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Plymouth Parkway : Un rêve en FA Cup

À Bolitho Park, on commence à rêver tout haut. Plymouth Parkway, modeste club du septième échelon, s’est offert sa toute première présence au premier tour de la FA Cup et, avec elle, l’impression grisante que l’histoire peut encore s’écrire un peu plus loin.

Le tirage leur a offert un rendez-vous taillé sur mesure pour nourrir l’ambition : Berkhamsted, pensionnaire comme eux de la Southern League Premier Division South, attendu dans le Devon le 7 novembre. Pas de déplacement chez un géant, pas d’enceinte mythique. Mais une opportunité en or.

Andrew Neal, meilleur buteur de Parkway et auteur du premier but lors de la victoire 2-0 contre Chertsey Town au dernier tour, ne s’en cache pas. « Si tu ne chopes pas un gros morceau à l’extérieur, c’est exactement le tirage que tu veux », a-t-il confié à BBC South West. Un adversaire du même niveau, à domicile, et cette impression très nette qu’un deuxième tour n’est plus un simple mirage. « C’est difficile de ne pas s’enflammer et de déjà penser à un potentiel tirage du deuxième tour », admet-il.

Un tirage rêvé… mais pas simple

Le contexte pourrait faire de Parkway le favori naturel. L’équipe de Karl Curtis pointe à la deuxième place de son championnat après 11 journées, tandis que Berkhamsted navigue sept points derrière, en 11e position. Les deux clubs ne se sont pas encore croisés cette saison, mais le dernier exploit du club du Hertfordshire en dit long : une remontée victorieuse, 2-1, sur la pelouse de Southend United, formation de National League.

De quoi refroidir toute tentation de suffisance. Curtis s’y refuse catégoriquement. Pour lui, ce premier tour n’est pas un aboutissement, mais une porte entrouverte. « Je pensais que ce premier tour de FA Cup serait un bonus absolu, peu importe l’adversaire. Mais ce tirage nous donne surtout l’occasion de poursuivre ce voyage », explique-t-il.

Il prévient d’ailleurs ceux qui voudraient installer Parkway dans un costume trop confortable : « Ça va être un match 50-50. Certains diront : “Non, vous êtes à la maison, vous serez favoris.” Mais parfois, ça amène sa propre pression. » Bolitho Park devrait afficher complet. Un privilège, mais aussi un poids. « Je pense que ce sera à guichets fermés, ça ajoutera de la pression sur nous et ça en enlèvera un peu à eux », analyse Curtis.

L’entraîneur a déjà épluché les prestations de Berkhamsted cette saison. Le verdict est sans détour : « Quand tu vas à Southend et que tu gagnes, c’est que tu es une bonne équipe. Ils viendront ici pleins de confiance. Nous aussi. C’est pour ça que je dis que c’est du 50-50. »

Une ascension fulgurante

Pour mesurer la portée de ce parcours, il faut revenir au point de départ. Plymouth Parkway naît en 1988 comme simple équipe de parc, loin, très loin des caméras et des projecteurs de la FA Cup. Le club grimpe d’abord les échelons du football local, puis arrache la montée en Western League en 2018. Trois ans plus tard, nouvelle promotion vers la Southern League. En 2022, les voilà au septième niveau national.

Depuis, la progression ne s’est pas essoufflée. Cette campagne de coupe, la plus belle de leur histoire, en est la preuve éclatante. Sur le plan financier, elle change aussi la donne : Parkway a déjà empoché 18 375 £ en primes. Un succès au prochain tour leur garantirait au minimum 68 950 £ supplémentaires. Des chiffres qui pèsent lourd à cette altitude du football anglais.

Tout cela intervient alors que le club explore des pistes d’investissement venues du Moyen-Orient. Une perspective presque irréelle pour ceux qui ont connu Parkway à ses balbutiements. Gez Baggott, ancien entraîneur, a vu le club se transformer année après année. « Je suis extrêmement fier », souffle-t-il. « J’ai vu le club gagner des championnats, des coupes, mais mon objectif a toujours été d’atteindre le premier tour proprement dit. Et je l’ai vu. »

Sa voix porte aussi la mémoire de ceux qui ont accompagné le club sans pouvoir vivre ce moment. « Il y a beaucoup de gens que j’aimerais voir ici aujourd’hui et qui ne sont plus là. Le chemin a été long, mais c’est un tel accomplissement pour le club, c’est absolument fantastique. »

Entre rêve de coupe et réalité du championnat

L’euphorie, pourtant, ne doit pas tout emporter. Curtis s’emploie à garder son groupe les pieds sur terre. Le tableau de la FA Cup peut faire briller les yeux, mais le quotidien, lui, reste celui d’un marathon en championnat.

Plymouth Parkway accuse quatre longueurs de retard sur Poole Town, leader, avec un match en moins. Uxbridge, troisième, est à égalité de points avec eux, mais avec une rencontre de moins également. Le moindre faux pas se paie cash dans cette lutte dense en haut de tableau.

D’ici à la réception de Berkhamsted, le calendrier est sans pitié : « On doit négocier quatre ou cinq matches de championnat, samedi, mardi, samedi, mardi, plus un match de coupe », détaille Curtis. Une série qui peut façonner la saison autant que ce premier tour de FA Cup. « Ça va déjà être un défi en soi, tout en essayant de prendre un maximum de points en championnat. »

L’entraîneur refuse de laisser la coupe servir d’alibi. Ni pour un coup de mou, ni pour un relâchement. « Je ne veux pas que ce parcours en coupe nous fasse dérailler ou donne des excuses à quiconque pour lever le pied en championnat. On ne laissera pas ça arriver. »

Alors, quand on lui parle de ce premier week-end complet de novembre, il coupe court. Le discours est clair, presque têtu : « Le match le plus important pour moi, en ce moment, c’est tout simplement le prochain. »

Entre le rêve de FA Cup et l’ambition de montée, Plymouth Parkway marche sur un fil. Mais pour un club né sur un terrain de parc, ce fil ressemble de plus en plus à une ligne de destin.