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Premier League : enjeux après Pep Guardiola et défi d'Arsenal

Comment Manchester City va-t-il respirer sans Pep Guardiola ? Xabi Alonso peut-il réellement transformer Chelsea ? Et Arsenal est-il prêt pour le fardeau le plus lourd qui soit en Angleterre : défendre un titre de Premier League ?

À l’aube d’une nouvelle saison, Joe Hart, ancien gardien de City et de l’équipe d’Angleterre, aujourd’hui consultant pour la BBC, a posé un regard sans filtre sur ce trio de questions brûlantes.

City sans Pep : Maresca au cœur de la tempête

Pep Guardiola parti après une décennie saturée de trophées, l’Etihad entre dans l’inconnu. Enzo Maresca hérite d’un vestiaire habitué à la perfection, d’un club structuré pour gagner… mais aussi d’un vide immense sur le banc.

Pour Hart, le vrai poids ne viendra pas de l’intérieur.

« Je pense que le club ne met pas une attente massive sur cette saison », explique-t-il sur BBC Radio 5 Live. Selon lui, City reste convaincu d’avoir « l’équipe et la qualité pour rivaliser », mais l’exigence institutionnelle sera légèrement desserrée. Le message implicite : transition, pas révolution.

Sur le marché, la valse est déjà brutale. City a brièvement fait sauter le plafond des transferts pour un joueur anglais en recrutant le milieu Elliot Anderson à Nottingham Forest pour 116 millions de livres. Dans le même temps, le club se prépare à perdre Rodri, sacré Ballon d’Or du Mondial avec l’Espagne, en partance annoncée pour Barcelone. Pour combler ce gouffre, les dirigeants discutent avec Lille pour le jeune Marocain Ayyoub Bouaddi, 18 ans, autour de 85,6 millions de livres. Et l’appétit ne s’arrête pas là : City veut toujours faire venir l’Argentin Enzo Fernandez de Chelsea.

Tout cela sur fond de coup de froid : une défaite 3-0 face à Arsenal lors du Community Shield à Cardiff, qui a brutalement rappelé que la vie sans Guardiola ne serait pas un long fleuve tranquille.


Autrement dit : City sait qu’il entre dans une zone de turbulences. Le reste du pays, lui, n’attendra pas.

L’héritage de la domination et le défi d’Arsenal

De 2020-21 à 2023-24, City a empilé quatre titres consécutifs. Une emprise étouffante sur la Premier League. Depuis deux saisons, le champion a changé de mains, et c’est désormais Arsenal qui porte la couronne.

Hart prévient : les Gunners vont découvrir une vérité que les équipes de Guardiola ont apprivoisée, mais jamais banalisée – rester au sommet est plus dur que d’y grimper.

Il se replonge dans ses propres années dorées à City, champion en 2011-12 puis 2013-14, sans jamais réussir à conserver le titre. « Je marchais sur l’eau à ce moment-là. Je pensais vraiment être “ce gars-là” », raconte-t-il. Puis le football a frappé fort, très vite. « Le football trouve un moyen, très rapidement, de te montrer que tu ne l’es pas. Et quand les choses commencent à se déliter, ce qui arrive dans n’importe quelle saison, tout semble vraiment s’effondrer, parce que tout à coup tu es sous ce regard de champion. »

Ce regard-là, Arsenal va le sentir sur sa nuque chaque week-end. La moindre série de matches moyens deviendra une crise. Chaque point perdu sera disséqué, suranalysé.

Pour Hart, la clé se trouve dans la manière dont Mikel Arteta et son groupe encaisseront le premier choc, la première vraie douleur de champions. « C’est vraiment important comment Arsenal va gérer ça », souligne-t-il, tout en saluant le travail de son ancien coéquipier, « brillant », capable de « grandes décisions, des décisions audacieuses ».

La phrase qui claque, presque comme un avertissement pour l’Emirates : « C’est ironique, mais atteindre le sommet, c’est la partie facile, vraiment. »

Rester là-haut, c’est une autre histoire. La saison qui arrive va dire si Arsenal est bâti pour l’écrire.