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Le retour du VAR après le but polémique de Haaland

Le Manchester derby continue de laisser des traces… jusque dans la cabine VAR. Un mois après avoir validé à tort le but d’Erling Haaland à Old Trafford, l’arbitre vidéo Matt Donohue retrouve les matches de Premier League.

Il sera aux commandes en tant qu’assistant VAR samedi, lors de Coventry – Fulham. Une réapparition discrète, mais très scrutée.

Le but qui a tout déclenché

13 septembre, Old Trafford. Dix joueurs seulement pour Manchester City, mais Erling Haaland croit avoir fait basculer le derby à la 59e minute. Centre venu de la droite, mouvement au second poteau, finition clinique. Le drapeau se lève. L’assistant signale un hors-jeu sur Haaland.

La technologie semi-automatique entre alors en scène. Ligne tracée, épaule et talon disséqués au millimètre près : Haaland est en réalité en jeu. Le but est donc rétabli.

Sauf qu’une autre image saute aux yeux de tout le monde. Au cœur de la surface, Enzo Fernandez, milieu de City, se jette sur le même centre. Il est clairement hors-jeu. Il ne touche pas le ballon, mais son appel perturbe Lisandro Martinez, défenseur de Manchester United, qui doit gérer deux menaces dans son dos. Selon les lois du jeu, la position de Fernandez et son impact sur Martinez auraient dû entraîner l’annulation du but.

Sur le terrain, le but est finalement accordé. Dans la cabine, Matt Donohue et son assistant Blake Antrobus ne jugent pas Fernandez comme interférant avec le jeu. La décision fait basculer le match… et enflamme le débat.

Silence, excuses, puis retour

Depuis ce derby, Donohue avait disparu du paysage en Premier League. Aucun rôle sur les trois journées suivantes au plus haut niveau. Antrobus, lui, a refait surface le week-end dernier comme arbitre assistant lors de Newcastle – Aston Villa.

Donohue n’est pas resté inactif pour autant. Il a continué à officier en EFL, notamment lors de Derby – Wrexham le 10 octobre, puis Southampton – Bolton le week-end dernier. Une sorte de sas de décompression loin de la lumière brutale de la Premier League.

Entre-temps, l’instance des arbitres, Pro Ref, a dû gérer la tempête. Howard Webb, son directeur en chef de l’arbitrage, a reconnu une erreur claire. Selon lui, Donohue a développé une forme de « vision tunnel » en se focalisant sur la position de Haaland, au détriment de l’analyse globale de l’action et de l’influence de Fernandez.

Le club de Manchester United a reçu des excuses pour cette décision de VAR jugée incorrecte. Pro Ref a admis un « error of judgment » et expliqué que le VAR aurait dû recommander une on-field review à l’arbitre principal pour reconsidérer le but.

Ce qui s’est passé dans l’oreillette

Les échanges entre les officiels à Old Trafford racontent une histoire très claire. L’assistant signale d’abord « offside Haaland ». L’arbitre confirme : décision sur le terrain, hors-jeu.

Dans la cabine, Donohue se concentre alors sur la ligne de Haaland. Il vérifie la position de l’attaquant, constate qu’il est en jeu de trois centimètres, puis remonte l’attaque pour contrôler le reste de l’action. Il s’assure qu’il n’y a pas de hors-jeu préalable sur Iliman Ndiaye. Tout est correct à ses yeux.

Arrive le cas Fernandez. Les images montrent un joueur hors-jeu qui plonge vers le ballon. Les arbitres vidéo confirment qu’il ne le touche pas, parlent de « gap » clair. Pour eux, pas de contact, donc pas d’infraction manifeste. Ils valident le but et demandent à l’arbitre de changer sa décision initiale.

C’est précisément là que Pro Ref estime que la bascule aurait dû se faire : non pas sur la touche du ballon, mais sur l’impact de Fernandez sur la capacité de Martinez à défendre l’action. Une zone grise, certes subjective, mais qui, selon Webb, aurait dû conduire à un refus du but.

Webb tranche : « Ce but aurait dû être refusé »

Invité de l’émission Match Officials Mic’d Up, Howard Webb n’a pas cherché à protéger la décision. Il s’est dit « vraiment déçu » par l’épisode et a décrit un VAR trop obsédé par la position de Haaland pour évaluer correctement le rôle de Fernandez.

Il a détaillé le processus : décision de terrain contre Haaland, check de la ligne, correction en faveur de l’attaquant, puis oubli de l’élément central – l’influence du joueur hors-jeu au milieu de la surface. Pour Webb, l’équipe VAR aurait dû sortir Donohue de ce « tunnel » et l’inciter à revoir l’action sur le moniteur. Cela n’a pas été fait. Le but, selon lui, « aurait dû être refusé ».

Les consultants s’enflamment

Sur le plateau de Sky Sports, les anciens joueurs n’ont pas mâché leurs mots. Gary Neville a annoncé dès le coup de sifflet final qu’une excuse officielle tomberait. Il a insisté sur le fait qu’Enzo Fernandez cherchait clairement à jouer le ballon et perturbait Lisandro Martinez.

Jamie Carragher a parlé d’arbitres « obsédés » par la ligne de Haaland, au point d’en oublier Fernandez au cœur de la surface. Pour lui, la décomposition de l’action met en lumière une analyse insuffisante de l’impact du joueur hors-jeu.

Micah Richards a été encore plus tranchant, évoquant « une mauvaise journée pour les arbitres et le VAR ». À ses yeux, Fernandez défie clairement le ballon et influence la réaction du défenseur. Roy Keane, fidèle à son style, a dénoncé une situation où United se retrouve « puni pour avoir tenu une bonne ligne défensive ».

Une réintégration sous haute pression

Le retour de Matt Donohue au niveau Premier League, même comme assistant VAR sur un Coventry – Fulham a priori moins explosif qu’un derby de Manchester, n’a rien d’anodin. C’est un test. Pour lui, pour le système, pour la confiance du public.

La question n’est plus de savoir si l’erreur est reconnue. Elle l’est. Elle a été disséquée, expliquée, assumée. La vraie interrogation, désormais, est simple : la Premier League peut-elle encore se permettre qu’un but décisif soit validé ou refusé non pas par manque de technologie, mais par un simple angle mort humain dans une cabine remplie d’écrans ?

La prochaine fois qu’un ballon traînera dans une surface avec un joueur hors-jeu qui plonge sans toucher la balle, tout le monde saura où regarder. Et qui.