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Premier League : City, Arsenal et Chelsea sous l'œil de Joe Hart

La Premier League s’apprête à repartir, et trois questions dominent déjà les conversations : à quoi ressemblera Manchester City sans Pep Guardiola ? Jusqu’où Xabi Alonso peut-il emmener Chelsea ? Et comment Arsenal va-t-il encaisser la défense de son titre ?

Sur BBC Radio 5 Live, dans l’émission Monday Night Club, Joe Hart, ancien gardien de City et de l’Angleterre, a déroulé son analyse. Sans langue de bois.

Manchester City : Maresca hérite d’un trône… et d’une tempête

Pep Guardiola parti après une décennie gavée de trophées, Enzo Maresca prend les commandes à l’Etihad Stadium avec un héritage colossal. Pourtant, Joe Hart ne sent pas un club pris de panique.

« Je pense que le club ne fait pas peser une énorme attente sur cette saison », explique-t-il.

Selon lui, City reste convaincu de posséder « l’équipe et la qualité pour lutter », mais le niveau d’exigence interne ne sera pas le même que sous Guardiola. Pas cette année.

La pression, elle, viendra de l’extérieur. « Maresca va immédiatement être pris pour cible, parce que beaucoup n’attendent qu’une chose : sauter sur Man City au moindre signe de faiblesse », prévient Hart. En interne, il voit plutôt une organisation lucide, consciente de la difficulté de ce moment de transition : « Ils sont assez intelligents, en tant qu’entreprise, pour comprendre que ce qui se passe maintenant est compliqué. »

Le contexte n’aide pas. City vient de s’incliner 3-0 face à Arsenal lors du Community Shield à Cardiff. Une claque symbolique pour ouvrir une ère nouvelle.

Sur le marché, le club n’a pourtant pas levé le pied. City a brièvement battu le record de transfert pour un joueur anglais en recrutant Elliot Anderson à Nottingham Forest pour 116 millions de livres. Mais la colonne vertébrale est menacée : Rodri, lauréat du Ballon d’Or du Mondial avec l’Espagne, semble en route vers Barcelone. En parallèle, le club discute pour faire venir le Marocain Ayyoub Bouaddi, 18 ans, en provenance de Lille pour 85,6 millions de livres, et garde un œil sur Enzo Fernandez à Chelsea.

Un effectif qui bouge, un entraîneur novice à ce niveau, un vestiaire habitué à la perfection de Guardiola : le décor est planté. City veut encore « pousser sur tous les fronts », comme le résume Hart, mais sans ce carcan de titre obligatoire qui a accompagné les dernières saisons.

Arsenal : du sommet au microscope

Arsenal découvre un nouveau monde : celui du champion attendu au tournant. Après avoir mis fin à l’hégémonie de City, les hommes de Mikel Arteta vont vivre ce que Hart appelle « le regard du champion ».

L’ancien gardien sait de quoi il parle. Il a remporté deux titres avec City, en 2011-12 et 2013-14, sans jamais réussir à les défendre. « Je marchais sur l’eau à ce moment-là. Je pensais vraiment que j’étais “ce gars-là” », raconte-t-il. Puis la réalité l’a rattrapé.

« Le football trouve très vite un moyen de te montrer que tu ne l’es pas. Et quand les choses commencent à se déliter, comme elles le font toujours à un moment dans une saison, tout s’effondre plus fort parce que tu es sous ce genre de regard de champion. »

C’est là que se jouera une partie de la saison d’Arsenal : comment encaisser les premiers coups durs en étant l’équipe à abattre. Hart insiste sur la capacité d’Arteta à trancher : « Il a fait un travail brillant, il prend de très grandes décisions, des décisions audacieuses. Tout se joue dans la manière dont tu gères cette première douleur. »

Et cette phrase qui claque : « C’est ironique, mais atteindre le sommet, c’est la partie facile. Vraiment. »

Arsenal entre donc dans une saison où chaque faux pas pèsera double. Le titre ne les protège pas, il les expose.

Chelsea : sans Europe, une chance à saisir

À l’autre bout de Londres, Chelsea repart de beaucoup plus loin. La saison passée a été un naufrage en championnat, ponctué par une 10e place et un nouvel entraîneur écarté en quelques mois, Liam Rosenior, successeur éphémère de Maresca sur le banc.

Résultat : pas de Coupe d’Europe à Stamford Bridge pour seulement la troisième fois depuis le début du siècle. La dernière fois que cela s’est produit, en 2016-17, Antonio Conte avait transformé ce vide européen en force. Son équipe, ultra préparée, avait roulé sur la Premier League.

Joe Hart se souvient d’une conversation avec Gary Cahill à ce sujet : « Il disait qu’avec Conte, ils étaient tellement bien rodés, il était tellement intense sur ce qu’ils devaient faire. Ils avaient presque des playbooks de NFL, et l’absence de Coupe d’Europe leur a donné le temps de construire leur saison. »

C’est exactement là que se niche l’opportunité pour Xabi Alonso. Un entraîneur avec une idée claire du jeu, du temps pour travailler « sur le gazon » avec ses joueurs, sans les allers-retours européens pour casser le rythme.

« Leur plafond, c’est évidemment d’être dans le coup, d’être là-haut », estime Hart. « Je pense que oui. Et ils ont une très belle opportunité. »

City en mutation, Arsenal sous surveillance, Chelsea en embuscade sans Europe : la saison s’ouvre avec des trajectoires opposées, mais une même question brûle déjà les lèvres. Qui saura vraiment tirer parti de ce moment charnière ?