ a déjà été confirmé
- Mason Mount
- Manuel Ugarte
- Joshua Zirkzee
Pour Scholes, ces joueurs ne répondent tout simplement pas au niveau d’exigence nécessaire pour porter un projet taillé pour les titres. Son discours ne s’embarrasse ni de nuances ni de diplomatie : il estime que Manchester United doit trier, trancher, repartir sur une base plus élite, plus homogène.
Un gardien comme point d’ancrage
Dans ce paysage de grands travaux, une certitude émerge pourtant : le poste de gardien. Là, Scholes se montre dithyrambique avec le jeune Sene Lamin, qu’il décrit comme le véritable tournant de la saison. À ses yeux, c’est l’arrivée de Lamin qui a ramené de la stabilité après une période agitée sous André Onana.
Ce n’est pas un détail. Pour un club qui a souvent bâti ses grandes équipes à partir d’un gardien fort – de Peter Schmeichel à Edwin van der Sar – voir une légende comme Scholes s’enflammer pour Lamin donne le ton. Le message est clair : le futur peut se construire autour de lui.
Même logique pour Matthijs de Ligt. Scholes le considère comme un pilier à préserver, une pièce maîtresse de la défense à venir. Dans son esprit, le Néerlandais représente mieux l’avenir que Maguire, tant par son profil que par sa capacité à incarner un nouveau cycle.
Les mots de Paul Scholes ne sont pas des commentaires de salon. Ils résonnent comme un avertissement adressé au club, aux dirigeants, aux joueurs eux-mêmes. Manchester United retrouve enfin des résultats, une place dans le haut du tableau, une perspective européenne. Mais pour l’un de ses plus grands symboles, ce n’est qu’un début, et il faudra accepter de casser pour reconstruire.
Reste une question brûlante : à Old Trafford, aura-t-on vraiment le courage de mener ce « bain de sang » jusqu’au bout ?




