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Peter Shalulile : Un nouveau défi avec Young Africans

À Dar es Salaam, Peter Shalulile n’est pas venu pour prendre sa retraite dorée. Il est arrivé avec une comparaison qui claque.

« Quitter l’Afrique du Sud pour venir en Tanzanie, c’est comme Cristiano Ronaldo quittant Real Madrid pour aller à Juventus », a lancé l’attaquant de 32 ans lors de sa présentation officielle.

Le ton est donné : pour lui, Young Africans n’est pas un pas en arrière, mais un nouveau sommet à gravir.

« Il n’y a pas de petit championnat »

Face aux journalistes, le buteur a balayé l’idée d’un exil dans une ligue mineure.

Il parle calmement, mais les mots sont tranchants : il sait exactement pourquoi il est là.

« Il n’y a pas de mauvais championnat. Je sais ce que j’ai choisi, et c’est une ligue compétitive. Je l’ai regardée attentivement, et il y a des joueurs de haut niveau qui partent d’ici pour l’étranger. »

Shalulile ne vend pas de promesses faciles, surtout quand la CAF Champions League est évoquée. L’ancien goleador des Mamelodi Sundowns connaît trop bien le poids de cette compétition pour jouer les prophètes.

« C’est un sport collectif, je ne peux pas venir ici et vous dire que gagner est garanti. Mais il y a une énergie positive dans le vestiaire. Avoir un rêve aligné sur un objectif commun – atteindre la finale de la CAF Champions League – c’est essentiel. C’est une question d’échecs, d’apprentissage et, au final, de réussite. C’est comme ça qu’on gagne une Champions League. »

L’ambition est claire, le discours lucide. Pas de fanfaronnade, mais une méthode.

Un choix de cœur, pas de chèque

Derrière ce transfert, il n’y a pas seulement des chiffres. Il y a une histoire, presque patiemment tissée dans l’ombre.

Après six années remplies de trophées à Pretoria, Shalulile a raconté comment le lien avec Yanga s’est construit.

« Ça a été un peu difficile, mais ce qui a rendu les choses plus simples, c’est que j’ai rencontré le président il y a quelques années. Il avait ce rêve que je jouerais un jour pour ce grand club, Yanga. »

La décision, insiste-t-il, est d’abord intime.

« Pour moi, c’était aussi un choix personnel. Je prends mes décisions en fonction de ce que mon cœur ressent. Spirituellement, ça veut dire suivre là où ton cœur veut que tu sois. Quand on a parlé avec le président, je lui ai dit : donne-moi deux jours. J’ai prié, et le Seigneur a rendu ça possible. Je me suis retrouvé ici. »

À l’autre bout de cette histoire, le président de Young Africans, Hersi Ally Said, confirme la profondeur du lien. Ce transfert n’est pas un coup de tête, mais le fruit d’une obsession patiente.

« Je parle avec Peter depuis trois ans. Je lui disais toujours : “Un jour, tu seras mon joueur.” »

Hersi ne se cache pas : Yanga n’a pas gagné ce dossier à coups de billets.

« Peter était libre, donc la décision lui appartenait totalement. Certains clubs lui ont proposé plus d’argent que nous, mais il a choisi notre projet. Il m’a fallu deux semaines pour le convaincre. Je lui ai dit que ce n’était pas seulement signer un contrat, mais une question d’environnement, de soutien et de ce qu’on veut accomplir ensemble. »

Le message est clair : Young Africans se vend sur une vision, pas seulement sur un salaire.

Mngqithi, l’autre aimant du projet

Un élément a pesé lourd : la présence de Manqoba Mngqithi sur le banc de Yanga. Retrouver un coach qu’il connaît, dans un environnement en pleine mutation, a fini de convaincre Shalulile.

Pour Hersi, l’arrivée du technicien et celle de son nouveau numéro 9 s’inscrivent dans la même logique.

« Son professionnalisme et son éthique de travail, c’est exactement ce que je veux ajouter à cette équipe », explique le président à propos de son buteur.

Mais il insiste tout autant sur le travail déjà lancé par Mngqithi à Dar es Salaam. Les séances ont changé de dimension.

« Les entraînements sont de très haut niveau. Les joueurs passent plus d’une heure en séances vidéo pour comprendre comment il veut qu’ils jouent avant d’aller sur le terrain. Ensuite, ils s’entraînent plus de deux heures à un niveau très élevé. La qualité est exceptionnelle. »

Le portrait du coach se précise :

« Il est très sérieux et méticuleux dans son travail. Tout est orienté vers la compréhension de sa philosophie par les joueurs. »

On comprend mieux pourquoi un buteur de la stature de Shalulile accepte de tourner la page d’un géant sud-africain pour plonger dans le projet de Yanga.

Un signal envoyé à tout le continent

En arrachant l’un des plus grands buteurs de l’histoire de la PSL, Young Africans vient de frapper un grand coup symbolique. Ce n’est pas seulement un renfort. C’est un message.

Le club de Dar es Salaam veut s’installer à la table des grands d’Afrique, pas seulement faire de la figuration en CAF Champions League. Hersi, lui, ne s’en cache plus : il veut que son équipe rivalise avec l’élite du continent.

Sur le terrain, l’équation est simple : Shalulile en pointe, Mngqithi aux commandes tactiques. En coulisses, un président qui assume une vision ambitieuse, patiemment construite.

Le « Citizen project » change d’échelle.

Reste une question brûlante : jusqu’où ce trio peut-il pousser Yanga sur la scène africaine ?