Richmond propose un contrat record de 16 millions à Zak Butters
Richmond vient de jeter un pavé dans la mare du marché des agents libres. Le club, en pleine reconstruction mais toujours doté d’une ambition de géant, est prêt à proposer à Zak Butters ce qui serait tout simplement le plus gros contrat de l’histoire de l’AFL.
On parle d’un engagement d’au moins huit ans, pour un salaire approchant les 2 millions de dollars par saison. Soit un total autour de 16 millions. Des chiffres qui donnent le vertige, mais qui s’inscrivent dans une réalité économique nouvelle : le plafond salarial est passé de 10,4 millions en 2016 à 18,3 millions prévus en 2026. En proportion, un salaire de 2 millions en 2026 pèsera à peu près autant dans la masse salariale qu’un peu plus de 1,13 million il y a dix ans.
Richmond a préparé son coup. Selon AFL Media, les Tigers ont soigneusement mis de côté de la place dans leur salary cap pour 2025 et 2026, profitant d’un effectif rajeuni et donc moins coûteux. De quoi front-loader l’offre et tenter d’étouffer la concurrence dès le départ.
Car concurrence il y a, et elle est sérieuse.
Un combat sportif, financier… et familial
Western Bulldogs et Geelong restent vus comme les principaux prétendants pour Butters. Pas seulement pour des raisons financières, mais pour une donnée que l’argent ne règle pas toujours : la proximité familiale. La famille du joueur est installée dans l’ouest de Melbourne, un argument de poids dans un dossier où l’affect compte autant que le chèque.
Le directeur général de Geelong, Steve Hocking, ne s’est pas caché sur 3AW le week-end dernier : le club fait partie de ceux qui se positionnent. Hawthorn et Collingwood sont également sur le coup, preuve que le marché autour de Butters ressemble déjà à une véritable mêlée générale.
Au milieu de ce tumulte, le principal intéressé garde le frein à main tiré. Interrogé par l’ABC, Butters a rappelé ses priorités : gagner des titres, où qu’il soit, et garder sa famille au centre de ses décisions. Ses parents étaient d’ailleurs présents le week-end évoqué, une présence qui illustre bien le poids de ce facteur dans son choix à venir. Il l’a dit clairement : la décision ne tombera pas de sitôt.
Port Adelaide s’accroche à son joyau
À Port Adelaide, on sait très bien ce que représente Zak Butters. Sur le terrain, évidemment. Dans le vestiaire, tout autant. Sur AFL 360, le capitaine Connor Rozee a reconnu avoir déjà tenté de le convaincre de rester. Sans obtenir de grandes confidences.
Le message est limpide : le club fera tout pour créer un environnement dans lequel Butters aura envie de prolonger l’aventure. Rozee a rappelé les liens tissés au fil des huit dernières années entre lui, Butters et d’autres cadres. Mais il sait aussi que le football moderne impose son lot de départs et de choix déchirants. Port Adelaide se prépare donc à vivre avec cette incertitude tout au long de la saison, avec une seule certitude à court terme : Butters est totalement investi dans l’année en cours. Le reste suivra, ou non.
En attendant, Richmond a posé un marqueur. Un contrat record, une volonté affichée de redevenir un poids lourd du recrutement, et un message envoyé à tout le championnat : les Tigers n’attendront pas que la reconstruction se fasse d’elle-même.
Ned Reeves, la renaissance d’un ruckman… et un tournant de carrière
Pendant que la saga Butters embrase le marché, un autre dossier raconte une histoire très différente, mais tout aussi révélatrice : celle de Ned Reeves.
Le ruckman d’Hawthorn, 27 ans, n’avait disputé que cinq matches seniors sur les deux dernières saisons. Son statut semblait fragile, son avenir ouvert. Carlton et Collingwood l’ont senti et ont attaqué fort, comme l’a révélé Jon Ralph dans le Midweek Tackle. Deux puissances victorianes prêtes à lui offrir une nouvelle plateforme.
Reeves a dit non. Il a prolongé à Hawthorn jusqu’en 2029.
Pourquoi rester dans un club où il peinait à retrouver le rôle de numéro un ? Deux moments clés ont tout changé. D’abord, Sam Mitchell. L’entraîneur des Hawks est venu le voir en fin d’année dernière pour lui dire, simplement : « Je te veux. » Pour Reeves, qui sortait de deux saisons quasi blanches, ce soutien valait plus qu’un discours creux. Mitchell croyait encore en lui.
Puis il y a eu ce message venu de l’autre côté du monde. Reeves, assis sur une plage au Mexique, regarde son téléphone. Les règles du ruck viennent de changer. Le jeu va désormais davantage récompenser les sauteurs, les profils aériens, plutôt que les lutteurs et les grapplers. Un basculement réglementaire qui redonne soudain de la valeur à son style.
Il confie alors à ses coéquipiers qu’il se sent « de nouveau en course ». La suite lui a donné raison. Sa résurgence doit beaucoup à cette combinaison rare : la confiance d’un coach et une évolution du règlement qui remet son profil au centre du jeu.
Deux histoires, deux trajectoires. D’un côté, Zak Butters et une bataille à coups de millions, de projets de vie et de rêves de drapeau. De l’autre, Ned Reeves, un ruckman qui a choisi la foi d’un club et l’opportunité tactique plutôt que l’appel de deux géants.
La prochaine intersaison dira jusqu’où les clubs sont prêts à aller pour retenir leurs piliers ou en déloger d’autres. Richmond a déjà montré sa main. Reste à savoir si Butters suivra la voie du contrat record… ou celle, plus intime, du choix de cœur.




