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Les Pistons dominent Boston grâce à Javonte Green

La saison morte avait donné le ton. Detroit voulait ouvrir le jeu, écarter les défenses, vivre à trois points. Tobias Harris sacrifié pour John Collins dans le cinq de départ, Caris LeVert et Marcus Sasser remplacés sur le banc par Isaiah Joe et Taurean Prince : la feuille de route était claire. Ajouter trois tireurs à 40 % longue distance à une équipe qui sort déjà d’une saison à 60 victoires, c’est un message. Boston l’a reçu de plein fouet.

Au Little Caesars Arena, les Pistons ont repris leurs habits de prétendant à l’Est en dominant les Celtics 121-113 pour l’Opening Day, portés par une deuxième mi-temps à 76 points et un banc qui a fait exploser le match.

Une profondeur assumée, un héros inattendu

« Ça vient aussi de l’an dernier, de notre profondeur », rappelle Javonte Green. « N’importe qui peut prendre feu, n’importe quelle nuit. »

Mardi, ce « n’importe qui », c’était lui.

Longtemps, son nom est resté sur la feuille de match sans la moindre minute jouée. Green a regardé, attendu, absorbé le rythme. Aucun signe d’agacement : le vétéran sait ce que signifie rester prêt. La saison passée, il a disputé les 82 rencontres de saison régulière, véritable Ironman de Detroit. Il connaît son rôle, il connaît le tempo d’un match NBA. Et il a senti le moment.

Ce moment arrive au milieu du troisième quart-temps. Boston mène, confortablement. L’écart flirte avec la dizaine de points, les Celtics contrôlent, imposent leur tempo, et Detroit cherche encore son identité défensive. Green entre, et le ton change.

« On ne jouait pas aussi dur qu’on sait le faire en défense », lâche-t-il. « Ils étaient trop à l’aise. Quand on a monté l’intensité, qu’on a mis le ton, tout le reste s’est mis en place. C’est notre style… On ne jouait pas le Detroit Basketball. »

Un run assassin et un banc qui pèse

Le discours colle aux actes. En 18 minutes, Green signe 19 points, propre, chirurgical : 5 sur 8 derrière l’arc, des tirs dans les coins, d’autres depuis l’aile, toujours au bon moment. Sa présence déclenche la vague : les Pistons collent un 23-0 à Boston, un run qui égale un record de franchise et renverse totalement l’inertie de ce choc de conférence Est.

Sur le banc, ils ne sont que six à entrer en jeu côté Detroit. Mais un seul prend véritablement la lumière. Green devient le facteur X de l’après-midi, celui qui fait basculer une rencontre que Boston semblait tenir.

Le cinq majeur, lui, fait le travail attendu d’une équipe qui vise le très haut de tableau. Cade Cunningham, Jalen Duren et Duncan Robinson passent tous la barre des 20 points. Volume, régularité, menaces multiples sur le périmètre et dans la raquette : l’arsenal offensif est là. Pourtant, dans une affiche face à un candidat déclaré aux sommets de la conférence, la valeur des 19 points sortis du banc par Green n’a rien à envier aux totaux des titulaires. C’est cette couche supplémentaire, cette menace imprévisible, qui fait la différence sur un Opening Day souvent piégeux.

Domination au rebond, réponse en deuxième mi-temps

Pour verrouiller l’affaire, Detroit ne s’est pas contenté de tirer de loin. Les Pistons ont pris l’ascendant au rebond, un secteur clé pour couper le rythme des Celtics et imposer le leur. Chaque prise sous le cercle devenait une rampe de lancement pour un tir rapide, une transition, une attaque placée avec un spacing désormais pensé pour punir à trois points.

Les 76 points inscrits après la pause résument cette montée en puissance. Boston a tenu, résisté, mais a fini par plier sous la combinaison de l’adresse extérieure, de l’impact du banc et de la bataille du rebond. Le tout dans une salle qui retrouvait d’emblée les réflexes d’un public de tête de série, bruyante, sûre de la trajectoire de son équipe.

Detroit boucle sa première soirée avec un bilan de 1-0, la confiance gonflée et la sensation d’avoir validé, au moins pour un match, les choix de l’été. Le groupe aura quelques jours pour souffler avant de prendre la route de Miami, où l’attend un rendez-vous à 20 h face au Heat, vendredi 23 octobre.

Une question flotte déjà : si le tir à trois points reste à ce niveau et si des joueurs comme Javonte Green continuent de surgir de l’ombre, jusqu’où ce collectif peut-il pousser la conférence Est cette saison ?