Schmeichel appelle Manchester United à signer Xhaka
Manchester United prépare sa grande mue au milieu de terrain cet été. Les regards se tournent vers des jeunes prometteurs, des noms à la mode, des paris pour demain. Peter Schmeichel, lui, regarde ailleurs. Vers un trentenaire, capitaine dans l’âme, qui a déjà connu la tempête et qui, selon lui, manque cruellement à Old Trafford : Granit Xhaka.
L’ancien gardien de United ne tourne pas autour du pot. Invité du podcast The Good, The Bad & The Football, il a clairement posé sa vision : si le club veut bâtir autour de Kobbie Mainoo, il lui faut un tuteur, un cadre, un joueur qui sait ce que signifie porter une équipe sur ses épaules.
« Je pense qu’on devrait aller signer Xhaka », lance-t-il. Le décor est planté.
Construire autour de Mainoo, mais avec un vrai patron
À Old Trafford, le plan est clair : faire de Kobbie Mainoo le cœur du projet. Le départ annoncé de Casemiro ouvre un vide à la fois technique et symbolique dans l’entrejeu. Les pistes Adam Wharton, Elliot Anderson et d’autres jeunes profils excitent les supporters, mais Schmeichel met en garde : le talent ne suffit pas.
Dans ce vestiaire, rappelle-t-il, les vrais leaders se comptent sur les doigts d’une main : Harry Maguire, Bruno Fernandes… et c’est à peu près tout. Pour le Danois, United ne peut pas se contenter d’empiler des espoirs sans leur offrir une colonne vertébrale expérimentée.
C’est là qu’entre en scène Granit Xhaka, 33 ans, ancien capitaine d’Arsenal, aujourd’hui patron de Sunderland.
Sunderland transformé, Xhaka au centre du projet
Arrivé chez les Black Cats en provenance du Bayer Leverkusen pour 17 millions de livres en juillet 2025, Xhaka n’a pas simplement renforcé Sunderland. Il l’a métamorphosé.
Le club, de retour en Premier League pour la saison 2025-26, ne se contente pas de survivre. Il s’est installé dans le ventre confortable du classement, à la 12e place, avec même une petite fenêtre entrouverte vers l’Europe. Une performance que Schmeichel attribue largement au Suisse.
« Quand je regarde ce que Xhaka a fait pour Sunderland, Xhaka est la raison pour laquelle ils sont là où ils sont », insiste-t-il.
Pas une formule creuse : le milieu a déjà débuté 29 matches de championnat cette saison, enchaînant les prestations de haut niveau, imposant son rythme, sa voix, ses standards.
Son leadership, décrit Schmeichel, n’est pas cosmétique. Il structure une équipe, rassure les jeunes, fixe l’exigence. Un joueur capable, selon lui, de disputer 80 % des rencontres et de maintenir un niveau constant. Exactement le profil que United cherche sans vraiment le dire.
Un test en direct pour United
Le timing rend le débat encore plus piquant. Manchester United se déplace à Sunderland la semaine prochaine. L’occasion parfaite pour mesurer, de près, l’impact réel de Xhaka sur le jeu et l’attitude des Black Cats.
À Old Trafford, la stratégie officielle reste orientée vers la jeunesse. Le club prépare une offensive sur des profils comme Wharton ou Anderson, dans la lignée d’un projet à long terme. Mais la pression du court terme, la nécessité de retrouver une identité claire et une équipe qui ne s’effondre pas au premier coup de vent, pousse des voix comme celle de Schmeichel à réclamer autre chose : de l’expérience, du caractère, de la fiabilité.
Et dans cette catégorie, le Suisse coche toutes les cases.
Un cadre encore affûté, mais cher
À l’approche de la Coupe du monde 2026, Granit Xhaka reste en pleine forme. International suisse incontournable, il n’a pas levé le pied. Son volume de jeu, sa disponibilité et sa capacité à dicter le tempo en font toujours un milieu de très haut niveau.
Problème pour United : Sunderland sait ce qu’il représente. Sur le terrain, dans le vestiaire, dans la hiérarchie du club. Le lâcher, à un an d’un Mondial qui pourrait encore rehausser sa valeur, ne se fera pas à prix d’ami. Les Black Cats sont en position de force et peuvent exiger un montant conséquent pour leur leader.
Reste une question, brute, sans fioritures : dans un été où Manchester United parle de reconstruction, le club osera-t-il investir une partie de son budget sur un trentenaire pour encadrer Kobbie Mainoo, plutôt que tout miser sur l’avenir immédiat de jeunes talents encore « non prouvés » ?
La réponse dira beaucoup de ce que United veut être dans les prochaines saisons : une équipe de promesses, ou une équipe prête à gagner avec des hommes qui savent déjà comment faire.




